La nuit de Noël, alors que des gens fętaient et que d’autres se donnaient ŕ la pričre, un groupe de 5 militaires venait de se constituer pour opérer des braquages sur la paisible population de la commune de Bandalungwa. La police alertée, viendra au secours de la population et c’est dans les parages de l’Hôtel Lita que se produira l’accrochage meurtrier
Dans l’ambiance des pétards, des sons assourdissants des musiques et des cris de joie qui ont fait vibrer toute la ville dans la nuit du 24 au 25 décembre 2005, Kinshasa passait sa fęte de Noël dans l’allégresse pour les uns, et dans la méditation et la pričre, pour les autres. C’est dans ce contexte de contrastes flagrants et des contrariétés trčs accentuées de la vie que cinq militaires ont choisi de se lancer dans une aventure originale pour célébrer ŕ leur maničre, la fęte de la naissance de Jésus-Christ, dans la commune de Bandalungwa devenue leur fief.
Braqueurs ŕ leurs heures perdues, ces éléments incontrôlés se sont d’abord retrouvés au domicile d’un des leurs. Au menu de la conversation comment peut-on mourir de faim quand on dispose des armes de guerre, et quand on est ŕ proximité des civils ? Projet approuvé, programme arręté, il faut mettre cette initiative en śuvre. Voilŕ que ces cinq gars regagnent leurs domiciles, enfilent rapidement leurs uniformes, et s’équipent de leurs armes de guerre, de différents calibres, parmi lesquelles des Fa (fusil d’assaut automatique) et des Galil (une arme de guerre redoutable de fabrication israélienne), toutes dotées de chargeurs garnis. A leurs épouses trop curieuses, ils signalent qu’ils vont chercher de quoi fęter la Noël.
A la cantine ou ŕ la cité ? Cela ne vous regarde pas, ont-ils répondu, taisant ainsi leur projet machiavélique.
Il est une heure du matin. Le quintet quitte le camp militaire, traverse la rivičre Makelele qui irrigue la pépiničre de Bandalungwa et s’engage dans les ruelles du quartier Maďsaf.
Tout piéton rencontré est interpellé. Fouille systématique. On le détrousse de ses billets de banque, son portable cellulaire ou de tout colis en sa possession. Les noctambules ivres qui rentrent ŕ pied ŕ leurs domiciles, feront ces rencontres insolites avec les cinq braqueurs de la Noël. Ils sont délestés de leurs biens non sans menaces de mort et autres brutalités.
Accrochage meurtrier non loin de l’hôtel Lita
Témoin révolté de ces scčnes d’extorsion, un citoyen a alerté au téléphone la Police d’intervention rapide. A l’état-major de cette unité, le message est bien reçu. Le commandant Masilongo Kasongo Kabange du bataillon «antiterro » de la Légion nationale P.I.R. ŕ la tęte d’une équipe de six policiers est chargé de voler au secours des habitants du quartier Maďsaf.
Aprčs une vingtaine de minutes, leur camionnette avec gyrophare allumé et sirčne ronflant, arrive dans les parages de l’hôtel Lita. Elle est aussitôt accueillie par une salve des tirs d’armes automatiques. Touché en pleine poitrine, le commissaire adjoint Masilongo Kasongo Kabange est mort sur le champ, sans savoir ŕ qui il avait affaire et sans avoir riposté. Le chauffeur sorti indemne de la fusillade et les autres policiers tombent ŕ couvert. Ils ripostent par des tirs nourris en se déployant dans tout le périmčtre. Soudain, des cris de douleur. Et puis plus rien. Dans les herbes, c’est le cadavre d’un des assaillants, le sergent Ngiambi Lulendo de l’état-major QG FT qui gît par terre, son arme Fa entre les mains. Non loin de lŕ, un membre de cette bande est appréhendé. Il est identifié comme étant le soldat de 2čme classe Fwamba Kipomba et son arme est une Galil dont le canon sentait fraîchement la poudre.
La Légion nationale P.I.R. en deuil
Avec la disparition brutale de son commandant Masilongo Kasongo Kabange mort en service commandé, la Légion nationale P.I.R. est en deuil. Elle vient de perdre une fois de plus un de ses meilleurs patrouilleurs, formés en Angola et qui mettait déjŕ en pratique les connaissances acquises dans ce pays africain ami de la RDC.
Pour le patron de cette unité spécialisée, cette grande perte est une occasion pour renforcer la sécurité et redoubler de vigilance sur le terrain. La police ne baissera jamais les bras devant ces bandits qui troublent la quiétude de la population, a insisté le général Patience Yav Mushid ŕ ses proches collaborateurs, lors de la réunion tenue ŕ la suite de l’intervention de ses policiers ŕ Bandalungwa.
Avec le soldat de 2čme classe Fwamba Kipomba incarcéré et soumis ŕ un interrogatoire serré, les enquęteurs de la Police d’intervention rapide sont déjŕ sur les traces de trois autres militaires actuellement en fuite. Leur mésaventure de la Noël se termine ainsi de la maničre la plus tragique : un mort, un appréhendé et trois en cavale.
Aujourd’hui, dans les milieux des éléments incontrôlés, auteurs de nombreux braquages, c’est la débandade totale.
Last edited: 07/05/2006 02:01:41