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Bonjour | 08/01/2009 23:06 | English Make DC Home page | RSS feed

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L’appréciation constatée du Franc congolais par rapport au dollar américain n’est pas accompagnée d’une baisse des prix sur le marché, ce qui pousse les monétaristes ŕ considérer que la monnaie nationale ne jouit que d’une stabilité hypothétique

Le marché des changes joue des tours ŕ la monnaie nationale depuis quelques jours, constate-t-on. Les cours de change sont actuellement favorables ŕ la devise congolaise qui se négocie entre 429 Fc et 420 Fc pour un dollar qui est considéré comme la monnaie de référence pour juger de sa valeur fiduciaire.

Hermann AMBALU

Il se fait que plus le taux de change baisse dans la parité. Fc - Usd, plus les taux des prix en se stabilisant dans sa position initiale, réduisent le pouvoir libératoire de la monnaie congolaise.

Appréciation

Cet état de choses crée une situation qui fait l’appréciation du Franc congolais sur les marchés des changes s’accompagne de sa dévalorisation dans les marchés des biens, des produits et des services.

Le paradoxe dans cette situation est le fait que lorsque le taux des changes s’envole au profit du dollar américain, l’on observe une surchauffe dans les marchés.

Maintenant que la monnaie a de aplomb, les męmes marchés présentent des taux des prix statiquement figés et, aussi, une tendance de glissement vers la hausse.

Ce dernier détail latent résulte de la spéculation trčs accentuée dans le secteur informel des marchés des changes qui réagit ŕ la moindre brise męme d’une inflation imaginaire.

Faiblesse

A en croire certaines sources bancaires, le ministčre de l’Economie nationale pęche par sa faiblesse ŕ s’imposer dans son domaine qui passe par des interventions pertinentes et ponctuelles dans l’évolution des paramčtres entrant dans la constitution des taux des prix.

Il est étonnant, constate-t-on, que ce ministre revętu des pouvoirs coercitifs d’influer sur la composition des marchés, n’arrive pas ŕ avoir sous contrôle ha situation des taux des prix et argue, pour se dessaisir de ses prérogatives, qu’il n’a pas le droit de donner des orientations dans la confection des prix des produits des biens et des services sont les différents marchés.

Contrôle

Ensuite, le męme ministčre indique qu’il y a seulement un certain nombre de produits dont les prix sont contrôlés.

Ce débat est déplacé tout ŕ fait, estiment les męmes sources, car il n’est nullement demandé au ministčre de fixer les prix des biens, des produits et services. Il lui est plutôt demandé d’agir ŕ chaque fois que la monnaie nationale se revitalise car, les prix sur les marches sont fixes par rapport au taux du jour du dollar américain.

Dčs lors, il est, tout ŕ fait, indiqué que l’appréciation du Franc congolais par rapport aux devises étrangčres dans une période aussi prolongée (du début octobre ŕ la deuxičme quinzaine de décembre), soit suivi de la révision ŕ la baisse, tout d’abord du prix du litre du carburant terrestre, et, ensuite, des taux des prix des autres produits, biens et services.

Régulation

Et l’autorité de régulation de ces marchés tant en amont qu’en aval se trouve ętre le ministčre de l’Economie qui visiblement donne l’impression de laisser faire. Et ce laxisme n’est pas le fait des ministres récemment nommés ŕ la tęte de ce ministčre.

Et, de toute façon, ce laxisme refaillit sur l’action du Gouvernement lui-męme qui a pour mission non d’annoncer un bonheur ŕ venir des populations mais d’agit dans tous les domaines pour améliorer la qualité de vie de la population.

Reproches

Dans le męme registre, des reproches sont adressées aux services publics de l’Etat charges de régulier ces marchés. Les uns dépendent du ministčre du Plan et d’autres sont éclatés dans plusieurs ministčres.

Concernant l’Institut national de ha statistique duquel dépend la fixation des bénéfices ŕ réaliser par un commerçant, il est souligné que les pourcentages des bénéfices par produit ne peuvent pas excéder 18%.

Bénéfices

Cette réglementation est battue en brčche par la réalité sur le terrain des bénéfices de 150% ŕ 200% sur certains produits d’importation et de 38% ŕ 40% sur les produits locaux. Tout ceci a de quoi freiner la valorisation de la monnaie nationale en dépit des efforts fournis pour ce faire.

Monnaie : une stabilité hypothétique

La Banque centrale du Congo réussira-t-elle ŕ maintenir le taux d’inflation ŕ 22,6% tel que prévu dans le nouveau cadrage macro-économique de l’année 2005? C’est la question que l’on se pose face ŕ la détérioration de la situation ŕ peine perceptible sur les marches de Kinshasa. Certes, les prix n’ont pas encore pris l’ascenseur mais les tensions ŕ la hausse se font de plus en plus sentir ça et lŕ. La pénurie des signes monétaires et des matičres premičres telles que l’huile de palme dans certaines entreprises de la place sont des événements de nature a précipiter un renversement brusque de la conjoncture en la faisant pencher vers une surchauffe généralisée.

Si le gouverneur de la Banque centrale, Jean-Claude Masangu Mulongo, s’est montré sur la certitude de demeurer dans la fourchette de 22,6% de taux d’inflation en 2005, les tendances qui se dessinent sur les marchés appellent une certaine relativisation.

C’est donc la prudence qui doit ętre de rigueur application dans la réglementation de la circulation fiduciaire en vue d’éviter la résurgence de toute pression sur la monnaie, et donc sur les prix intérieurs. Si la Banque centrale doit s’ atteler dans les jours ŕ venir ŕ mettre tout oeuvre pour garantir la stabilité de la monnaie, l’Etat - dans son rôle d’agent régulateur du marché - et les opérateurs économiques doivent convenir des rčgles de jeu saines et équilibrés dans une partie ŕ gain réciproque oů chacun gagne.

La situation qui prévaut ŕ la Marsavco, et dont les conséquences risquent de s’étendre sur d’autres secteurs de l’activité doit interpeller le gouvernement, ŕ travers le ministčre de l’Economie par lequel l’Etat congolais exerce son rôle de défenseur de la législation économique et commerciale. Asphyxier les opérateurs économiques par une multiplicité de tracasseries et autres barričres d’accčs aux marchés ne fera qu’amputer, par la hausse des prix intérieurs, le pouvoir d’achat déjŕ précaire du consommateur congolais moyen.

(CP)



Last edited: 07/05/2006 02:00:50

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