Un événement de taille vient de se passer dans la vie des personnes vivant avec le VIH. Le bourgmestre de Kalamu ŕ Kinshasa a officié le mariage civil entre Jean-Pierre Bongo et Patience Bitota, tous deux vivant avec le Sida, ceci afin de combattre la stigmatisation et encourager cette catégorie de personnes ŕ vivre positivement
Jean-Pierre Bongo, 52 ans, et Patience Bitota Tshibwabwa, 29 ans se sont unis civilement vendredi 2 décembre, ŕ la maison communale de Kalamu et n’avaient qu’ŕ traverser l’avenue victoire, samedi 3 décembre, pour l’Eglise Saint Joseph de Matongé, oů ils ont été mariés religieusement, concrétisant leur ręve de sortir de la stigmatisation qui les mettait au ban de la société. Selon PPRD Jean-Claude Kadima, bourgmestre de la commune de Kalamu, accepter de marier des personnes vivant avec le VIH (PVV) donne les preuves de la détermination du gouvernement et des autorités de la commune ŕ combattre la stigmatisation.
J’ai été l’homme le plus heureux vendredi 2 décembre, en mariant pour la premičre fois des PVV qui se sont présentées en tant que telles. En posant cet acte, nous voulons présenter ŕ la face du monde que pour nous, les PVV ne sont pas des bannies de la société. Ce sont des personnes ŕ part entičre, nos frčres que nous voulons encourager ŕ vivre positivement leur vie », a déclaré Jean-Claude Kadima. Le préposé de l’Etat civil de la commune, Jean Kamango a exprimé sa satisfaction en mettant en exergue la mauvaise lecture que les gens font des PVV.
Ce geste peut encourager les professionnels de la santé ŕ poursuivre des recherches sur le traitement définitif de la pandémie. Jean-Pierre Bongo et Patience Bitota ont exprimé leur enthousiasme ŕ ętre les pionniers sur cette voie. Leur désir de vivre paisiblement, comme les autres couples mariés le męme jour qu’eux, et de procréer n’a pas été caché. « Nous envisageons d’avoir une progéniture sous contrôle médical, le PPTME, bien sűr, car la grossesse affaiblit et la transmission de la mčre ŕ son bébé est probable ŕ 15% des cas », a reconnu l’heureux marié.
« Je n’ai peur de rien, car avec 17 ans d’expérience, et longtemps dans l’ignorance de mon statut sérologique, je me sens libéré de la stigmatisation et de la discrimination », a-t-il déclaré. Patience Bitota, quant ŕ elle a soutenu qu’elle a appris ŕ « vivre positivement ». Elle implore les personnes se trouvant dans sa situation de prendre courage, de ne plus se cacher et d’accepter de se prendre en charge.
La vie continue
La vie continue couple a mis au point une structure dénommée « Secours avicole VIHI SIDA » (Secav) qui assure l’accompagnement psychosocial des PVV et bat campagne dans la prévention auprčs des personnes vulnérables. Jean-Pierre et Patience Bongo se sont impliqués en outre dans l’orientation au dépistage volontaire vers les centres Conseil et dépistage volontaires.
Ils se sont organisés autour d’un salon d échange et de solidarité oů plus de 50 autres PVV se rencontrent chaque fin de semaine. Jean Lukela, le président de l’Organisation d’assise communautaire, groupe de support des PVV a exprimé son soulagement ŕ la réussite de ce manage qui ouvre la voie ŕ tant d’autres.
(FP)
Last edited: 07/05/2006 01:58:24