Ce n’est pas étonnant qu’il y ait du banditisme ŕ Kinshasa ; il en est de męme un peu partout dans le monde. Seulement, ŕ Kinshasa, si pas au Congo dans l’ensemble, les méthodes manquent pour lutter contre le grand banditisme. Chaque unité de police par exemple, ne dispose pas d’archives, de dossiers propres des bandits et toute la police n’a pas un fichier centralisé de la criminalité qui permettrait de répertorier les membres de la pčgre
Comme toutes les grandes métropoles du monde, Kinshasa n’échappe pas au fléau du banditisme. C’est une des caractéristiques de villes abritant des habitants de différentes classes sociales, dans lesquelles pauvreté et chômage réduisent les plus démunis ŕ la petite ou ŕ la grande criminalité.
Bien que les services de police soient opérationnels 24 heures sur 24, la couverture sécuritaire n’est pas bien assurée. Et pour cause! Plusieurs griefs sont imputes aux services d’ordre, notamment la police, et puis ŕ la justice. Contre la police, les griefs tournent autour... de son absence : rarement, la police est présente lŕ oů se commettent des agressions ou des crimes horribles.
Męme si elle dispose d’un poste de: proximité dans les parages, ses interventions sont enregistrées des heures plus tard, au moment oů les malfaiteurs se sont évanouis dans la nature. En dépit d’un travail appréciable qu’elle accomplit de temps en temps, la police est parfois accusée d’arręter des innocents qui sont contraints de s’acquitter de fortes amendes transactionnelles pour arracher leur remise en liberté.
Ceux dont les dossiers sont envoyés au parquet, parviennent tant bien que mal ŕ retrouver leur/liberté de mouvement, le magistrat s’étant retrouvé devant un dossier vide et des accusations sans fondement. Le cas de Bienvenu Mayala et Muanda Bavila, les deux prévenus faussement accusés dans l’affaire de l’assassinat du journaliste de la Référence Plus encore en détention sans motif grave précis, en est une illustration frappante.
Manque de volonté politique
Dans la vile de Kinshasa, les responsables de la police répondent ŕ ces griefs en affirmant qu’ils ne disposent pas d’effectifs suffisants, ni de véhicules tout terrains pour intervenir, ni de moyens de communication, ni de radars ou d’écrans de surveillance aux endroits stratégiques.
Dans les pays en développement comme le nôtre, des véhicules quatre fois quatre, robustes et endurants, peuvent pourtant résoudre ce problčme de mobilité, tandis que l’équipement de télécommunications est ŕ la portée de bourses modestes. Ce qui fait dire aux esprits critiques qu’il y a absence de volonté politique pour venir ŕ bout de la criminalité.
En ce qui concerne les effectifs de service de la police, ils sont nettement en deçŕ des besoins de la collectivité. Un policier pour mile habitants ne peut pas faire de miracle. Dčs lors, la population appelle de tous ses vśux, le brassage de la police. Il y a les anciens éléments de la défunte gendarmerie nationale et de l’ex-Garde civile, formés jadis dans de meilleures académies de la police, tant en Afrique (Egypte, Afrique du sud, Nigeria et Angola...) qu’en Europe ( Belgique, Allemagne et France...) ou aux Etats-Unis, et qui aujourd’hui, se retrouvent au chômage, attendant leur incorporation au sein des unités de police intégrée.
Ce sont des policiers expérimentés et des cadres compétents qui végčtent alors que le pays manque cruellement de services pour le maintien de la paix, le rétablissement de l’ordre public et les autres missions de la police.
Et ce n’est pas tout. Si chaque unité de police possčde ses archives et gčre ses propres dossiers, notre police ne dispose pas d’un fichier centralisé de la criminalité qui lui permettrait de répertorier les membres de la pčgre avec leur palmarčs et leurs antécédents judiciaires. Aucune banque de données sur la lutte contre le banditisme n’existe. Faute de collaboration et d’échanges de données entre les unités, les parquets ne parviennent pas ŕ cerner la personnalité des bandits. Et les juges ne savent pas apprécier le degré de dangerosité des malfaiteurs ŕ partir de leur cursus criminel ou de leur passé dans les différents milieux criminogčnes.
Des failles dans la gestion
Dans leurs missions ordinaires, les unités spécialisées de la police, le Bataillon de la police d’investigations criminelles, la direction des services spéciaux de la police, la Légion nationale de la Police d’intervention rapide procčdent aux arrestations des malfaiteurs. Ils participent ŕ l’éradication du banditisme et tentent d’atténuer ce fléau. Sans entrer dans le fond de leurs problčmes respectifs, on peut épingler un commun dénominateur: la carence de techniciens formés et d’équipement et le manque de motivation des agents qui consacrent jour vie ŕ des tâches ŕ hauts risques. Car, n’est pas antigang qui veut. Il faut avoir le courage pour pouvoir affronter des bandits armés ŕ la gâchette facile.
Ensuite, il faut ętre formé pour ce genre de missions périlleuses. En fin, un équipement approprié donne plus d’atouts, sinon de gage de réussite dans certaines interventions délicates. Les responsables de la police, épinglés de nonchalance dans le traitement de certains brigands, ont eu ŕ dénoncer des incohérences au niveau de la justice.
Ils déplorent notamment la remise en liberté de malfaiteurs reconnus par leurs victimes, en dépit des aveux spontanés devant les OPJ de la police et męme des pičces ŕ conviction comme des armes ou une partie du butin. Quelque fois les sanctions judiciaires répriment les vols ŕ main armée, l’association des malfaiteurs, des cas de récidive et autres crimes de sang en deçŕ du minimum exigé par le code pénal. On se rappellera męme des qualifications de faits qui ont permis aux bandits de s’en sortir avec des peines légčres.
Au niveau de la gestion des prisons, certains regrettent que, faute d’exécution de la peine de mont, les condamnés ŕ ces sanctions extręmes gonflent les effectifs des établissements pénitentiaires. Si certains parviennent ŕ s’évader, les autres obtiennent bun insertion sur la liste des bénéficiaires de différentes mesures de grâce présidentielle.
C’est donc ŕ la lumičre de ces failles procédurales et institutionnelles que la criminalité a encore de longs jours devant elle dans la ville de Kinshasa.
Des bandits ont dévalisé ŕ Mont Ngafula
Le banditisme qui ces derniers temps, frappe ŕ Mont Ngafula, ŕ un visage, celui des éléments incontrôlés renseignés toujours par leurs complices, les délinquants des quartiers. Ces désśuvrés sans-emploi, friands de drogue forte et désaxés moralement, n’ont qu’une seule préoccupation : suivre les acquisitions des voisins, évaluer les dépenses effectuées lors des fętes, catégoriser les habitants de leurs quartiers par l’architecture de leurs maisons, leur habillement et leur parure en métal jaune.
Il se rendent ainsi utiles ŕ la pčgre en dressant la cartographie des avenues, avec les entrées et les voies de sortie, ainsi que les parcelles ŕ éviter et occupées par les autorités gardées par des militaires ou des policiers. C’est sur base de ce genre d’informations qu’un groupe des malfaiteurs a opéré en toute quiétude, dans la nuit du lundi 28 au mardi 29 novembre 2005, dans la commune de Mont Ngafula.
En effet, cette nuit-lŕ, cinq bandits en tenue civile et armés ont surgi dans ce quartier, vers 3 heures. Venus ŕ pied, raconte aujourd’hui un habitant de l’avenue Wamba, ces malfaiteurs marchant ŕ pas de course, se sont alors regroupés au n° 6, avant d’escalader le mur de la clôture.
Dans l’enceinte de cette parcelle, pendant que les uns veillaient ŕ la sortie éventuelle des voisins, les autres ont cassé la porte d’entrée de la maison occupée par Mme Lusakani.
Cette dame et les membres de sa famille neutralisés et tabassés, les bandits ont par la suite, menaçant de tuer ceux qui allaient opposer une quelconque résistance.
Seul butin intéressant, une grande valise contenant des habits et des chaussures neufs, ainsi que divers appareils électro-ménagers. Mardi dernier, encore sous traumatisme, Mme Lusakani n’a pas eu des mots pour relater son malheur. Néanmoins, elle a porte plainte contre inconnus, au poste de police de proximité: Depuis mardi dernier cette dame et les siens font le tour des marches de l’occasion de la place pour tenter de retrouver quelque bien volé. Au niveau de la police, les enquętes, nous a-t-on signalé, continuent. Et des indices sérieux permettent d’orienter les investigations sur des pistes fiables.
(Th)
Last edited: 07/05/2006 01:57:30