Aprčs le changement intervenu ŕ l’Hôtel de Ville de Kinshasa, le gouverneur Kimbembe qui s’est déjŕ mis ŕ sa tâche doit en effet lutter sur plusieurs fronts. L’un de ces fronts est le commerce informel qui dérange énormément les détaillants officiellement établis et qui payent réguličrement leur taxe
Des passants et des potentiels acheteurs qui arpentent les avenues Lac Moero, Itaga, Kato, Rwakadingi, Luambo Makiadi sont souvent harcelés par des vendeurs installés le long de ces rues. Des jeunes gens, pčres et mčres de famille qui ont élu « domicile » sur ces avenues proposent parfois ŕ des prix défiant toute concurrence des pagnes, des appareils électroménagers, des produits vivriers, pharmaceutiques et autres bibelots ŕ tout venant.
Habitués ŕ voir des vendeurs installer des étals devant les devantures de leurs magasins, les opérateurs économiques ont fini par les tolérer. Ce phénomčne est visible non seulement au centre-ville mais également aux marché de la Liberté ŕ Masina, ŕ Somba Zigida, ŕ Gambela.
Evalués ŕ plusieurs milliers et éparpillés un peu partout dans la ville, ces marchands rechignent ŕ intégrer le secteur formel: La hic est parfois que leurs produite sont ceux-lŕ męme qui garnissent les rayons des magasins qu’ils squattent. Obligés de se lancer dans la débrouillardise pour survivre, ils estiment ne pas faire une concurrence déloyale aux grossistes et détaillants du secteur formel.
Bon nombre des Kinois préfčrent acheter ce dont ils ont besoin dans les périphéries des marches urbains. Il n’est pas rare d’entendre dire: « Asombaki plan oyo ba Kato » (Il a acheté cet article sur l’avenue Kato). Des vendeuses des chikwangues, des ignames et d’autres débarquent souvent au milieu de l’aprčs-midi et écoulent leurs marchandises sans parfois payer le ticket servant de taxe. Les passages des avenues situées dans le périmčtre des marchés Gambela, Somba Zigida, de Matete etc. sont obstruées. Phénomčne bizarre, le marché de la Liberté est męme déserté par les vendeurs.
Les marches pirates appelés « Wenze ya bitula » dépannent les noctambules mais enlaidissent la ville. Les quelques rares taxes perçues dans ces marchés pirates ou encore le long des devantures des magasins prennent souvent des destinations inconnues.
Ils se laissent parfois embobiner par ces vendeurs de l’informel. Dans un passé relativement récent, le devancier de l’actuel gouverneur de la ville avait donné la chasse ŕ ces marchands du secteur informel. Pourchassés réguličrement par les forces de l’ordre dans le cadre de l’opération « Coup de poing », ces vendeurs sont revenus en masse depuis prčs de deux semaines. Ayant promis de redonner ŕ la capitale sa beauté d’antan, Kimbembe Mazunga se doit de s’attaquer ŕ ce problčme. Les bourgmestres de la capitale et les commandants de la police devraient l’aider ŕ relever ce pari. Cette tâche ne nécessite pas la mobilisation d’un budget spécial.
En laissant opérer en toute quiétude ces « chailleurs » ou marchands de l’informel, l’Etat décourage sans le savoir bon nombre des détaillants ayant pignon sur rue. Ceux-ci s’acquittent d’une multitude de taxes et doivent faire face ŕ plusieurs obligations. Avec ces « nivaux » qui leur tiennent compagnie, ils ont souvent du mal ŕ écouler leurs marchandises. Gagnés par le découragement, certains d’entre eux ont męme mis en place des réseaux ambulants de vente. Malins, ils s’arrangent pour exposer quelques minables produits sur les étagčres de leurs magasins.
Les rusés opérateurs économiques n’ont plus ŕ verser grand-chose au fisc. Naturellement, le gros de ces marchandises sont entreposées dans leurs domiciles. L’Etat censé tirer une partie de ses ressources du paiement des diverses taxes, est obligé de réagir par le biais du gouvernorat.
Last edited: 07/05/2006 01:57:18