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Bonjour | 01/12/2008 17:24 | English Make DC Home page | RSS feed

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L’Archevęque de Kinshasa manipule les députés en abusant de sa qualité d’Evęque. Le Parlement a voté beaucoup de lois essentielles, sans que le Cardinal fasse signe de vie ; pourquoi se manifeste-t-il cette fois ? Les députés du Pprd et alliés ont vidé la salle en signe de protestation ŕ cette manśuvre d’obtenir une amnistie sur mesure. Si Olivier Kamitatu va jusqu’au bout de sa logique, il ouvrira une crise qui sera longue et contre laquelle aucune intimidation, męme du Ciat n’aura d’effets

Les masques sont tombés. La perspective de l’adoption de la loi sur l’amnistie a révélé ŕ l’opinion les différents complices de l’assassinat de Mzée Laurent Désiré Kabila. Intimidation, manipulation, corruption, concussion, tout a été mis en place pour que les assassins de l’ancien président de la République soient récompensés. Sűr d’avoir avec lui la majorité numérique en faveur d’une prime de crime aux assassins de Mzée, l’Assemblée nationale a pris l’option de soumettre au vote la loi sur l’amnistie. Tout était mis en śuvre pour qu’il en soit ainsi.

Aussitôt inscrit, presque ŕ la dérobade ŕ l’ordre du jour, l’examen de la loi sur l’amnistie s’est curieusement trouvé en position prioritaire. Et pourtant, la séance suspendue devrait se poursuivre sur les dispositions pour la tenue des opérations référendaires. C’était intrigant. On sentait la détermination, la volonté de régler ŕ la va vite le sort de cette loi. Sachant que les débats seront houleux et qu’il y aurait de la peine ŕ départager les parties, le bureau a eu le malin plaisir de fatiguer les députés.

Dans la salle depuis 11 heures, les députés n’ont été conviés ŕ la pléničre qu’ŕ 16 heures. Le jeu est connu. La fatigue et le temps aidant, on aurait eu droit ŕ un vote presque dans la confusion. Tous ces faits mis ensemble, ont obligé les députés nationalistes ŕ quitter la salle. Sans majorité de deux tiers, Olivier Kamitatu a estimé qu’il ne pouvait pas avoir sa loi sur un plateau en or.

Il a levé la séance faute de quorum en comptant sur le rčglement intérieur du parlement pour siéger et décider męme sans quorum requis. Et avec cette pratique, on pense que l’on pourra réussir la réconciliation nationale. On comprend alors ce qu’on entend par réconciliation nationale. Les assassins de Mzée et les commanditaires du crime se liguent pour manifester leur solidarité.

Le cardinal Etsou ôte le masque

A la veille du début de l’examen de la loi sur l’amnistie, le cardinal Etsou ôte son masque et monte au créneau pour individualiser l’amnistie en demandant aux députés de ne pas voter la loi sur l’amnistie avec la définition du crime politique telle que donnée par le législateur. Pour le prélat catholique, la loi devrait avant tout prendre en compte la situation des assassins de Mzée Laurent Désiré Kabila.

Dans un amalgame qui ne l’honore pas, l’archevęque de Kinshasa parle du doute. Il veut que les députés partent de lŕ pour amnistier les assassins. Fait étonnant, le cardinal parle de présumés assassins pour des gens qui ont été jugés et condamnés. Ou le cardinal ne sait pas ce qu’il dit ou il est sous pression. S’il n’est pas d’accord avec le procčs, c’est ŕ lui de démontrer qu’il y avait un mal jugé. Tout le monde n’a jamais été d’accord avec lui ou avec ses sermons cela ne pas de lui moins cardinal. Etsou s’est tout simplement servi de sa qualité de prélat pour essayer d’influencer les députés. Cela s’appelle manipulation.

C’est regrettable pour une personne qui se veut « pčre spirituel de tous les Congolais ». Depuis le début de la transition, l’Assemblée nationale a voté des lois délicates. Mais le cardinal n’avait pas fait signe de vie. Qu’il le fasse aujourd’hui tout en versant une larme de crocodile sur l’assassinat de Mzée, cela dévoile les mobiles de son réveil subit. Les députés n’ont pas été que sous la pression de Mgr Etsou engageant ainsi abusivement l’Eglise catholique. Il y a eu aussi le Comité international d’accompagnement (Ciat) au moment oů on s’y attendait le moins. Celui-ci a usé de son fouet pour pousser les députés ŕ aller vite et en désordre.

On apprécie le soutien du Ciat au processus de la transition, mais il y a des limites ŕ tout. On ne peut pas chercher ŕ humilier un peuple ŕ ce point. En quoi la loi sur l’amnistie empęche-t-elle la poursuite du processus électoral étant donné qu’un décret avait déjŕ permis d’engager les anciens belligérants ŕ la reconstruction du pays ? On croit comprendre que pour le Ciat aussi, la réconciliation en Rdc passe par la libération des assassins de Mzée. Pourquoi ne pas comprendre que c’est lŕ une prime que l’on veut accorder ŕ ces assassins ? On ne le dira jamais assez, il peut arriver qu’il y ait des personnes innocentes arrętées dans cette affaire.

L’amnistie ne résout pas le problčme. Qui dit amnistie dit qu’ils ont été coupables mais, ils ont eu leur salut dans les circonstances politiques du moment. Pour la famille biologique de Mzée, ainsi que sa famille politique, ils restent les assassins d’un des leurs. Par contre si on demande la révision du procčs, on irait vers la réhabilitation totale. Car, la seule justice qui a puni, la męme justice peut laver.

Les débats ne portent pas sur la nécessité de l’amnistie

Dans un élan quasi général de manipulation de l’opinion, on voudrait faire croire que le Pprd et alliés auraient déserté la salle de congrčs pour ne pas adopter la loi sur l’amnistie. La question ne se pose pas en ces termes. Il y a plutôt au parlement une manśuvre d’élaguer du projet de loi la disposition qui stipule que l’assassinat d’un chef de l’Etat n’est pas un crime politique amnistiable.

Il s’agit du deuxičme point du deuxičme alinéa de ce projet de loi. « Infractions politiques, les agissements qui portent atteinte ŕ l’organisation et au fonctionnement des pouvoirs publics, les actes d’administration et de gestion ou dont le mobile de son auteur ou les circonstances qui les inspirent revętent un caractčre politique ». Et le législateur de poursuivre : « Toutefois, n’est pas une infraction politique couverte par la présente amnistie, l’attentat ŕ la vie d’un chef de l’Etat conformément aux principes universels et ŕ la législation internationale tel que prévu par l’Accord global et inclusif (III ; 8) et la Constitution de la transition (article 199) ».

On ne voit pas pour quelle raison le cardinal Etsou et les autres acharnés ennemis de Mzée Laurent Désiré Kabila veulent-ils continuer ŕ tirer sur le corbillard. Tout le monde sait que cette disposition de la loi telle que rédigée par le gouvernement, auteur de ce projet de loi, prend en compte l’indignation du peuple congolais dans son ensemble. Car, le męme peuple avait dit ŕ la conférence nationale « plus jamais de crimes politiques ». Si on doit amnistier les auteurs du crime de sang, le pays fait un dangereux recul.

Comme on le voit, ce n’est pas le Pprd et ses alliés qui posent problčme, mais ceux qui veulent ŕ tout prix se saisir de cette loi pour créer davantage de frustration et ouvrir une brčche qui ne pourra se refermer qu’aprčs de nombreux dégâts politiques. Si on banalise aujourd’hui la mort d’un chef de l’Etat, quel autre homme politique sera en sécurité dans ce pays ?



Last edited: 07/05/2006 01:56:44

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