Ainsi, a-t-il déclaré dernièrement. "A comparer la présente situation du processus de paix à celle de 1999, on peut dire qu'un bon bout de chemin a été fait".
Lorsqu' on entre dans une boîte noire, on a raison de voir venir de partout un danger parfois irréel. On comprend donc le pessimisme de Kamel Morjane lorsqu'il parle de la situation de la Rdc, pays où il est le représentant spécial du secrétaire général de l'Onu. Le Tunisien est parfois obligé de voir "la moitié pleine de la bouteille" question de ne pas vider son propre bilan en Rd-Congo. Souvent, il procède par comparaison pour trouver des avancées significatives. Ainsi, a-t-il déclaré dernièrement. "A comparer la présente situation du processus de paix à celle de 1999, on peut dire qu'un bon bout de chemin a été fait".
Et pourtant, dans ce domaine, la Monuc de l'ambassadeur Kamel Morjane n'a fait que tourner autour du pot. Le bout de chemin qu'il croit avoir fait n'a amené nulle part, sinon à la case départ. Il ne pourrait en être autrement lorsqu'on constate que les solutions que préconise le représentant spécial du secrétaire général de l'Onu ne concernent que de faux problèmes. "Des progrès restent à faire dans le domaine de la démobilisation, du désarmement, du rapatriement et de la réinstallation des groupes armés", a dit Kamel Morjane qui, encore une fois n'a pas évité son péché mignon, celui de tout confondre, de mettre dans le même panier à crabes, Mai-Mai, et autres groupes rwandais interhamwe et ex-Far. En contournant le vrai problème, le Tunisien donne des arguments à Kagame créant ainsi un cercle vicieux artificiel. Pour le président rwandais, son retrait au Congo sera une conséquence du désarmement et de la réinsertion des groupes armés rwandais.
Et il a démontré que pour rien au monde il ne se départirait de cette ligne de conduite qu'il s'est tracé au nom du génocide. De son côté, Kamel Morjane pense que le retrait des forces étrangères sera une façon d'obtenir le désarmement des groupes armés. A ce sujet, encore une fois, la Monuc parle des forces étrangères en les logeant toutes sous la même enseigne.
Visiblement, ce qui revient à ignorer l'agression. La solution aurait été de supprimer la cause de la présence des armées angolaise, namibienne et zimbabwéenne pour que, par un effet d'entraînement, les Maï-Maï perdent la raison de se battre. Kinshasa pourrait alors les intégrer dans l'armée nationale pour continuer à défendre leur pays qui est très fier d'eux. Cela veut clairement dire que les efforts de la Monuc, comme cela a été le cas ailleurs, devraient consister avant tout à mettre fin à l'agression en demandant impérativement au Rwanda, au Burundi et à l'ouganda de retirer leurs troupes du Congo.
Curieusement, la Monuc n'a jamais envisagé cette solution pour des raisons inavouées. Pour elle, il n'est pas question d'agir sur le Rwanda, l'Ouganda et le Burundi comme sur les violateurs de l'intégrité d'un pays membre de l'Onu. Non seulement la Monuc ne veut pas reconnaître la responsabilité du Rwanda dans la situation congolaise, mais aussi sur celle du Rwanda C'est pourquoi il n'est pas question d'un dialogue interwandais pour créer un cadre afin de permettre aux groupes armés rwandais de rentrer dans leur pays.
L'argument qui n'a jamais convaincu pet sonne pour tenir tout un peuple à l'écart de la vie nationale de son pays, c'est le génocide. Pour cela tous les Hutu rwandais n'ont pas droit à un arrangement politique pour retrouver leurs droits. Tout ce que la communauté internationale demande aux Hutu rwandais, c'est une abdication, tandis qu'aux "saints rebelles congolais", on leur offre une place au dialogue intercongolais afin de retrouver leur place non dans la société congolaise où personne ne les a exclus mais dans les rangs du pouvoir.
C'est d'ailleurs ce jugement très positif sur les rebelles congolais qui a fait dire à Kamel Morjane, parlant des Mai-Mai, que "l'initiative prise par le Mlc de M. Bemba d'engager un dialogue avec eux (Maï-Maï) est très appréciable. Il faut que tout le monde y réfléchisse pour voir la meilleure façon d'éviter que les Maï-Maï continuent seulement d'être un groupe armé qui lutte contre la présence d'armées étrangères, mais pour qu'ils contribuent à la reconstruction de la paix et de la démocratie en Rd-Congo". Telle déclaration de la part d'un haut fonctionnaire de l'Onu de surcroît personne-clé dans la solution du problème congolais étonne. Cela démontre que le Tunisien n'a fait aucun effort durant tout son mandat de se pénétrer du dossier congolais, d'en connaître les acteurs et leurs motivations.
Comment les Maï-Maï considérés comme forces négatives et traités comme tels peuvent-ils faire autre chose que se battre pour leur liberté? Comment peuvent-ils participer à la construction de la paix dans un processus où non seulement ils sont exclus, mais aussi et surtout, il est laissé une place privilégiée à leurs adversaires et détracteurs que sont les Rwandais ? Comment J.P Bemba, marionnette des Ougandais (alliés du Rwanda) peut-il engager un dialogue franc avec les Maï-Maï sans au préalable que les agresseurs rwando-ougandais ne quittent le territoire congolais ? Si on comprend bien, Kamel Morjane encourage le ralliement des Maï-Maï aux agresseurs rwando-ougandais.
Cela ne serait ni moins ni plus qu'une façon d'encourager et de faciliter l'annexion des territoires occupés. Car, aujourd'hui, si les Rwandais n'ont pas étendu leur administration au-delà des centres urbains, c'est à cause de la résistance des Maï-Maï. Neutraliser les Maï-Maï, c'est arrêter la résistance du peuple congolais. Ce peuple ne peut supporter une personne qui encourage tel projet. C'est pourquoi, le départ de Kamel Morjane est vécu comme une évolution dans le dossier congolais. Le peuple congolais ne peut que lui dire adieu et faire effort pour l'oublier.
Last edited: 07/05/2006 00:04:56