A Mwene-Ditu au Kasaď Oriental, la prison est un véritable mouroir au lieu d’un pénitencier. Les soixante-dix prisonniers qui s’y trouvent, vivent dans des conditions plus que misérables ; ce qui a ému la Monuc et l’a conduite ŕ toucher les humanitaires pour une intervention urgente
Ils sont soixante-dix prisonniers vivant dans des conditions plus que difficiles. Affamés et atteints par une maladie qui semble ętre la gale, il y aurait eu déjŕ plusieurs morts. Pour éviter le pire, la Monuc a mobilisé la communauté des humanitaires du Kasaď Oriental. Résultat : des vivres et des médicaments remis aux prisonniers de Mwene-Ditu.
Certains attendent d’ętre fixés sur leur sort depuis six mois. Cent quatre-vingt jours d’une détention préventive longue, difficile et insupportable pour les soixante-dix pensionnaires de la Prison centrale de Mwene-Ditu ŕ quelque cent trente kilomčtres au sud de Mbuji-Mayi au Kasaď Oriental.
Manque d’eau et de nourriture, « Fraternité des Prisons » (une Ong internationale), l’Ong locale « Ased » ainsi que quelques Eglises de la ville suppléent, mais apportent ŕ manger de maničre irréguličre : ŕ peine une fois par semaine. Manque de soins médicaux, « un médecin passe tous les deux jours, mais ne délivre que des ordonnances ŕ des gens qui n’ont rien ŕ manger », s’insurge un acteur humanitaire de Mbuji-Mayi.
Couchés sur de vieilles couvertures posées ŕ męme le sol, beaucoup de ces prisonniers souffrent de maladies, notamment de la gale, des diarrhées, des infections respiratoires voire de tuberculose. Les quelques rares personnes saines y côtoient les malades, y compris ceux atteints de maladies contagieuses.
Pour cause de sécurité insuffisante, les prisonniers n’ont pas droit aux sorties ou marches qui leur permettraient de faire autre chose que de rester enfermés et couches sur le sol. Famine, insalubrité, enfermement prolongé, maladies, dans ces conditions il ne se passe pas un mois sans que l’on ne déplore des cas décčs.
Coup de gueule
Mbuyi Mwatumba a 28 ans et elle est en détention préventive depuis juillet dernier. Elle dit ętre mariée, mais selon sa déclaration, elle se trouve enceinte d’un magistrat du Parquet de Mwene-Ditu, qui l’aurait « violée ŕ deux reprises dans son bureau », pour une histoire de 250 Francs congolais.
Cinq mois d’une grossesse qu’elle supporte difficilement, sans suivi médical. Dans la petite pičce qui fait office de cellule réservée aux femmes, elles sont quatre ŕ se remonter le moral, et ŕ attendre qu’enfin leurs affaires soient jugées.
Un cri d’alarme que les acteurs humanitaires de la province ont poussé le 25 octobre dernier, aprčs une premičre visite d’évaluation effectuée sur place. Conduite par la Monuc, cette visite a eu pour premier résultat concret le déblocage par la Maine de Mwene-Ditu de fonds qui ont permis d’offrir aux prisonniers des savons et ŕ manger pour deux semaines environ.
Dans le męme temps, les autorités municipales s’engageaient ŕ plaider la cause de ces prisonniers auprčs des églises et Ong locales, afin que des fonds, biens matériels et autres vivres soient récoltés en leur faveur, ŕ l’instar de ce qui fut fait pour les prisonniers de Mbuji-Mayi en juillet dernier.
Don de vivres et de médicaments
Second résultat de l’action des humanitaires en faveur des prisonniers de Mwene-Ditu, la remise d’un important lot de biens matériels, de médicaments et de vivres. C’était en présence du vice-gouverneur de province charge des Affaires politiques et administratives, Patrick Baluba.
Une cinquantaine de sacs de maďs, riz, haricot ou de farine de manioc, des cartons de lait, de sardines, de poisson salé, ou encore des boites de chocolat pour ce qui est des vivres et des perfusions ainsi que des antibiotiques pour les médicaments, don de l’Inspection provinciale de la santé.
Męme si le médecin de district a « regretté que le plus important ait été oublié : des médicaments pour soigner la gale » une chose est certaine, le jeudi 10 novembre était jour de fęte ŕ la Prison centrale de Mwene-Ditu.
Last edited: 07/05/2006 01:55:32