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Des shegues ont été ramassés derničrement au Marché central et dans certains autres marchés de Kinshasa. A la suite de cet acte qui a libéré certains endroits de cette population des hors-la-loi, c’est maintenant l’encadrement de ces enfants de la rue qui pose des problčmes

A peine éloignée du Marché central de Kinshasa, la « bombe ŕ retardement » mal désamorcée, s’est retrouvée comme par la volonté des pouvoirs publics, ŕ sa place initiale. En ce moment oů la lutte contre le terrorisme bat son plein en Occident, dans la capitale congolaise, on dénonce la présence « d’explosifs » ŕ côté de grandes agglomérations, mais on ne prévoit pas des mécanismes pour leur éloignement définitif.

Tel est le sort qui vient d’ętre réservé ŕ 422 “shegues”, jeunes et vieux, filles comme femmes, cueillis la semaine derničre, dans certains marches de Kinshasa, ŕ la satisfaction de toute la population kinoise, heureuse de voir le problčme de la racaille trouver enfin une solution.

Alors que mardi dernier, on entrevoyait de les transférer au Centre pénitentiaire et de rééducation de Makala, prčs de trois cents parents se sont présentés ŕ l’Inspection provinciale de la police ville de Kinshasa pour obtenir la libération de leurs rejetons.

Questions: que font ces parents pour abandonner leurs enfants dans un état permanent de vagabondage? Pourquoi ont-ils renoncé ŕ leurs responsabilités pour que soudain, ils se préoccupent de leur sort? Les uns avaient apporté de la nourriture, les autres négocient leur remise en liberté. Ils étaient tellement nombreux qu’on se croirait dans un grand marché.

Comme si Dieu avait exaucé leurs pričres, jeudi dernier, sur intervention de l’Unicef, le gouverneur de la ville de Kinshasa a autorisé que les plus jeunes soient remis entre les mains de leurs parents ou tuteurs. Ce qui fut fait pour 184 d’entré eux, ŕ la condition que leurs parents s’engagent ŕ veiller désormais ŕ leur encadrement et ŕ leur éducation. Un acte d’engagement a męme été signé dans ce cadre. Par cet engagement, les parents s’abstiennent d’accuser leurs enfants de sorcellerie. Ils promettent de pourvoir ŕ leur logement, leur nourriture, leur encadrement, leur éducation et leur épanouissement.

On a vu des parents soulagés ŕ l’issue de cette manifestation. Mais l’opinion reste inquičte sur le suivi de ce dossier. Qui se chargera de faire respecter et de veiller aux engagements souscrits par les parents? Quelles sont les sanctions prévues contre les géniteurs défaillants?

Selon des informations recueillies auprčs des délégués de l’Unicef, les « les tout petits shegués » dépourvus de parents, seront répartis aux ONG pour leur prise en charge. Nous n’avons pas malheureusement rencontré sur le lieu, ces ONG possédant des structures d’accueil et disposées ŕ les encadrer. C’est aussi lŕ, un problčme réel qui n’a pas encore trouvé de solution.

104 shegues majeurs remis ŕ leurs géniteurs

L’interpellation de 422 “shégués” ŕ l’Inspection provinciale de la police ville de Kinshasa, a posé plusieurs problčmes ŕ la fois. Il fallait les interner. Or, la capacité d’accueil des cachots de la police provinciale ne pouvait autoriser de nouveaux prévenus.

Ensuite, il fallait les nourrir. Aucun budget n’a été prévu pour subvenir aux besoins alimentaires de ces 422 bouches. Enfin, il s’est également posé le problčme des malades. Des cas de malade, de toux, des vers intestinaux et de mycoses, pour ne citer que cela.

Le service médical de l’Inspection provincial de la police, avons-nous appris vendredi dernier, a pu pourvoir ŕ quelques soins pour ces shegues qui dégageaient une puanteur ŕ faire vomir les plus sensibles.

Droits de l’Homme des Nations unies ŕ Kinshasa, est également intervenu auprčs des autorités de la ville qui ont accédé ŕ sa demande en remettant en liberté 104 “Shegués” majeurs. Les bénéficiaires de cette mesure sont ceux des vagabonds dont les parents s’étaient signalés et avaient sollicité de les récupérer

Quelques 95 “shegues” sans tuteurs, ni autre soutien, ont été déferrés devant deux parquets de grande instance de Kinshasa. 37 ont été présentés ŕ Kalamu, pour vagabondage, tandis que 58 ŕ Gombe pour la męme infraction. Avec toutes ces mesures, la population a exprimé le week-end dernier sa désapprobation de revoir les shegues” squatter les marches et places publiques avec la męme agressivité et la męme violence.

Encore une fois, on na pas vu un programme de désintoxication pour les drogués, ni d’encadrement pour les vagabonds et ni de réinsertion pour les délinquants Remis dans la nature dans l’état oů ils étaient, des marginaux risquent de devenir plus dangereux et encore plus nuisible pour la société ŕ moins que les pouvoirs publics n’entrevoient d’établir un programme, approprié ou phénomčne « shegue », devenu aujourd’hui un véritable casse-tęte.



Last edited: 07/05/2006 01:54:32

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