4 militaires et 2 civils neutralisés. L’étau se resserre autour de l’officier qui a coordonné le raid chez Franck Ngyke
Le sang du journaliste Franck Kangundu Ngyke et son épouse Hélčne Mpaka, assassinés ŕ leur domicile, sur rue Ngaliema n°87 ŕ Limete-Mombele, dans la nuit de mercredi ŕ jeudi 03 novembre 2005, n’a pas fini de troubler la quiétude de ses présumés tueurs. Aprčs les arrestations de Bienvenu Mayala et Muanda Badila le dimanche 06 novembre dans l’aprčs-midi ŕ Lemba par des éléments de la Démiap sous le commandement du capitaine Moussa, la liste des présumés assassins du couple Ngyke s’est allongée entre mercredi et vendredi avec la mise aux arręts de six nouveaux suspects, grâce aux limiers de la police nationale. Le commando comprend, selon les premiers éléments d’information parvenus au Phare, 4 militaires et 2 civils.
A ce stade, on peut retenir que 8 personnes se trouvent entre les mains des services spécialisés puisque soupçonnées d’avoir participé ŕ l’élimination criminelle de Franck Ngyke et son épouse. En attendant que par les soins des enquęteurs, on en arrive ŕ la reconstitution de toute la bande qui est présumée avoir pris une part active ŕ l’opération « Effacer la famille » chez les Ngyke, le centre principal d’intéręt devient l’officier militaire ayant eu la sale tache de coordonner le raid. Au rythme oů se succčdent les arrestations des criminels potentiels et s’accumulent les données sur les circonstances et mobiles de l’acte ignoble qui continue de susciter émotion et indignation, l’étau ne fait que se resserrer autour de lui.
Vu la sensibilité de l’information entourant les six suspects, Le Phare s’est entouré de la précaution de la vérifier auprčs des sources officielles. Et de ce côté, il lui a été bel et bien confirmé la mise sous les verrous de 4 militaires et 2 civils présentant les caractéristiques des tueurs de Franck Ngyke et Hélčne Mpaka. Il était męme question, le week-end, de leur présentation au public et ŕ la presse dans un bref délai.
Le dossier Mayala-Muanda : une affaire dans l’affaire
A en croire des sources dignes de foi, les deux premiers suspects tombés dans les filets du capitaine Moussa de la Démiap auraient formellement démenti leur implication dans l’exécution criminelle de notre regrette confrčre de « La Référence Plus » et son épouse. La version en circulation dans des cercles fermés laisserait croire que les sieurs Mayala et Muanda auraient été surpris en train de se disputer une grosse cagnotte qui n’avait rien ŕ avoir avec une opération criminelle.
L’affaire tournerait plutôt autour d’un acte d’escroquerie dont l’examen exigerait des investigations trčs poussées et des recoupements d’information. En fait, on se trouverait devant une “affaire dans l’affaire”. Les enquęteurs de la Démiap devraient d’abord élucider le mystčre de l’origine de l’argent que Mayala et Muanda se disputaient publiquement ŕ l’arręt Tumba ŕ Lemba et vider si possible le contentieux de l’existence d’un cas d’escroquerie avant de rebondir, si les faits le démontrent, sur l’appartenance ou non des intéressés au gang ayant donné volontairement la mort ŕ Franck Ngyke et son épouse. Le Phare reste plus que jamais branché sur ce point du dossier et pourrait y apporter un nouvel éclairage dans une des ses prochaines éditions.
La vérité... rien que la vérité !
Qu’il existe plusieurs pistes ou versions autour de ce qui s’est passé le jeudi 03 novembre au n°87 de l’avenue Ngaliema ŕ Limete-Mombele, l’opinion congolaise ne formule qu’un vśu : celui de voir la vérité vraie éclater. Faisant sienne cette préoccupation communautaire de connaître les véritables assassins du couple Ngyke et leurs commanditaires ainsi que le mobile pour lequel ceux-ci se sont mobilisés pour causer gratuitement la mort ŕ deux innocents, traumatisant du coup leurs orphelins ainsi que toute la profession journalistique, Le Phare ne veut rien négliger. Aussi, le quotidien de l’avenue Lukusa porte-t-il une grande attention ŕ tout ce qui se raconte au sujet de ce que les uns tentent de présenter comme un rčglement des comptes politiques et d’autres comme le tragique dénouement d’une affaire crapuleuse d’argent. On aurait cherché dans ce dernier cas, ŕ dépouiller quelqu’un qui logeait au Grand Hôtel en s’attaquant ŕ des membres de famille ŕ Mombele. Une version difficile ŕ faire avaler.
Le Phare ainsi que toute la corporation des professionnels des médias auraient toutes les raisons de s’inquiéter si l’hypothčse de l’exécution de Franck Ngyke sur l’autel des intéręts politiques arrivait ŕ se confirmer. Ce serait lŕ un précédent fâcheux ŕ la veille des échéances électorales congolaises et un signe annonciateur de mauvais coups qui pourraient toucher d’autres journalistes ou organes de presse et s’étendre ŕ d’autres lobbies politiques ou financiers. Aussi, la moindre des choses ŕ demander aux services spéciaux de la police et autres, c’est de mettre le maximum de sérieux dans le travail d’investigation ŕ leur charge. Il leur suffirait de se tromper de cible pour dédouaner les vrais exécuteurs du couple Ngyke et laisser la presse ŕ la merci de l’industrie du crime.
Last edited: 07/05/2006 01:54:28