Digitalcongo.net 3.0

Home
Bonjour | 08/01/2009 23:19 | English Make DC Home page | RSS feed

Actualite RDC

International

Services

NEWSLETTER 'Basango'
CONNEXION Nom d'utilisateur Mot de passe Rappellez-moi | Vous avez oublié votre mot de passe? | Déjŕ inscrit?
Les débats ayant tourné autour de l’assassinat du Pčre René de Haes se sont clôturés depuis le mercredi 9 novembre dernier. Les avocats de la défense et de la partie civile se sont une nouvelle fois affrontés avant que le tribunal ne ferme les débats

Mercredi 9 novembre 2005, le tribunal militaire de la garnison de Kinshasa Matete siégeant en chambre foraine ŕ Lemba, a clos les débats engagés aprčs instruction de l’affaire qui oppose le ministčre public et partie civile Pčres de la compagnie de Jésus en Rdc et trois victimes associées au dossier ŕ Tumba et Lenge, deux soldats déserteurs des Fardc. Et ce, aprčs avoir écouté les plaidoiries des uns et des autres.

En effet, le public était venu nombreux mercredi dernier pour suivre le dénouement du procčs qui a fait déjŕ plus d’un mois. A la place, ce sont des plaidoiries des avocats de la défense et de la Rdc, civilement responsable, qui se sont succédé.

Pour la défense, représentée essentiellement par Me Pierrot Mampulu, « Il n’existe pas de preuves matérielles susceptibles de conduire le tribunal ŕ sanctionner les deux prévenus qui ne sont que des innocents ».

Dans sa logique « pas d’arme de crime, pas de culpabilité », il a continué ŕ se demander comment on peut concilier le fait que l’on puisse accuser de meurtre des gens ŕ qui l’on attribue la détention de deux armes Fa et que l’expert en balistique dise que le prętre a été abattu d’une arme légčre de 9 mm. L’absence de l’arme fatale est ŕ la base d’un doute qui doit profiter ŕ Lenge a abusivement pointé comme assassin du pčre René de Haes.

Me Pierrot ne comprend pas comment, selon les dires de Mme. Kabedi, renseignant, le pčre qui roulait ŕ vive allure, a pu s’arręter aprčs avoir été atteint sans faire un tonneau. Et encore comment Lenge, accusé d’avoir tiré sur le pčre au niveau de la terrasse Carine pouvait, de maničre instantanée, se retrouver lŕ oů la jeep s’est immobilisée. « S’est-il dédoublé ? », a demandé le conseil embarrassé. Une autre zone d’ombre soulevée est la maničre dont Mme Kabedi s’est échappée dans ce qu’elle a appelé un champ de tirs. Il y a plus, elle a vu le pčre saigner de la tęte alors que le rapport en balistique a fait état d’une entrée de balle sous l’épaule droite.

Au regard de ces « contradictions », Me Pierrot a renouvelé sa demande d’acquitter les prévenus. Selon lui et ses confrčres, le réquisitoire du ministčre public est basé sur des aveux peu fiables. « Rappelez-vous comment ces aveux ont été obtenus ŕ la Pir, sous la torture », a interpellé Me Pierrot. Ces aveux ne tiennent pas la route.

« Selon l’Opj Bokolo, Lenge a abattu le pčre quand ce dernier s’apprętait ŕ téléphoner alors que d’aprčs Mme Kabedi, le pčre n’a pas téléphoné pendant le parcours », a fait observer Me Pierrot.

A ces éléments indécis, Me Pierrot a ajouté le doute qui persiste sur le nombre des assaillants. Et les différents lieux ayant fait l’objet d’attaques. Selon Nganda Litoyi, un autre témoin, le dépôt de boisson, la pharmacie, les cambistes et principalement la terrasse Carine ont été attaqués en moins de vingt minutes.

“Est-ce une personne peut s’émouvoir comme du vif argent, ętre ici et lŕ en męme temps ? », s’est exclamé le conseil de la défense. Et de conclure : “Tant que le ministčre public n’aura pus suffisamment mené des enquętes pour présenter des faits cohérents, le doute persistera sur la responsabilité de ces deux prévenus qui n’ont pas été identifiés par Mme Kabedi, la seule personne qui avait été au côté du pčre ».

Pour ce qui est du cas de désertion simple en temps de paix, Me Pierrot a continué ŕ affirmer que ses clients étaient en fonction tant qu’ils étaient recensés par l’état major ŕ la prison et qu’ils continuaient ŕ toucher leur solde.

En ce qui concerne ceux qui se sont constitués « partie civile auxiliaire » en cours d’instruction, Me Pierrot s’est dit indigné de voir qu’un d’eux, avocat de surcroît, s’est présenté avec un pantalon troué pour faire croire ŕ l’opinion qu’il s’agissait d’une balle alors que l’expert en balistique avait rejeté cette thčse. « Le tribunal peut débouter cette ‘partie civile’ qui s’est contredite avec son propre rapport médical. Męme chose pour celui qui a prétendu se disputer l’arme avec l’agresseur et le jeune qui a perdu son emploi par peur. Ce dernier doit s’adresser ŕ son employeur pour ses indemnités de fin de carričre.

L’Etat civilement responsable jusqu’ŕ l’âge de 50 ans des prévenus

L’intervention d’un des conseils complétant Me Pierrot est revenue sur le Pv de saisie établi en lieu et place de Pv de ramassage.

En résumé, par la bouche de John Omehata, les avocats de la République ont rejeté ŕ leur tour les réparations exigées par la partie civile. 20 000 Usd pour les prętres, 10 000 Usd pour Ben Kayembe, 12 000 Usd pour Kankonde et 15000Usd pour Me Bob Majambu. Les civilement responsables ont soutenu que si Tumba et Lenge ont été militaires, il y a lieu de reconnaître qu’actuellement ils sont déserteurs. Et qu’ŕ ce titre, « les actes posés les engagent personnellement ». L’Etat aurait pu prendre en charge leurs forfaits s’ils étaient en plein exercice de leur fonction.

Dans la réplique qui a suivi ces deux plaidoiries. Me Carine a déploré le fait que les avocats de la défense ne se soient pas attachés au contrat judiciaire définissant les 5 accusations. « Ils ont évité de parler de l’association des malfaiteurs et n’ont pas pénétré dans la profondeur du droit sur les points qu’ils ont volontairement sélectionnés malgré les nombreux ouvrages apportés pour impressionner », a fait remarquer Me Carine. Quant ŕ Me Willy Wenga, conseil de la compagnie de pčres de Jésus, il s’est estimé heureux de constater que la défense s’est attachée ŕ des points déjŕ éclairés par le ministčre public. Un refus d’entendre pareil au négativisme développé par les prévenus tout au long du procčs.

L’organe de la loi a enfin rappelé une disposition de la loi aux avocats de la République qui ont tenté de se rebiffer devant leur responsabilité pour noyer ses préposes. « L’Etat congolais ne peut ętre exonéré que quand Tumba et Lenge auront atteint l’âge de 50 ans. Dčs lors qu’ils sont encore jeunes, combatifs et qu’ils continuent ŕ semer la terreur, l’Etat devrait toujours ętre civilement responsable », a conclu le major Faustin Mwaka, l’auditeur représentant le ministčre public ou la société congolaise.



Last edited: 07/05/2006 01:54:21

Avenue Kabasele Tshiamala No 21 (Ex. Avenue Flambeau No 4)
Kinshasa/Gombe, RD Congo
E-mail: lettres@digitalcongo.net, relapub@digitalcongo.net
Tel.: +2438941010; Fax.:+1 801 665 1067