Les Shégués ou enfants de la rue sont devenus une véritable force qui a commencé du reste ŕ perturber les activités et la quiétude de la population. Le Marché central est devenu l’un des lieux de prédilection oů ils commettent leurs méfaits au vu et au su de tous. C’est ainsi que l’autorité urbaine a requis le concours de la Police pour essayer de réduire la présence de ces malfaiteurs au Marché central et ses environs
Un des centres commerciaux les plus importants de la capitale, haut lieu touristique, le Marché central de Kinshasa était érigé, depuis quatre ans, en un véritable fief des Shégués, ces marginaux opérant ŕ la fois comme porteurs des colis et pratiquant pickpockets.
On ne connaît pas les chiffres exacts de cette population délinquante, mais une certaine estimation donnée par une source policičre avance 350 marginaux et filles confondus.
C’est ŕ la suite du nombre élevé des larcins et des cas d’agressions avec des armes blanches que l’autorité urbaine a instrumenté les services de l’Inspection provinciale de la police ville de Kinshasa et la Police militaire, pour assainir les marchés urbains.
C’est dans ce cadre qu’une vaste opération de bouclage a été organisée tôt samedi dernier, jusque dans la soirée, au marché central de Kinshasa.
A 16 heures, les équipes mixtes avaient appréhendé prčs de 250 Shégués, délinquants sans domicile fixe qui squattent les pavillons du marché central, les devantures des magasins, ainsi que des couloirs des immeubles environnants.
C’est ce bataillon de marginaux qui avait, il y a quelques années, fait trembler tout le centre-ville et saccager les bureaux du commissariat du marché central, emportant les biens saisis et des armes de la police.
Samedi dernier, une nasse avait été placée dans tout le périmčtre du marché, au point que policiers et éléments P.M. n’ont pu laisser échapper aucun délinquant.
Ces Shégués, véritable bombe ŕ retardement, ont alors été acheminés par des camions de la police et de l’armée, ŕ l’Inspection provinciale de la police ville de Kinshasa oů ils sont répertoriés et identifiés par des OPJ de la direction des Services spéciaux et du Bataillon de la police d’investigations criminelles.
La population témoin de cette opération de bouclage, salue les mesures d’assainissement prises par l’autorité urbaine, aprčs de nombreux cas d’agressions des vendeurs et des consommateurs.
Elle s’interroge sur l’efficacité de ces mesures qui souvent, sont sans lendemain. Car, ce n’est pas la premičre fois que ces marginaux sont mis hors d’état de nuire. La derničre fois, ces délinquants furent conduits dans un site ŕ Nsele qu’ils ont déserté deux semaines plus tard, chassés par la faim et le manque d’encadrement. Aprčs de longues heures de marche, ils ont repeuplé le centre-ville et squatté quelques immeubles inachevés.
Si la présente opération connaîtra le męme sort, la population croit que l’intention vise ŕ essuyer sa déception, et non résoudre le problčme de la divagation des marginaux et mettre un terme ŕ leur petite criminalité, par un encadrement efficient.
Sinon ŕ quoi bon réconforter le déficit de confiance de cette population qui n’attend presque rien de ses services de la police ! C’est lŕ la grande question !
Last edited: 07/05/2006 01:53:46