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Le procčs des présumés assassins du Pčre René de Haes se poursuit toujours ŕ la maison communale de Lemba oů la cour sičge en chambre foraine. Jeudi dernier, on en était ŕ examiner la prévention de « désertion de l’armée en temps de paix » ; soit la 5čme infraction ŕ charge des prévenus

Le tribunal de la garnison militaire de Kinshasa-Matete siégeant en matičre répressive et en chambre foraine ŕ Lemba, a examiné la derničre prévention sur les cinq mises ŕ charge de Ntumba Mwanza Issa alias Winie Tout et Lenge Marcel alias Fils, deux soldats incriminés dans l’assassinat du Pčre jésuite René de Haes, missionnaire belge et recteur du noviciat de Kimwenza au mois de mai dernier.

C’est sur le coup de midi que le tribunal que dirige de main de maître le capitaine Lokombi qui ne se départage pas de son humour devenu habituel pour la nombreuse assistance que l’audience a démarré. Et ce, par la présentation routiničre de toutes les parties au procčs. Les avocats de la défense ont posé comme préalable la présence de M. Bokolo, l’Opj de Police d’intervention rapide (Pir). Il devrait ętre entendu, selon eux, sur son Pv de saisie établi en lieu et place de Pv de ramassage. Malgré cette manśuvre, le tribunal a entamé la séance de travail par l’audition des témoins et renseignant sur le reste de la quatričme prévention d’homicide. Il avait estimé que l’Opj avait expliqué que le ramassage en question était opéré sur orientation des intéressés.

DESERTION EN TEMPS DE PAIX

En ce qui concerne la derničre accusation, celle de désertion en temps de paix, le tribunal a accordé la parole ŕ l’auditeur militaire, le major Faustin Mwaka. Ce dernier a déballé le contenu du télégramme de l’administration militaire lancé en son temps (2004) sur la désertion de Ntumba pour absences prolongées. Ce document signé par le lieutenant Vaisseau B, le commandant de l’unité navale ŕ laquelle Ntumba a prétendu toujours appartenir.

Pour Lenge Marcel alias Fils, il a été difficile de vérifier son cas d’autant plus que son unité déclarée, la 7čme région militaire a été dissoute. Des éléments issus de cette unité avaient été envoyés ŕ Bukavu et Bunia, dans l’Est du pays. Lenge lui-męme avait eu ŕ le reconnaître devant l’officier verbalisant. « J’ai été envoyé ŕ Bunia. Je n’y suis pas allé. Ma position actuelle est celle d’un déserteur », avait-il déclaré dans une des pičces versées au dossier. La tâche étant ainsi facilitée pour l’auditeur qui n’a pas trouvé d’opportunité de contacter l’Etat-major.

Les deux soldats déserteurs ont persisté ŕ affirmer qu’ils sont membres effectifs des Fardc. Pour preuve, ils sont continuellement payés en prison par le Trésor public. Ntumba venait de toucher le matin męme 6.700Fc et Lenge 5.550 Fc, ont-ils argumenté.

Cette annonce de perception de solde a mis dans tous ses états le major Mwaka. « L’argent est indűment perçu », a tranché sur un ton sec l’auditeur. « Nous ferons tout pour que cesse le détournement des deniers publics », a-t-il ajouté. Et pour arręter la saignée, le major a proposé la consignation au greffe du tribunal l’argent irréguličrement perçu. Le président du tribunal, le capitaine Lokombi a demandé la surséance ŕ cette proposition.

Toutefois, un officier chargé de l’escorte des prévenus depuis le Centre pénitentiaire et de rééducation de Kinshasa (Cprk) a eu la parole pour expliquer dans quelles conditions ces pensionnaires ont été payés. « Il existe une liste ŕ la direction administrative pénitentiaire (Dap) des soldats et militaires emprisonnés dressée sur base d’une simple déclaration des intéressés. C’est sur base de cette liste que l’Etat-major paie en vertu du principe de présomption d’innocence », a expliqué l’officier. Ainsi, conclura l’auditeur: « Etre sur cette liste et se faire payé ne signifie pas que l’on est régulier dans les rangs des Fardc ».

HOMICIDE, CŚUR DU PROCES

Comme on le sait, le procčs tourne autour du décčs du Pčre René de Haes. L’on y revient constamment dans ce procčs. Jeudi, des témoins et renseignant ont encore défilé devant la barre. Un des témoins, le propriétaire de Nganda Litoyi, M. Kadiwako, a perdu sa qualité de témoin. Il est devenu simple renseignant. L’apport de son témoignage sur l’homicide, coeur du procčs, était essentiellement fait de ce qu’il a appris aprčs qu’il se soit terré dans sa cachette quand il a fui des balles lumineuses qui ricochaient sur la chaussée. Et ce, lors de sa séparation d’avec le chauffeur Nzambi de Bralima qui n’a pas pu lui livrer la boisson ŕ cause des crépitements des balles vers l’Espace Carine.

Bob Majambo, cet habitué de l’Espace Carine blessé dans le fessier, s’est, quant ŕ lui, constitué partie civile ŕ l’instar de Ben Kayembe et Kankonde wa Kankonde, respectivement garant et membre de famille du propriétaire de la terrasse.

Mme Kabedi, la derničre personne a avoir vu le Pčre mourir, est revenue sur son récit poignant d’il y a une semaine. Une question relative ŕ la marque de téléphone qu’utilisait le Pčre René de Haes lui a été posée par les avocats de la défense. Elle a été sobre dans sa réponse: « Je n’en sais rien. Je ne l’ai pas vu téléphoner ».

Une réponse qui a apparemment créé la joie dans le camp ces avocats qui ont réitéré la demande de voir l’Opj Bokolo devant la barre pour expliquer dans quelles circonstances il a attribué aux deux accusés les propos selon lesquels « le Pčre aurait été abattu parce qu’il a tenté d’alerter l’opinion sur ce qui se passait ŕ Kindele par téléphone ».

Enfin, la parole a été donnée ŕ Ntumba et Lenge qui ont comme d’habitude tout nié sur leur implication dans ce meurtre. Au contraire, ils se sont plaints contre la torture, l’extorsion de leurs biens par les enquęteurs qui ont été sommés, ŕ leur tour, ŕ comparaître le jeudi 3 novembre prochain.



Last edited: 07/05/2006 01:52:35

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