Il démontre qu’au délŕ des ténčbres et de l’histoire tragique et violente de ce continent, il y a aussi le bonheur, et l’espoir celui des rituels, des chants, des danses
Au centre Wallonie-Bruxelles a été projeté en avant-premičre la semaine derničre le film-documentaire Congo River, au delŕ des ténčbres du cinéaste et réalisateur belge Thierry Michel.
Ce film d’environ 3 heures démontre les réalités touristiques de la République démocratique du Congo ŕ travers ce fleuve puissant, véritable colonne vertébrale d’un pays aux dimensions continentales. A travers ce fleuve, le cinéaste belge a pu égaiement faire la relecture de l’histoire du Congo.
Remonter le fleuve, a dit Thierry Michel, c’est remonter l’histoire. De l’embouchure, ŕ sa source, les légendes et l’histoire sont intarissables : épopées cosmologiques, colonisation, meurtres et dictatures, guerres fratricides,... Toutes les berges du fleuve exprimant cette évidence, la verdure et les paysages majestueux cachent mal la souffrance des riverains et leur combat contre la mort.
A travers cette randonnée fluviale découverte, Thierry Michel a démontré que le Congo est aussi un scandale touristique et culturel encore méconnu des Congolais et des étrangers.
De l’embouchure ŕ Muanda ŕ la source au Katanga en passant par les chutes Stanley Falls, que des sites merveilleux a découvrir !
Ce voyage au coeur de l’Afrique est in hymne ŕ la vie, ŕ l’égal de cette végétation indomptable qui en serre le fictive Congo. Sir les berges, les images égrčnent les joies et les souffrances d’un peuple, les fętes et les cérémonies qui rythment l’existence. Il montre qu’au delŕ des ténčbres et de l’histoire tragique et violente de ce continent, il y a aussi le bonheur et l’espoir celui des rituels, des chants et des danses”,a précisé le cinéaste belge.
Une force de la nature
Deuxičme plus grand fleuve du monde par la masse d’eau qu’il entraîne vers l’océan, le fleuve Congo dicte sa loi au pays. Déjŕ ŕ 150 kilomčtres de la mer, le fleuve se déchaîne, et oblige ŕ ętre contourné par les voies de terre.
Quelques palais en bord de fleuve témoignent des pouvoirs qui ont tenté de dompter cette force de la nature, mais en vain. Feu le Maréchal Mobutu était un bâtisseur de palais. Mais il a détruit le pays et ses palais sont en ruine. Viennent ensuite 1.700 kilomčtres de voies navigable. Thierry Michel découvre le Congo profond grâce au voyage effectué en bateau, en pirogues, en barges,...
« Quatre barges, un pousseur un commandant et quelques centaines de passagers installés vaille que vaille. La vie s’installe ŕ bord, comme au village. Le soleil brűlant, la pluie drue qui transperce, le temps qui s’installe au rythme du fleuve. Les marchands et piroguiers viennent et vont du rivage au bateau tout au long de voyage », s’émerveille le cinéaste belge.
Au coeur de l’histoire
Ce voyage photographique au coeur de l’Afrique est un hymne ŕ la vie, ŕ l’égal de cette végétation luxuriante et indomptable qui enserre le fleuve Congo.
Cinquičme fleuve par sa longueur, deuxičme par son débit, le fleuve Congo raconte l’histoire du pays auquel il est intimement lié, sa genčse énigmatique, son parcours Sinueux contre vents et marées, ses brusques arręts, ses élans vains,...
Le Congo prend sa source aux confins du Katanga, ŕ la frontičre zambienne, et chemine laborieusement en grossissant et en prenant de plus en plus d’espace et d’énergie, de village en village.
A plusieurs reprises, sa course se trouve bloquée par des cataractes et des rapides impétueux, fracassants, et infranchissables (Inga, Kinsuka, Stanley Falls, Wagenia, Kiobe,...). Pour finalement se frayer des couloirs et un précipice vers l’océan Atlantique. La puissance du fleuve Congo trouve son apothéose ŕ Banana.
Dans un élan apaisé, le fleuve embrasse l’océan et pendant des kilomčtres, les deux courants, du fleuve et de l’océan s’entrechoquent ans vraiment fusionner. Ce voyage sur le fleuve nous fait découvrir les lieux touristiques, témoins de l’histoire tumultueuse de ce pays et le souvenir de ces personnages mythologiques, qui ont façonné le destin du coeur de l’Afrique, des explorateurs Livingstone et Henri Morton Stanley, les rois colonisateurs Léopold II et Baudouin 1ern ainsi que les dirigeants congolais Kasa-Vubu, Lumumba, Mobutu,…
Au terme du voyage, fait de lumičre et ténčbres apparaît, royale et merveilleuse, la source du fleuve Congo qui a enfanté le destin du pays.
La bénédiction
De l’embouchure ŕ la source,Thierry Michel s’est senti protégé par les dieux du fleuve grâce aux bénédictions lui données par les chefs coutumiers. Ainsi que les Maď-Maď guerriers invincibles, héritiers des Simba et toujours lumumbistes, toujours restés mobilisés pour de nouvelles guerres dans les foręts.
L’eau sacrée, les herbes, les chutes et cascades, les fétiches et les danses les protčgent des balles de l’ennemi. Plus loin, un dispensaire, quelques lits, une soeur infirmičre réconforte quelques femmes, adolescentes et fillettes violées par la soldatesque officielle ou les Maď-Maď.
En fin de compte, ce voyage photographique au coeur de l’Afrique est un cheminement personnel, celui d’un cinéaste qui a déjŕ consacré trois films ŕ la Rdc : « Le cycle du serpent », « Mobutu, roi du Zaďre » et « Congo-River ».
Last edited: 07/05/2006 01:51:29