Voulant couper court ŕ tous ceux qui ont crié au vice de procédure et ŕ l’incompétence de son service ŕ mener des investigations sur le détournement des deniers publics, le conseiller spécial du Chef de l’Etat en matičre de sécurité a laissé entendre que celui-ci a mission d’analyse de la situation non seulement sur le plan politique et sécuritaire du pays, mais aussi économique et social
Depuis 10 jours, les services de sécurité sous la coupe du conseiller spécial du chef de l’Etat en matičre de sécurité se sont déchaînés contre les dirigeants des régies financičres. Aprčs avoir décapité la Direction générale des impôts (Dgi) en mettant ŕ l’abri le directeur général et son adjoint, sans compter le directeur de la Direction de grandes entreprises (Dge), le tour est revenu aux responsables de la Direction générales des recettes administratives et domaniales (Dgrad). Bavon Nsa Mputu, Dg de la Dgrad, et deux de ses chefs de division chargés respectivement de l’informatique et du recouvrement, hument depuis le début de cette semaine, l’air frais des geôles des services spéciaux de la police.
Si jusque lŕ l’opinion avait des bribes d’informations sur la dilapidation de 10 millions Usd ŕ la Dgi, elle en sait un peu plus ce mercredi avec la conférence de presse donnée par le prof. Samba Kaputo, conseiller spécial du chef de l’Etat en matičre de sécurité. Il a révélé l’existence d’un véritable réseau maffieux en rapport avec les crédits d’impôts. La hauteur du trou n’est pas connue, mais 4 sondages effectués donnent le montant de 18 millions Usd. C’est l’équipe des inspecteurs des Finances et des experts de la Cour des comptes dépęchés présentement sur le terrain, a dit Samba, qui pourrait apporter tout l’éclairage. Cela y compris aussi les enquętes de la justice qui a été saisie depuis mardi aprčs que les services aient ficelé tous les dossiers avec les faits avérés et vérifiés.
Pour le conseiller spécial du chef de l’Etat en matičre de sécurité, le pot aux roses consistait ŕ gonfler les crédits d’impôts des Pme pour les faire bénéficier avec décote aux grandes entreprises par des transferts fictifs. Il a dit que des témoignages étayant leurs accusations existent.
En ce qui concerne la Dgrad, Samba Kaputo a laissé entendre qu’ils ont beaucoup d’informations faisant état du non versement de tout l’argent dű ŕ l’Etat dans le Trésor public. Il se dégage, par exemple, un écart entre les recettes réalisées par la vente des passeports et la valeur des stocks livrés par la Banque centrale. Il existe aussi des livrets de quittances parallčles au niveau de cette régie.
Avec ces dilapidations des deniers publics, Samba a noté avec véhémence que l’Etat risque d’ętre en danger, faute de moyens. Et son service, contrairement aux agences de renseignements, a-t-il indiqué, a une mission d’analyse de la situation non seulement sur le plan politique et sécuritaire, mais aussi économique et social. Ils ont, de ce fait, réuni tous les « B1 » qu’ils ont transformés en propositions d’actions. C’était donc la réplique ŕ tous ceux qui ont dit qu’il y a vice de procédure et son service n’avait pas compétence de mener des investigations. Parmi ces gens, André Philipe Futa qui a déploré l’arrestation des responsables des régies financičres et a recommandé que désormais un effort soit fait dans le pays pour le respect de la procédure.
D’un revers de main, Samba a aussi balayé les informations données sur Rfi mercredi matin, faisant de Futa victime d’un combat politique au sein du Pprd et apparentés.
Toutes choses restant égales par ailleurs, il est aussi un fait que l’actuel argentier du pays n’est pas apprécié dans le camp présidentiel. S’il n’est pas comme Mutombo Kiamakosa accusé d’allégeance ŕ Jean-Pierre Bemba, mais il est assez indépendant et se greffe sur les institutions financičres pour se protéger et couper ainsi le cordon de la bourse aux « mouvanciers ». Le filet réalisé ŕ la Dgi et ŕ la Dgrad est un bon prétexte pour le faire sauter. Car, de telles pratiques ne peuvent avoir cours sans qu’il en soit au courant. Soit il est ignorant soit il est complice. De deux choses l’une. Mais la conséquence est la męme.
(CP)
Last edited: 07/05/2006 01:51:07