Il est temps qu’on ne politise pas l’art. La guerre des tribus ne trouvera pas une terre fertile dans la musique. Une mélopée charme tous les coeurs sans clivage ethnique
Maďsha Park continue ŕ faire couler beaucoup d’encres et de salives. Au lieu de consolider les liens et tisser des rapports professionnels solides, les artistes musiciens se tiraillent et s’entretirent. Ne voulant plus garder sa langue dans la poche, Tabu Ley a voulu répondre ŕ ses détracteurs. Il a choisi pour cela son passage ŕ l’émission Face B “ de Paulin Mukendi.
Dans le gouvernement issu de la rencontre de Maďsha Park, Tabu Ley a été nommé conseiller sans son consentement. Depuis ce temps, beaucoup de choses ont été dites sur ce qu’il convient d’appeler “ réconciliation des frčres ennemis “. La polémique est rallumée et les artistes ne font que se dénigrer.
Tabu Ley a rompu le silence, car il a estimé qu’il est embarqué dans un conflit interethnique. D’entrée de jeu, il a tenu ŕ préciser que les musiciens congolais n’aiment pas les conseils. Ils se surestiment au point qu’ils croient tout connaître. Considérant tout ce qui se dit autour de Maďsha Park, il ne voudrait pas se vautrer dans la boue dans une histoire dont il ne connaît ni les tenants ni les aboutissants. Ceux qui ont créé l’Amicale des musiciens du Congo voulaient bien faire de cette structure leur « ligablo » autrement dit leur affaire personnelle.
Ils avaient des visées propres ŕ eux. Męme le poste de conseiller qu’on lui a attribué, n’était qu’une façon de se moquer de lui. Car, un des ténors de Maďsha Park aurait déclaré qu’il la choisi ” na canaille “, de façon narquoise.
Mais, lŕ oů le bat blesse c’est quand les gens veulent créer un conflit autour de cette rencontre. Kester Emeneya et Werrason ont boudé Maďsha Park pour des raisons qui sont personnelles ŕ chacun d’eux. Tabu Ley refuse son poste de conseiller qu’on lui attribue de façon unilatérale. Cette prise de position de ces trois artistes suffit pour qu’on parle d’un conflit des ressortissants de Kwilu contre les ténors de MaIsha Park issus d’autres tribus.
Tabu Ley a été tranchant : “Je n’ai rien contre une ethnie quelconque. Jeef Kabasele qui m’a introduit en musique est un muluba. J’ai des considérations pour les Baluba, les Batetela et toutes les autres tribus de la Rdc. Mon succčs et ma popularité en musique, je le dois ŕ toutes les ethnies du Congo. J’ai des considération pour toutes les tribus. Je n’ai pas de considérations tribales dans la musique. Il est vrai que mes parents sont originaires du Bandundu. Ce n’est pas une raison pour que je cultive la haine contre mes frčres d’autres tribus.
Tabu Ley est l’invité de Werrason ŕ son concert de Masina. Les mauvaises langues associent cette invitation ŕ une collusion tribale. Le patron d’Afrisa international éclaire l’opinion qu’il ne s’agit pas d’une question de tribu. Il a joué avec beaucoup d’autres artistes et groupes tels King Kester, Papa Wemba, Zaďko Langa Langa, etc. Il ne peut pas décliner l’invitation de son frčre Werrason, parce qu’il est muyanzi comme lui.
Tabu Ley n’a rien ŕ voir avec Maďsha Park. Il a déclaré qu’il est capable de créer une asbl s’il le veut et tirer un peu d’argent auprčs des autorités comme ils l’ont fait avec l’Amicale Lipopo. Depuis 1993, Tabu Ley a créé son asbl et il n’a rien contre l’Amicale des musiciens du Congo. Seulement, il a refusé d’ętre associé ŕ une affaire dont il ne maîtrise pas les motivations. Il a souhaité longue vie ŕ l’Amc.
Que dire alors de cette association “ Amc “ ? Les Congolais doivent oublier l’époque de la pensée unique. Chacun a le droit de créer son association. Les ténors de l’Amicale des musiciens du Congo ne doivent pas embarquer de force tous les musiciens de la Rdc. Ils doivent laisser libres ceux qui ne veulent pas s’associer ŕ eux.
Ceux qui résistent, sont libres de créer leur association et aller oů ils veulent. On ne doit pas ressusciter les vieux démons de la division. La hache de guerre doit ętre enterrée et la musique congolaise doit poursuivre son parcours. A l’allure oů vont les choses, on risque de créer un conflit entre les patrons des orchestres. Il est temps qu’on ne politise pas l’art. La guerre des tribus ne trouvera pas une terre fertile dans la musique. Une bonne mélopée charme tous les coeurs sans clivage ethnique. Les mélomanes veulent juger les leaders des différentes générations et groupes musicaux ŕ l’oeuvre.
Last edited: 07/05/2006 01:50:08