Le 12 octobre dernier, les marchands du Marché central de Kinshasa ont été trčs mécontents de recevoir l’ordre de ne pas étaler leurs marchandises car selon les renseignements pris, on devrait commencer ŕ prendre des mesures pour le début de la construction des magasins sur une partie du marché. Ceci a bien entendu provoqué la colčre des vendeurs qui se sont mis ŕ manifester bruyamment dans le centre ville
De nombreux vendeurs - ŕ majorité des femmes - du marché central de Kinshasa ont manifesté bruyamment hier mercredi l2 octobre sur les artčres de la commune de la Gombe pour protester contre la vente, selon eux, d’un espace de ce marché.
Arrivés tôt le matin, ils ont été empęchés d’étaler et de vendre leurs marchandises parce que l’on devait procéder au début des travaux de construction des magasins qui appartiendraient ŕ un sujet expatrié. D’aprčs les manifestants que le journal Le Potentiel a approché, ce nouveau propriétaire serait également la personne qui a construit récemment des magasins dans les installations du jardin zoologique de Kinshasa.
Surpris par cette occupation qu’ils qualifient d’anarchique, les manifestants ont expliqué qu’ils voulaient, par cet acte, attirer l’attention du gouvernement, mais surtout du chef de l’Etat, Joseph Kabila, pour contrer ce projet qui, selon eux, va paupériser davantage plusieurs d’entre eux dont la seule source des revenus reste les activités qu’ils exercent dans cet important lieu de négoce.
Visiblement furieux, Certains manifestants, partis du marché, se dirigeaient vers le cabinet de travail du vice-président de la République en charge de la Commission économique et financičre, Jean-Pierre Bemba, a qui ils devaient exprimer leur mécontentement.
Les agents de l’ordre se sont mis ŕ leur poursuite ŕ pied au niveau du boulevard du 30 Juin afin de les empęcher d’atteindre ce lieu. Les agents de l’ordre n’ont exercé aucune répression sur les manifestants, ont constaté les reporters du Potentiel.
Un autre groupe voulait rencontrer le gouverneur de la ville de Kinshasa, Jean Kimbunda, pour lui exprimer également son mécontentement. Mais, ce dernier ne les a pas reçus malgré leur insistance et une longue attente devant son bureau de travail. Ils ont promis de revenir le lendemain et forcer le gouverneur pour ętre reçus car, soulignent-ils, le marché central de Kinshasa dépend de l’Hôtel de ville.
« Nous sommes étonnés et indignés de constater que le lieu oů nous exerçons nos activités soit vendu sans que les vendeurs aient la moindre peur », ont-ils déclaré. « Nous n’allons pas nous laisser faire, moins encore ętre intimidés par qui que ce soit, car nous pensons que nous sommes dans un pays de droit et que les droits de chacun doivent ętre respectés », ont-ils conclu.
Les dix-sept agents percepteurs arrętés remis en liberté
La semaine derničre, une rixe a éclaté au marché central de Kinshasa dans la commune de Gombe. Une véritable bataille rangée avait mis aux prises plusieurs agents percepteurs de ce marché.
Les agents percepteurs ŕ l’origine des troubles provoqués au marché central de Kinshasa le 5 octobre dernier, ont été remis en liberté aprčs quelques jours de cachot. On se souvient que leur arrestation avait été opérée ŕ la suite de la bagarre qui les avait opposés ŕ certains de leurs collčgues.
Depuis plusieurs jours, des rumeurs circulaient au sujet d’une liste de faux agents percepteurs que la direction urbaine des Finances s’apprętait ŕ transmettre au nouvel administrateur du marché central de Kinshasa.
Actuellement, ce marché compterait plus de deux cents agents percepteurs, alors qu’il n’en faudrait qu’une cinquantaine. Plusieurs de ces agents percepteurs ne figurent pas sur les listes de la direction urbaine des Finances qui les considčre comme des agents fictifs. Certains d’entre eux, dont on ne connaît pas exactement les conditions d’embauche, encaisseraient chaque jour des taxes payées par les vendeurs du marché sans les reverser ŕ la caisse centrale.
Conduits par un certain Bombeto, président du syndicat Dinafet (Directoire national des fonctionnaires de l’Etat), la plupart d’agents percepteurs qui se sont sentis visés par ces mesures d’assainissement ont décidé donc de manifester contre les nouveaux responsables du marché.
Ils se sont attaqués ŕ certains de leurs collčgues qu’ils soupçonnaient d’ętre dans les bonnes grâces de la nouvelle direction du marché. Ils ont également appelé les vendeurs du marché ŕ ne plus payer les taxes jusqu’ŕ nouvel ordre.
Ils ont enfin exigé que leur soient immédiatement payés les dix-neuf mois d’arriérés de salaire que leur doit le marché central.
Les protestataires ont copieusement tabassé le commandant chef d’antenne de la Demiap (Détection militaire pour les actes anti-patrie) et le commandant de la police M. Nzanzi, qui avaient tenté de s’interposer. ils ont également molesté M. Mazonga, le chef du pavillon 6 du marché central, ainsi que M. Nzonga Deo, cameraman de la Radiotélévision nationale Congolaise (Rtnc) qui filmait les échauffourées.
Ce qui a amené l’intervention d’une escouade d’agents de la police d’intervention rapide (Pir) qui a procédé ŕ l’arrestation des fauteurs des troubles.
A la suite d’une plainte déposée par Me Bafuafua, l’avocat du marché, les agents arrętés et enfermés dans un premier temps au cachot du groupe mobile, non loin de l’hôpital général de référence de Kinshasa, seront déférés au parquet de Kinshasa/Gombe.
Mais ŕ la surprise générale, selon l’avocat de l’administration du marché, tous ces prévenus, ŕ l’exception de deux d’entre eux, ont été remis en liberté depuis le 10 octobre dernier.
Last edited: 07/05/2006 01:49:57