Un point sur lequel Kinshasa insiste particuličrement est celui de l’extradition des officiers dissidents et de chefs de milices, auteurs de massacres, et recherchés par le gouvernement de la Rdc et la Monuc
L’opinion nationale – dans sa grande majorité - ne semble pas comprendre que l’expiration, le 30 septembre, de l’ultimatum lancé aux rebelles des Forces démocratiques de libération du Rwanda (Fdlr), n’ait pas été suivie d’effets sur le terrain militaire. Il n’y a pourtant rien d’étonnant, quand on considčre que la résolution de cette question relčve des compétences de la Tripartite Rdc-Rwanda-Ouganda, dans son accord signé ŕ Kigali le 26 octobre 2004. En additif ŕ cet accord, les trois pays parties sont régis par des Mécanismes bilatéraux de vérification des frontičres communes, mis en place sous la supervision des Nations Unies et de l’Union africaine.
L’usage de la force contre les Fdlr, selon les termes de l’Accord tripartite, devait venir en dernier recours, pour deux raisons principales : la premičre, est que dans l’état actuel de la jeune armée congolaise, il est tactiquement déplacé de penser ŕ son engagement opérationnel, alors qu’elle est encore en voie de constitution. La seconde, c’est que la feuille de route pour le rčglement de la problématique des groupes armés et des milices dans la région des Grands Lacs établit un calendrier précis, étalé sur trois mois, prenant cours début octobre, pour se conclure en décembre, avec le déploiement des 9č, 10č et 11č brigades des Fardc au Nord- Katanga et la pacification de cette région.
Engagements de la Rdc
Il s’est dégagé, au cours de la derničre réunion en date de la Tripartite tenue ŕ Kigali du 24 au 25 aoűt 2005, l’identification d’un certain nombre d’engagements que la Rdc devait remplir avant la date du 30 septembre.
Kinshasa avait notamment accepté de rétablir le contact avec les Fdlr durant le mois de septembre, afin de relancer le processus de Rome sur leur désarmement volontaire. Or ŕ l’analyse, aucune déclaration officielle n’est venue confirmer pareille rencontre.
Parallčlement, le brassage de l’armée devait se poursuivre en vue de la neutralisation par la force des Fdlr si, jusqu’au 30 septembre, elles n’amorçaient aucun mouvement concret de rapatriement volontaire. Le soutien de la communauté internationale restant requis pour l’équipement des Fardc en matériel militaire et un apport en appui logistique.
Cependant, les parties avaient convenu que si, ŕ la date du 30 septembre, les Fdlr n’adhéraient pas au désarmement volontaire, « une série de mesures seraient prises contre leurs dirigeants et contre leurs organisations, notamment des restrictions dans l’octroi de visas ŕ leurs leaders, le gel des comptes bancaires, l’inscription sur la liste des organisations terroristes, etc. ».
Demandes d’extradition
Un point sur lequel Kinshasa insiste particuličrement est celui de l’extradition des officiers dissidents et de chefs de milices, auteurs de massacres, et recherchés par le gouvernement de la Rdc et la Monuc.
Sur ce dernier point, la Rdc a présenté, au cours de la réunion ministérielle de la Tripartite du 16 septembre 2005 ŕ New York, sous la présidence du gouvernement des Etats-Unis, les copies d’un accord d’extradition signé entre la Rdc et le Rwanda depuis 1966, et qui n’a jamais été abrogé. Une maničre d’insister sur les mandats d’arręt internationaux lancés contre les officiers dissidents Laurent Nkunda et Jules Mutebusi, poursuivis pour insurrection, crimes de guerre et crimes contre l’humanité. A ces officiers les plus réguličrement cités, il faut ajouter Eric Ruhorimbere, Gishondo, Bosco Ntanganda, Ali, Udongo et Kakolele.
A l’Ouganda plus particuličrement, Kinshasa demande que lui soient livrés les chefs de milices convaincus de crimes contre l’humanité sur les populations de l’Ituri, dont Linganga, Ngunjolo, Dido Manyiroha, Justion Lobho, Angoruma, Alexis Munyalizi, Bebwa, Castro Kasangari, Mbuna et Pierre Sambidu.
Echange d’informations
Tous ces dossiers sont cependant sur le point de connaître une accélération notable avec l’ouverture, en octobre ŕ Kisangani, du Centre de Fusion des informations dans le cadre de la Tripartite. Elle sera suivie d’une session de formation des Experts de pays membres. L’évčnement se fera simultanément avec l’équipement en matériel militaire et en logistique par la communauté internationale des cinq brigades des Fardc déjŕ intégrées.
Le Centre de Fusion sera rendu opérationnel en novembre par l’ouverture de ses antennes dans chacune des capitales concernées et la formation des commandants des 1čre, 2čme, 3čme , 4čme et 5čme brigades par les Etats-Unis.
(Jdn)