Que l'effondrement de la Nationale 1 à la hauteur de Mikonga-Bibwa sonne le glas des incompétents, des détourneurs des fonds publics et des entreprises budgétivores.
La Nationale 1 est coupée à la hauteur de Mikonga-Bibwa, dans la commune de la N'Sele. Soit à quelque 20 Km du centre de la ville de Kinshasa. Il faudra attendre des semaines, si pas des mois, pour remettre ce tronçon en état de fonctionnement normal. Avec ce que tout cela peut coûter en termes économique, politique et social.
En effet, il est désormais impossible de résoudre en quelques minutes un cas urgent qui pourrait se poser à Bibwa, Kinkole, N'Sele et Maluku. Ajouter à cela la carence en denrées alimentaires pour autant que Kinshasa ne sera plus approvisionné à partir de la province de Bandundu, et vice-versa en partant de Kinshasa. Et si l'on évoque le volet tourisme, plus de villégiature, plus dévasion. Une véritable catastrophe.
Mais comment en est-on arrivé jusque-là sur une route aussi stratégique que la Nationale 1? Où étaient passés l'Office des Routes, l'Office des Voiries et Drainage, les Travaux Publics et Aménagement du Territoire, les voiries urbaine et communale?
L'effondrement de la Nationale 1 à la hauteur de Mikonga-Bibwa, loin détre un fait économique, pose tout le problème de la gestion de nos entités administratives. En effet, pour les habitués de cette auto-route, ils savent très bien que ce tronçon s'abîme lentement et sûrement depuis plus de 10 ans. A part le pont Mikonga-Bibwa, il y a aussi le pont N'Sele qui risque de s'effondrer. Et pourtant, toutes les autorités empruntent ce tronçon pour plusieurs raisons. Mais insouciantes, pendant 20 ans, elles ont laissé pourrir la situation. Les tapages médiatiques n'ont rien apporté. Bien au contraire, tout se passait comme si l'on se moquait de la population.
Les anciens gestionnaires sont là
Ceux qui ont géré cette auto-route sont encore là, à part les morts. Réfugiés dans certains partis politiques dont nous taisons volontairement les noms, ils s'agitent aujourdhui à faire la leçon de la «bonne gestion et de la democratisation».
Bien pire, quelques-uns d'entre eux se sont même permis de prendre des armes pour reprendre le pouvoir en tuant des Congolais. Ou encore en écrivant à la Belgique une lettre criminelle pour ne pas reprendre la coopération avec Kinshasa. Certains se sont même réfugiés à Bruxelles où ils se la coulent douce, et de temps en temps ils vocifèrent par des déclarations intempestives en vue de mieux consacrer la cruelle mort des populations congolaises.
Oui, cruelle mort. Qua-t-elle fait, cette compatriote de Mikonga, la victime de l'effondrement de cette partie du tronçon de la Nationale 1? Rien du tout. Quel crime ont commis les maraîchers de Bibwa pour planter des légumes afin de ravitailler Kinshasa? Aucun. Et pourtant, elle est morte et ils ont tout perdu à cause de 20 ans d'insouciance.
On aurait voulu entendre que tous ces «usurpateurs», qui parlent au nom de la population congolaise, déclenchent une campagne de solidarité en faveur des compatriotes de la commune de la N'Sele. Silence. Ou encore, mettre la main à la poche pour rassembler les 350 mille dollars, coût des travaux. Question de prouver à la Belgique qu'ils sont capables de s'auto-gérer. Silence. Ils sont tous devenus des carpes, prouvant ainsi leur incapacité d'assurer le bien-être du peuple congolais qui paie ici, pour le cas d'espèce, le prix de 20 ans d'insouciance.
La nécessité de restructurer les entreprises et de reformer l'Administration
Ce cas d'espèce pose également la problématique de la gestion de certaines de nos entreprises publiques. En effet, si l'Office des Routes ne peut intervenir qu'après-coup, à quoi servirait-il de maintenir une société budgétivore et un tonneau des Danaïdes ? A rien du tout, si ce n'est que de dilapider des fonds et alourdir la dette extérieure de la Rdc. Si cette entreprise ne dispose pas de fonds propres, il faut la supprimer purement et simplement.
Secundo. Quel rôle doit jouer l'Autorité urbaine et communale? N'est-ce pas de prévenir les catastrophes ? Pourquoi ne pas gérer certaines situations avec les taxes administratives en attendant le coup de pouce du gouvernement central ? A ce stade se pose le problème du profil de l'autorité urbaine et communale.
Ceci dit, il importe de restructurer les entreprises publiques, ici, l'Etat y gagnerait beaucoup en réhabilitant tous les services du ministère des Travaux Publics. Ce ne sont pas les compétences qui manquent. Mais la situation globale de marginalisation de l'Administration publique par la IIè République. Aujourd'hui, la facture est de plus en plus salée. Dire qu'au niveau de la ville de Kinshasa, des communes, il existe bien des cellules des «Travaux publics et non des Travaux privés». Alors? Pourquoi toutes ces catastrophes prévisibles?
Que l'effondrement de la Nationale 1 à la hauteur de Mikonga-Bibwa sonne le glas des incompétents, des détourneurs des fonds publics et des entreprises budgétivores.
Last edited: 07/05/2006 00:04:46