L’assainissement de Kinshasa pose de sérieux problčmes et peut-ętre aussi des études minutieuses. Malgré l’obtention des moyens d’assainissement de Kinshasa, la Ville continue ŕ demeurer sale et les méthodes d’assainissement demeurent archaďques aussi. Pour curer les rivičres, au lieu d’aller d’amont en aval, ici on commence plutôt en aval !
Une source bien informée a indiqué que l’Hôtel de ville de Kinshasa a reçu récemment des moyens techniques modernes indispensables ŕ une meilleure exécution des travaux d’assainissement de l’environnement urbain. Lesdits moyens seraient octroyés par des partenaires expatriés, dans le cadre des accords de jumelage de la capitale de la République Démocratique du Congo avec certaines villes du vieux continent, au nombre desquelles Bruxelles, la capitale du Royaume de Belgique, occuperait une place prépondérante. Il s’agit, entre autres outils de travail, d’une pelle excavatrice motorisée, utilisée précisément dans le curage des caniveaux et surtout des lits de sources d’eau.
Cette nouvelle a, de prime ŕ bord, suscité un vif enthousiasme dans les milieux socio-professionnels et intellectuels de Kin-la-pou-belle oů l’on déplore, ŕ chaque saison pluvieuse, les débordements intempestifs de la plupart des rivičres dont les lits sont remplis des tas d’immondices jetés par les populations riveraines, faute de décharges publiques indiquées par l’autorité urbaine.
En effet, d’aucuns ont beau souhaiter voir cette derničre faire bon usage de ces instruments en vue de résoudre l’épineuse question des immondices qui entraînent la destruction des maisons d’habitation et bien d’autres dégâts matériels, voire des pertes envies humaines.
Ce sentiment de déception et de désespoir a surgi dčs le lundi 26 septembre finissant, lorsque les observateurs ont vu la pelle excavatrice précitée ŕ l’oeuvre au niveau du pont Bitshaku-Tshaku situé sur l’avenue du Kasaď, dans la commune de Barumbu. Au lieu d’entamer les travaux de curage en amont, l’engin s’est, tout au long de la journée, acharné sur cet endroit. Il était incapable de progresser, dans la mesure oů le sable et autres détritus drainés par les eaux de la rivičre remplaçaient immédiatement ceux qui venaient d’ętre évacués.
En outre, la présence des constructions anarchiques le long de la męme rivičre a constitué un obstacle majeur ŕ cette initiative. Ce, étant donné que la machine était obligée de limiter ses manoeuvres pour ne pas heurter ou carrément détruire ces taudis.
A l’avis des analystes, ces faits prouvent ŕ suffisance que l’opération ci-haut décrite ne relčve pas d’un planning élaboré au terme d’une étude minutieuse et susceptible d’orienter les exécutants.
La faute incombe donc aux autorités compétentes qui gčrent l’administration urbaine comme ŕ l’époque du Moyen Age, sans tenir compte des techniques managériales qui font le bonheur des villes modernes. Il est grand temps qu’elles changent le fusil d’épaule pour mener ŕ bon port l’opération de curage des rivičres en cours.
La famine aux portes de la capitale
Les conditions de vie des habitants de la ville de Kinshasa se détériorent chaque jour. Cette situation découle de la pénurie des denrées alimentaires sur le marché local ŕ laquelle s’ajoute une hausse vertigineuse des prix qui en est le corollaire inéluctable, Elle ne permet pas aux consommateurs de se nourrir convenablement dans un environnement socio-économique oů les prix des services et des biens de consommation courante augmentent presque quotidiennement, alors que le pouvoir d’achat des Kinois moyens compte parmi les plus faibles de la plančte.
Tel est le sort d’une ville vouée aux affres d’une administration défaillante et incapable de jouer pleinement son rôle de promotrice des intéręts des administrés.
A vrai dire, le malheur qui pčse sur la ville de Kinshasa émane de la crise de l’autorité de l’Etat observée en République Démocratique du Congo. Il est encouragé par le désintéressement des hommes au pouvoir de la cause populaire, au moment oů chacun d’entre ces derniers cherche ŕ acquérir beaucoup de moyens financiers en vue de faire face au coűt de la campagne électorale imminente. Ils sont donc obligés d’abuser de leurs prérogatives, au point de s’accaparer des recettes publiques.
C’est autant dire que les tracasseries administratives infligées aux armateurs sur le fleuve Congo par les agents de l’Etat sont commandités par les hauts dignitaires du gouvernement 1+4. Le comble est que ces affameurs du peuple congolais ne semblent pas pręts ŕ écouter les cris d’alarme lancés par les victimes de leurs abus.
Dčs lors, les observateurs craignent de voir les transporteurs fluviaux qui menacent d’arręter toutes activités passer ŕ l’action. Pareille décision pourrait basculer la ville de Kinshasa dans une famine sans précédent et aux conséquences incalculables, lorsque l’on sait que la voie fluviale joue un rôle déterminant dans le ravitaillement de la capitale congolaise en denrées alimentaires.
Les sources dignes de foi indiquent que les opérateurs économiques du secteur fluvial sont, en effet, débordés par des nombreuses taxes qui leur sont exigées ŕ Mbandaka, chef-lieu de la province de l’Equateur, mais aussi ŕ Bumba, une contrée située dans la męme province. Les auteurs de ces crimes odieux sont notamment le commissaire fluvial et le chef de division des Transports de la ville de Mbandaka, qui imposent męme des taxes non prévues par la loi. Pour sa part, la Régie des voies fluviale (RVF) continue de percevoir les vingt pour cent de la taxe de navigation, alors qu’elle ne balise pas le bief navigable. C’est ainsi que plusieurs bateaux chavirent, d’autres échouent dans le sable et d’autres encore se fendent contre les roches.
L’opinion invite, en ce qui la concerne, le gouvernement de la République ŕ doter la RVF des moyens nécessaires au balisage du bief navigable du fleuve Congo et surtout ŕ réduire le nombre et le montant des taxes qui risquent de basculer la plupart des armateurs dans la faillite.
Last edited: 07/05/2006 01:47:57