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Corruption, quand tu nous tiens… Depuis des années, le phénomčne semble gangrener une partie de l’élite intellectuelle du pays

Des représentants du monde académique pratiqueraient donc la cueillette. Nous avons mené l’enquęte sur une pratique qui reprend force et vigueur en cette période de deuxičme session et de pré-délibération.

Comme chacun le sait, pour qu’il y ait corruption, il faut deux protagonistes un corrupteur et un corrompu. Soit deux familles consentantes -L’une qui donne et l’autre qui reçoit- que nous avons rencontrées, au fil de notre enquęte ŕ Kinshasa. Un site parmi d’autres puisque tous les campus semblent quelque peu gangrenés. L’Unikin ne détient certainement pas le monopole d’une corruption qui, depuis quelques années, se développe dans les institutions d’enseignement supérieur Congolais.

Dans ce jeu oů circule de l’argent, il y a ceux qui n’ont pas trop étudié mais qui veulent décrocher le sacro-saint diplôme oů, plus modestement, obtenir la cote leur permettant de passer dans l’année supérieure. Et puis, il y a ceux qui, objectivement mal rétribués pour des élites, veulent arrondir des fins de mois difficiles (une situation qui toutefois n’excuse pas la corruption).

Pour les professeurs, chargés de cours, assistants, cette possible récolte ne se pratique que deux fois l’an. Et la récolte de Septembre est plus fructueuse que celle de Février puisque, pour l’étudiant, l’enjeu est le passage ou non dans l’année supérieure. Ce passage, certains étudiants peu doués sont pręts ŕ le payer. Pour eux, la fin (Le diplôme) justifie les moyens. Reste que le titulaire d’un diplôme acheté ne gagne pas en męme temps l’assurance d’une future bonne carričre professionnelle.

Préserver la notoriété du prof

Sur le campus, la « collecte » se veut toutefois discrčte : elle se pratique, en général, au travers d’un étudiant de main - souvent de la męme tribu. Ce qui représente la garantie qu’il ne vendra pas le pot aux roses. Assistants et chefs de travaux se montrent, eux aussi, particuličrement actifs pour jouer le rôle de receveurs intermédiaires, histoire de préserver la notoriété du professeur titulaire... qui, juste retour des choses, pourra les aider dans leur ascension académique. Diplômés depuis quelques années seulement, ces jeunes membres du corps académique connaissent facilement les réseaux qu’ils ont sans doute eux-męmes infiltrés.

L’argent n’allant pas directement du portefeuille du corrupteur ŕ la poche du corrompu, il arrive qu’il y ait ...des pertes. Malheur donc aux étudiants aussi peu doués que malchanceux dont le bout de papier portant son nom et sa « part » s’est envolé.

La méthode familiale et le trafic d’influence[ :b]

Sur les campus, la corruption ne s’appuie pas seulement sur les réseaux anonymes. Elle se développe aussi grâce ŕ la méthode « familiale » qui utilise les proches des professeurs. Ce réseau de cousins, enfants ou neveux, vivant sous le męme toit que leur pčre ou oncle, vénérable professeur corruptible, se transforme en réseau de vendeurs discrets de questionnaires d’examens. Une denrée rare qui se monnaye cher avec.., la bénédiction des titulaires du cours.

Autre maničre de faire trčs répandue : le trafic d’influence ; «Une pratique, tristement célčbre sous la deuxičme République et qui est encore bien vivace de nos jours, assure, en fin connaisseur des méthodes, Olivier B, diplômé en Sciences appliquées, qui cache mal son inactivité en vendant des cartes prépayées sur le Boulevard du 30 juin.

Et l’ingénieur de commenter, en généralisant rapidement : « A la « Colline inspirée » (le campus de l’Unikin, ndlr), le visiteur curieux entend souvent dire que l’Université de Kinshasa appartient aux professeurs et ŕ leur progéniture, un noyau dur particuličrement difficile si on n’est pas issu du cénacle »…

A suivre



Last edited: 07/05/2006 01:47:18

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