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Le Conseil de sécurité interpellé

Kinshasa, 20/07/2001 / Politique
Cependant, cette attitude du Rwanda et du Rcd/Goma est favorisée par une certaine ambiguïté créée par le Conseil de sécurité.

Que va-t-il se passer si le Rcd/Goma et le Rwanda ne se désengagent pas de la ville de Kisangani ? Effectivement, l'Accord de Lusaka sera dans une impasse. C'est-à-dire qu'on ne saura parler dans l'immédiat de la tenue du Dialogue intercongolais.

On sait, à ce sujet, que les travaux préparatoires qui devaient débuter le 16 juillet, ont été reportés au 20 août 2001, le temps de permettre à l'équipe itinérante du facilitateur Masire de terminer à superviser la désignation des délégués des Forces vives ainsi que ceux des Partis politiques.

Après le Bandundu et le Bas-Congo, c'est maintenant le tour de la ville de Kinshasa. Or, le gros morceau demeure justement la désignation des délégués des Partis politiques considérés comme les noeuds gordiens.

Déjà, le Bureau du facilitateur avait relevé les divergences profondes au niveau de la rébellion. Il s'agit précisément du Rcd et du Flc.

Le Rcd, signataire de l'Accord de Lusaka, a volé en éclats. On ne sait qui du Rcd/Goma, Rcd/Beni et Rcd/National est habilité à représenter le Rcd. Quant au Flc, il n'est pas signataire de Accord de Lusaka. Cheval non partant.

Si le Rcd/Goma refuse de démilitariser la ville de Kisangani, il sera difficile pour Masire de trouver un compromis avec cette composante. Il y a donc là des intentions manifestes de torpiller les efforts de paix pour que e Dialogue inter congolais ne se déroule pas. L'objectif consiste à faire perdurer la guerre pour confirmer la partition de la Rdc. Objectif des agresseurs qui n'ont jamais renoncé à la balkanisation de la République démocratique du Congo en vue d'étendre leur territoire. Surtout le Rwanda qui dicte ses ambitions expansionnistes au Rcd/Goma.

L'erreur du Conseil de sécurité

Cependant, cette attitude du Rwanda et du Rcd/Goma est favorisée par une certaine ambiguïté créée par le Conseil de sécurité. En effet, la Résolution 1304 en son point 3 stipule ceci : «Exige que les forces ougandaises et rwandaises, ainsi que les forces de l'opposition armée congolaise et d'autres groupes armés, se retirent immédiatement et complètement de Kisangani, et demande à toutes les parties à l'Accord de cessez-le-feu de respecter la démilitarisation de la ville et de ses environs».

Cette disposition est claire. Elle ne peut prêter à aucune confusion. Moins encore à une quelconque interprétation sélective. C'est dire que depuis le 16 juin 2000, aucun soldat ougandais, aucun soldat rwandais et aucun soldat de la rébellion congolaise ne peut plus être présent à Kisangani.

Et cette disposition est appuyée par une autre disposition, point 14: « Est d'avis que les gouvernements ougandais et rwandais devraient fournir des réparations pour les pertes en vies humaines et les dommages matériels qu'ils ont infligés à la population civile de Kisangani et prie le secrétaire général de lui présenter une évaluation des torts causés, sur la base de laquelle puissent être déterminées les réparations à prévoir». Donc, par ces jours qui courent, l'on devait plutôt s'attendre à l'évaluation que présentera le secrétaire général de l'Onu.

Malheureusement, dans l'une des dispositions de la Résolution 1355, le même Conseil de sécurité, a confié l'administration de la ville de Kisangani au Rcd/Goma. Comment, dans une région en guerre, peut-on confier la gestion administrative à l'une des parties en guerre et lui interdire son argument, le fusil ?

Voilà l'erreur du Conseil de sécurité qui reconnaissait le Rcd/Goma en tant qu'un «Pouvoir». Ce qui a fait monter la tête aux dirigeants du Rcd/Goma. Bien entendu, cette brèche ne fait que le bonheur du Rwanda qui continue à occuper une partie de la Rdc tout en entretenant l'état de guerre.

Mais, puisque le Dialogue intercongolais sonnera le glas des usurpateurs, on comprend pourquoi le Rwanda et le Rcd/Goma, conscients également du « Mandat passif» de la Monuc, défient le Conseil de sécurité. Face à ce défi, seule l'application de la résolution 1355 sauvera le Conseil de sécurité de la décrédibilisation.

Pourquoi pas d'une humiliation pour autant que cette situation ne diffère pas de celle que le Conseil de sécurité a connu en Sierra Leone. Il faut donc agir vite, ferme et bien.

Rcd/Goma sera jugé par le peuple congolais

En attendant, les carottes sont en train d'être cuites pour le Rcd/Goma. En refusant l'application des résolutions 1304 et 1355; en torpillant les efforts devant couronner le Dialogue intercongolais, le Rcd/Goma vient de choisir son camp. Celui des auteurs de l'holocauste congolais.

Indéniablement, les ténors de ce mouvement seront jugés par le peuple congolais. Ensuite, par le tribunal pénal international sur la République démocratique du Congo.

La balle se trouve dans le camp du Conseil de sécurité des Nations Unies.



Last edited: 07/05/2006 00:04:45

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