Tant que le résultat des enquętes menées conjointement par les inspecteurs des finances et les inspecteurs judiciaires n’aura pas livré ses secrets, le dossier « détournement de 1,5 millions Usd ŕ la Bcc » continuera ŕ défrayer la chronique
Il ne peut en ętre autrement car l’attention de l’opinion nationale est encore focalisée sur cette affaire. Et n’oublions pas que l’opinion internationale, ŕ travers les institutions de Bretton Woods qui font de la bonne gouvernance leur cheval de bataille, entend elle aussi en connaître les tenants et les aboutissants.
C’est ce qui justifié que « La vie Economique » revienne encore sur ce sujet. Notre souci est qu’on arrive ŕ rétablir la vérité afin d’envoyer en prison les véritables coupables au lieu de camoufler l’affaire en mettant aux arręts ceux qui, aux yeux des observateurs avertis, ne sont que victimes d’un complot ourdi ailleurs.
C’est dans cette logique que votre hebdomadaire met dans les lignes qui suivent ŕ votre disposition la procédure qui aboutit ŕ la l’exécution de la dépense en faveur du bénéficiaire. Point n’est besoin de rappeler qu’il s’agit d’une chaîne qui comprend plusieurs maillons. Le premier maillon de la chaîne est le Ministčre du budget qu’initie le document de la dépense.
La deuxičme étape est que ce document est transféré au Ministčre des Finances et précisément ŕ la Direction de la trésorerie et de l’ordonnancement qui établit des attestations de paiement.
C’est ŕ ce niveau qu’il s’établit également les ordres de paiements informatisés qui sont envoyés ŕ la Banque Centrale (3č étape) dont la porte d’entrée est la direction des comptes courants. Celle-ci enregistre, aprčs vérification, le document qui va par la suite passer (4č étape) ŕ la direction des services Etrangers. Celle-ci a pour mission d’exécuter le paiement en envoyant l’avis de crédit ŕ la Banque oů le bénéficiaire possčde un compte.
48 heures aprčs, cette derničre ( La Banque Concernée) crédite le compte du client consécutivement ŕ l’avis de crédit dűment établi par la direction des services Etrangers. Des lors, le client bénéficiaire peut effectuer ŕ sa guise des mouvements dans son compte. Il sied de signaler par ailleurs qu’en matičre de l’exécution de la dépense le rôle joué par la direction de la trésorerie et de l’ordonnancement est crucial.
Non seulement elle détient le code secret mais aussi préside-t-elle la chambre de conciliation de la dépense oů est associée la direction des comptes courants de la B.C.C. Chaque semaine, en effet, les responsables de la DTO se retrouvent en séance de conciliation de la dépense avec ceux de la direction des comptes courants de la B.C.C.
C’est pour faire le rapprochement des dépenses ordonnancées avec leur exécution par la B.C.C. En d’autres termes, c’est au cours de ces séances que l’on vérifie la conformité entre les montants autorisés ŕ payer inscrits dans les ordres de paiement en provenance de la DTO et les montants effectivement virés par la B.C.C. aux Banques Commerciales clientes des bénéficiaires d’argent.
Les implications
A la lumičre de ce qui précčde il y a lieu de trouver la piste pouvant conduire ŕ l’arrestation des personnes coupables d’une part et des complices d’autre part.
La premičre démarche consiste ŕ mener les enquętes au niveau des Banques Commerciales pour connaître les détenteurs des comptes bénéficiaires de l’argent. Ceux-ci peuvent facilement aider ŕ démanteler le réseau car, croyons-nous, les détenteurs des comptes ne peuvent, eux seuls, ętre commanditaires et bénéficiaires de cet argent, fruit de plusieurs opérations. Au cas oů ils sont introuvables, l’on peut interpeller leurs parrains. En effet, en matičre d’ouverture des comptes, certaines banques commerciales exigent au client qui en fait la requęte d’avoir un parrain. Celui-ci est un ancien client de la Banque concernée qui doit témoigner de la crédibilité du requérant.
La deuxičme démarche consistera ŕ interpeller les responsables de la Direction de la Trésorerie et de l’Ordonnancement du Ministčre des Finances pour deux raisons : premičrement parce que c’est ŕ ce niveau que les attestations et/ou les OPI (ordres des paiements informatisés) dont il détient le secret du code sont établis et deuxičmement en sa qualité de président de la chambre de conciliation de la dépense.
Car c’est pendant les séances de conciliation des dépenses que l’on constate les irrégularités pour les corriger. Il est aussi impérieux d’associer ŕ ce stade le responsable de la direction des comptes courants de la BCC qui est membre de la chambre de conciliation de la dépense. Les deux personnalités qui se retrouvent chaque semaine pour les séances de conciliation de la dépense devront expliquer comment pendant plusieurs mois ils ne sont pas parvenus ŕ dénicher d’aussi flagrantes irrégularités.
Les Banques commerciales sont innocentes
Dans la, mesure oů ces banques se sont montrées coopératives en mettant ŕ la disposition des enquęteurs tous les dossiers en rapport avec les détenteurs des comptes, ŕ savoir leurs complčtes ainsi que les noms de leurs parrains, l’on ne voit logiquement pas oů peut se trouver leur implication. Néanmoins si les comptes crédités étaient fictifs, on pourrait parler de leur complicité. Ce qui n’est pas le cas, car apprend-t-on, les détenteurs de ces comptes étant des personnalités sűres qui ont suivi toute la procédure requise en matičre d’ouverture des comptes, nous ne voyons pas de ce fait oů peut se trouver la complicité des banques commerciale dans ces opérations de fraude.
En effet, toute banque commerciale a pour objectif majeur d’avoir le plus de clients possibles. Pour cela, toute personne physique ou morale qui présente toutes les garanties de crédibilité qui introduit une demande d’ouverture des comptes et qui satisfait aux conditions de la banque ne peut qu’intéresser celle-ci qui finit par lui octroyer un numéro de compte.
De ce fait, impliquer la banque signifie que celle-ci est censée connaître le comportement futur de son client. Ce qui est un rôle prophétique qu’aucune banque n’est capable de jouer.
(FP)
Last edited: 07/05/2006 01:46:19