L’Hôtel de Ville de Kinshasa, dont le Gouverneur Jean Kimbunda, vient de décider de relancer la fameuse opération « Coup de poing » suspendue ou arrętée depuis un certain moment. Destinée ŕ assainir la ville, cette opération, loin de s’attaquer aux immondices et ŕ la saleté, comme celle du Marché central et de ses environs, non loin du Cabinet du gouverneur, l’opération « Coup de poing » s’attaque plutôt aux kiosques qui aident les Kinois ŕ survivre ! D’oů « Coup de poing » devient plutôt suicidaire
Des pleurs, des grincements de dents et l’incertitude causée par la peur de vivre une catastrophe dont on ne sait quelle nature et quelle origine, tels sont les maux qui ont, depuis belle lurette, transformé la ville de Kinshasa en un enfer invivable.
L’attitude des autorités publiques face ŕ cet état de choses est de plus désolante, lorsque l’on voit le gouverneur de la ville de Kinshasa décider, ŕ la grande surprise des observateurs, de relancer son ignoble opération « Coup de poing », pendant cette période critique de vive tension sociale.
Contrairement ŕ son objectif, ce soit disant plan de lutte contre l’insalubrité publique ne s’attaque point aux innombrables tas d’immondices qui jonchent, pourrissent et enlaidissent les quartiers. Il consiste plutôt ŕ détruire méchamment les kiosques, boutiques, terrasses et autres unités commerciales que les Kinois moyens ont implantées le long de grandes artčres en vue de subvenir aux besoins de leurs foyers.
Et pourtant, la présence de ces unités se justifie dans une économie congolaise dominée par le secteur informel, en raison de l’absence quasi-totale des industries et usines susceptibles d’embaucher et de payer décemment les millions de chômeurs abandonnés ŕ leur triste sort par l’Etat. Męme les quelques travailleurs prestant dans les secteurs public et privé sont plus que jamais éprouvés par la modicité et les arriérés de salaires de plusieurs mois. Ces derniers sont contraints, avec un pouvoir d’achat quasiment nul, de survivre dans un environnement socio-économique miné par la pénurie et la hausse vertigineuse des prix des biens de consommation courante. Tout se passe comme si le gouverneur Jean Kimbunda Mudikela et ses complices étaient déterminés ŕ pousser la population ŕ une émeute générale qu’ils devraient réprimer dans un bain de sang.
Pareille argumentation convainc en tout cas les analystes qui ont vu, ŕ partir du samedi 10 septembre courant, des engins de l’Hôtel de ville ravager impitoyablement la place commerciale du quartier Binza/UPN situé dans la commune de Ngaliema. L’opération a duré trois jours de suite. Elle s’est soldée par la perte des biens appartenant aux propriétaires des unités commerciales détruites.
L’opinion aurait voulu, pour sa part, voir Kimbunda et ses complices surseoir ŕ l’opération « Coup de poing », le temps pour eux de disponibiliser les emplois et de collaborer aux efforts de résolution de la grčve des enseignants du niveau primaire, secondaire et professionnel. Car, ce mouvement de grčve est de nature ŕ provoquer une année blanche et de basculer la ville dans une situation plus dramatique encore.
Last edited: 07/05/2006 01:46:09