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Kyungu wa Kumwanza donne ses recettes

Kinshasa, 19/07/2001 / Politique
Quelles sont les causes réelles du blocage du dialogue intercongolais ?

Une lourde hypothèque pèse encore sur la tenue du dialogue intercongolais. Prévu pour le 16 juillet dernier, le pré-dialogue, appelé à préparer les assises de cet important forum politique, a été reporté au 20 août prochain, l'ancien président botswanais, Ket Masire, n'ayant pas fini de « recruter » les différents délégués à cette importante rencontre. Aux hésitations et à la non maîtrise du dossier congolais déplorées dans le chef du facilitateur, s'ajoutent la confusion et la cacophonie entretenues par les différents acteurs intérieurs et extérieurs du conflit congolais.

Quelles sont les causes réelles du blocage du dialogue intercongolais ? Qui doit désigner les participants à ces assises et selon quels critères? Est-il possible d'organiser ce forum, alors que le pays est toujours sous occupation étrangère? Vice-président de l'Union des nationalistes et des fédéralistes du Congo, Gabriel Kyungu wa Kumwanza, a apporté hier, au cours d'un entretien avec La Référence Plus, quelques pistes de solutions à ces épineuses questions. Selon l'orateur, les vraies causes du blocage du dialogue intercongolais résident dans l'attitude du Rwanda, du Burundi et de l'Ouganda.

Ces pays ne sont pas disposés à quitter la RDC, malgré les nombreuses résolutions prises dans ce sens par le Conseil de sécurité de l'Onu, constate le leader de I'UNAFEC. Pour Kyungu wa Kumwanza, le pillage systématique de nos ressources par ces pays prouve que l'objectif premier de cette guerre n'est nullement lié à une quelconque raison sécuritaire avancée par ces trois pays. Le rapport de la commission du Conseil de sécurité de l'Onu le démontre à suffisance, chiffres et statistiques à l'appui, soutient ce diplomate congolais. Il s'agit, dit-il, d'une guerre pour l'enrichissement pur et simple de certains cercles au pouvoir à Kampala, Kigali et Bujumbura.

Des criminels de guerre

Pour qu'un vrai dialogue ait lieu entre Congolais; la communauté internationale doit au préalable, souligne l'homme du Katanga, contraindre le Rwanda, le Burundi et l'Ouganda à quitter la RDC. « On ne peut sereinement dialoguer entre nous alors que la moitié du pays est sous la botte des étrangers ». Car, dit-il, le RCD et le FLC, qui obéissent aux diktats de leurs maîtres, ne participeraient à une telle rencontre que si les intérêts de ces derniers sont pris en compte. Dans ce cas, prévient-il, le dialogue intercongolais serait noyauté et piloté par les mêmes agresseurs.

L'ancien gouverneur du Katanga n'est pas naïf pour autant. S'il doute de la bonne foi de la communauté internationale s'agissant du règlement de la crise congolaise, il ne s'est pas empêché de lancer son cri de coeur, son interpellation à la même communauté internationale. « Je refuse de comprendre qu'après l'adoption par le Conseil de sécurité de plusieurs résolutions condamnant l'agression contre notre pays et exigeant le départ des agresseurs que ces pays puissent continuer à narguer aussi ouvertement la communauté internationale, au point d'organiser une nouvelle militarisation de la ville de Kisangani » regrette l'homme du Katanga. Il faut arrêter avec cette politique de deux poids deux mesures.

Kyungu wa Kumwanza souhaite donc qu'à l'instar du Koweït, la communauté internationale contraigne militairement le Rwanda, le Burundi et l'Ouganda à quitter notre pays. Lors de l'invasion du Koweït, rappelle-t-il, la Communauté internationale n'a pas attendu un mois pour obliger, par la force des armes, Saddam Hussein à abandonner ses rêves expansionnistes. En Yougoslavie, Milosevic est revenu à la raison lorsque les troupes de l'Otan l'ont arrosé d'obus. Et Kyungu de se demander pourquoi la communauté internationale, qui s'est autant acharnée contre Saddam Hussein et Milosevic laisse faire aujourd'hui Kagame, Museveni et Buyoya. «Ce sont des criminels de guerre dont la place se trouve à la Cour internationale de La Haye. »

Un sommet des pays des Grands lacs

S'agissant du dialogue intercongolais; l'orateur s'est dit partisan d'un dialogue regroupant uniquement le peuple congolais dans ses différentes composantes. Pour ce faire, Kyungu suggère que le peuple soit d'une manière ou d'une autre consulté pour désigner ses authentiques et légitimes délégués aux dites assises. Selon lui, le principal critère pour la participation au dialogue intercongolais doit être le peuple. Aujourd'hui, regrette-t-il, le peuple n'est malheureusement pas suffisamment associé aux différentes étapes de préparation de ce dialogue. Quant au facilitateur, Ket Masire, Kyungu lui reproche d'ignorer tout simplement le peuple et de travailler sur un agenda que personne ne connaît.

Le vice-président de l'Unafec, qui ne croit pas à la capacité de Ket Masire à réussir la tenue de ce dialogue propose une recette toute simple: l'organisation d'un sommet des pays des Grands lacs, avant la tenue du dialogue intercongolais. Thèse prônée par la France, un tel sommet, estime Kyungu wa Kumwanza, aura le mérite d'examiner l'ensemble des problèmes qui se posent à cette région et de favoriser la réconciliation de l'ensemble des peuples de la région des Grands Lacs. Ce sera, dit-il, une occasion pour obtenir sinon contraindre les agresseurs à partir.

Sortie en caravane motorisée

Un des leaders politiques populaires du Katanga, Kyungu wa Kumwanza se définit comme un défenseur acharné du fédéralisme. Co-fondateur de l'Uferi (Union des fédéralistes et des républicains indépendants), Kyungu wa Kumwanza occupe aujourd'hui la première vice-présidence d'un parti à tendance fédéraliste, l'Unafec. La sortie officielle, à Lubumbashi, de ce regroupement politique a eu lieu le 7 juillet dernier. La manifestation a drainé plusieurs milliers de sympathisants. A la tête d'un long cortège motorisé, l'ancien gouverneur du Katanga a parcouru l'ensemble des communes de la ville de Lubumbashi suscitant un grand espoir au sein de la population. "Ya leo, bunga itashuka" (traduisez les prix des cossettes de manioc vont baisser dès aujourd'hui), scandait une foule en liesse tout au long du cortège emprunté par celui qu'on appelle ici Mandela ou la force tranquille. Kyungu l'a effectivement prouvé, car dans son adresse de près d'une heure et trente minutes, il a demandé et obtenu la fin de la grève qui était observée dans la plupart des entreprises du Katanga.



Last edited: 07/05/2006 00:04:44

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