C’est depuis plusieurs mois déjŕ que court le dossier des agents licenciés abusivement de la Marsavco. Ce dossier dans lequel était intervenu le gouvernement qui avait du reste tranché en faveur des travailleurs, ne fait pas la préoccupation des responsables de l’entreprise. C’est cela qui est ŕ l’origine du sit-in des travailleurs, devant la vice-présidence chargé du social, envisagé pour ce jeudi 16 septembre
Dans sa livraison du 10 avril dernier, notre journal saisi par un collectif de travailleurs abusivement licenciés de la Marsavco dénonçait la non exécution délibérée de multiples résolutions du gouvernement en leur faveur. Et de nous demander alors qui, dans ce pays, pouvait avoir assez de culot pour se moquer aussi superbement d’un gouvernement central en piétinant ses décisions.
Autre sujet d’inquiétude évoqué : la position trčs troublante de Me Nkulu Kibombo, du fait du port de sa double casquette d’avocat conseil de l’entreprise dénoncée et d’actuel directeur-adjoint du cabinet du président de la République.
Position hybride qui attire tout naturellement des suspicions compréhensibles des ex-travailleurs ŕ propos de toutes les pesanteurs déplorées dans le rčglement du dossier.
La détermination des anciens employés est telle, avions-nous pronostiqué, que des rebondissements de tous ordres étaient prévisibles.
Voici qu’un sit-in des 802 travailleurs concernés, accompagnés de leurs membres de famille est annoncé ce jeudi devant le cabinet du vice-président de la République Arthur Z’Ahidi Ngoma et le ministčre du Travail. Selon un membre de l’organisation, le sit-in projeté marquera l’aboutissement d’une marche de protestation devant emprunter un long itinéraire avec une escale ŕ l’entrée du Palais de la Nation qui abrite le bureau du chef de l’Etat.
« Nous n’en serions pas arrivés jusqu’ŕ des manifestations publiques si l’autre partie ne s’illustrait pas par des atermoiements incompréhensibles », a fait remarquer le męme responsable du collectif.
En fait, en matičre de rebondissements, il faut signaler notamment le coup de pouce du vice-gouverneur de la ville Laurent Batumona, chargé justement de ce genre de questions au niveau de l’exécutif urbain.
Aprčs un examen approfondi des contours de ce conflit du travail qui lasse par sa durée, l’homme d’actions concrčtes de l’Hôtel de Ville ne s’est pas empęché de conduire en personne le collectif ŕ la direction de l’entreprise maintes fois épinglée par le gouvernement. Démarche payante, puisqu’au terme des pourparlers, le directeur général Radjesh Nambiar ŕ bout d’arguments promet, la main sur le coeur de vider le contentieux en payant 8 millions de dollars US sur un total de 14. Consentement des requérants, qui acceptent de passer l’éponge sur la bagatelle de 6 millions, sous l’oeil du médiateur satisfait de sa démarche de bons offices.
Malheureusement, la promesse (récente) non assortie d’un calendrier d’apurement demeurera lettre morte jusqu’ŕ ce jour.
Quelle honte pour son auteur, surtout que l’engagement a été fait en présence d’un témoin aussi honorable !
Les observateurs intéressés de cette partie de tragicomédie n’ont pas besoin d’un grand bagage de lucidité pour comprendre que la stratégie du statu quo prisée par les managers de la filiale néerlando-britannique UNILEVER, est le fait d’une protection par des parapluies politiques congolais. Ce qu’avait implicitement reconnu l’ambassadeur de Grande-Bretagne recevant une délégation des 802 infortunés, en faisant état de son « inquiétude devant l’incapacité du gouvernement congolais ŕ résoudre un différend aussi simple et inutilement long ».
1+4, réveillez-vous
Il faut absolument un bon sursaut d’orgueil au niveau du 1+4 congolais pour layer les effets monstrueux d’un tel discrédit découlant de pareilles prises de position de la part des personnalités aussi sérieuses que l’actuel chef de mission diplomatique de Grande-Bretagne.
Or qui dit « sursaut d’orgueil », songe ipso facto ŕ la carrure « normaliste » et « principičre » des hommes. Allusion donc au type de dirigeants trčs attachés aux principes et aux normes de progrčs telles que la cohérence, la transparence et la fidélité ŕ la parole donnée.
Type d’hommes certes rares actuellement en RD Congo, mais trouvables tout de męme ça et lŕ sur notre échiquier institutionnel réputé plutôt corrompu.
Peut-ętre que nos braves 802 ex-agents de Marsavco feraient-ils oeuvre utile en allant creuser du côté indiqué dans la maison 1±4.
En tout cas, de plus en plus d’observateurs internes et externes affirment que le chef de la commission politique du gouvernement a, en plus de sa cohérence d’esprit, l’avantage d’ętre un homme d’Etat direct et capable de débloquer les situations les plus difficiles.
Comme rien n’est fait jusqu’au moment oů nous mettions sous presse, des dérapages imprévisibles d’une marche avec un sit-in mal encadré risquent davantage de compliquer les choses.
Dans les milieux syndicaux, on dénonce les menaces de mort qui pčsent sur le président de la délégation syndicale de Marsavco, ses bourreaux ont échoué dans leur tentative de corruption.
Last edited: 07/05/2006 01:45:26