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Bonjour | 08/09/2008 0:17 | English Make DC Home page | RSS feed

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La vie qui se passe ŕ Goma donne des frisons ŕ ceux qui la vivent au loin. On croit que l’insécurité qui n’épargne aucun coin de la République, doit ętre davantage vécue ŕ Goma. Aussi curieux que cela paraisse, les habitants de Goma eux-męmes mčnent une vie normale et s’amusent normalement męme en pleine insécurité

De prime abord, un taximan relčve que, męme au plus fort moment de l’insécurité « trente minutes aprčs un crime, dű aux hommes armés, la circulation et la vie revenaient généralement ŕ la normale ». Et, trčs souvent, c’est seulement le quartier dans lequel le crime est commis qui est affecté. Le reste de la ville continue ŕ vaquer calmement ŕ ses occupations, renchérit un homme d’affaires. Habitués ŕ ces attaques armées, tant diurnes que nocturnes, certains habitants de Goma estiment męme qu’« ŕ Kinshasa, on extrapole souvent lorsqu’on parle de l’insécurité ŕ Goma ».

Vue de Kinshasa, Goma est une ville ŕ haut risque oů l’on peut se faire « refroidir » n’importe quand et n’importe oů. Les Kinois craignent pour leurs compatriotes résidant dans le chef-lieu du Nord-Kivu, ŕ cause de toutes ces informations alarmantes sur l’insécurité qui y sévit. Mais, aujourd’hui, la situation a positivement changé, au point que les « ambianceurs » n’hésitent pas ŕ rester męme jusque 4 heures du matin dans des dancing-clubs.

Interrogé ŕ ce sujet, le vice-gouverneur chargé des questions administratives, politiques et sociales, a souligné que « ça va mieux » pour le moment. « Sinon dans le temps, męme en pleine journée, on ne pouvait pas se promener paisiblement dans la ville », a indiqué Dieudonné Jacques Bakungu Mitondeke, tout en n’excluant pas l’éventualité de quelques poches d’insécurité ŕ la faveur de l’obscurité. Le vice-gouverneur met l’amélioration de la situation sécuritaire ŕ Goma ŕ l’actif du nouveau Commandant de la 8čme Région Militaire. M. Bakungu a loué l’esprit patriotique du général Amisi, alias Tango Fort, « qui a le souci des Congolais et sait que les choses doivent changer positivement ».

30 minutes aprčs un crime, tout rentre normal ! »

Ce tableau explique pourquoi les Gomatraciens « arrivent normalement ŕ mener leur vie. Nous en avons eu la preuve lors de notre dernier séjour dans cette ville, en fin aoűt 2005.

Une petite vadrouille effectuée durant la nuit, nous a permis de nous faire une petite idée de l’évolution positive de la situation sur le terrain.

De prime abord, un taximan relčve que, męme au plus fort moment de l’insécurité, « trente minutes aprčs un crime, dű aux hommes armés, la circulation et la vie redevenaient généralement normales ». Et, trčs souvent, c’est seulement le quartier dans lequel le crime est commis qui est affecté. Le reste de la ville continue ŕ vaquer calmement ŕ ses occupations, renchérit un homme d’affaires. Habitués ŕ ces attaques armées, tant diurnes que nocturnes, certains habitants de Goma estiment męme qu’« ŕ Kinshasa, on extrapole souvent lorsqu’on parle de l’insécurité ŕ Goma.

On croirait qu’ici, nous nous terrons dčs la tombée de la nuit, sourit le conducteur d’un taxi-moto, attendant calmement des clients au-delŕ de minuit devant un dancing-club.

Vendredi 26 aoűt dernier, nous avons décidé de faire le tour de trois débits de boisson. Entre 18 et 20 heures, « Sun City » installé au quartier Katindo, était déjŕ plein ŕ 90%. La bičre y coulait ŕ flot. Malgré la bonne musique distillée, la piste n’avait pas encore été prise d’assaut ; les gens préférant boire et manger.

Au « Cap Sud 2 », toujours au quartier Katindo, dans la cité, les adeptes de Bacchus continuaient de « s’organiser » sérieusement quand nous le quittions vers 23 heures.

A cette heure, et ŕ la différence de deux autres débits de boisson déjŕ visités, l’ambiance était déjŕ électrisée au dancing-club « Dallas » du centre-ville. Prčs d’une centaine de jeunes, déployés dans les deux compartiments du dancing, se laissaient aller ŕ la danse. Les chansons tirées des albums Alerte Générale et Monde arabe, tout comme des opus en swahili venus de l’Afrique de l’Est, étaient ŕ la base des déhanchements spectaculaires, mettant en valeur l’arričre-train comme si la vie des danseurs en dépendait.

La bičre est vendue ŕ 2,5 dollars. Dans le lot, au moins une dizaine de filles attendant d’éventuels « clients » prenaient leur mal en patience devant des bouteilles de sucrées ou de bičre placées devant elles, mais auxquelles elles ne touchaient pas.

La nuit, comme tous les chats sont gris, dit-on, il y a dans les dancing-clubs de Goma d’autres filles venues de Gisenyi, la ville rwandaise voisine nous affirmera un garçon. Il y en a de tous les « calibres « ... » Ici, nous nous égayons męme jusque quatre heures du matin », martčlera un quadragénaire, qui donnait l’air de s’y connaître. « Et, les taxi-motos sont toujours devant chaque dancing-club, pręts ŕ vous ramener chez vous. Evidement, la course augmente légčrement si vous allez trčs loin dans la cité », ajoutera-t-il. Comme pour dire qu’il n’y a pas que les Kinois qui savent « vivre ».

lieutenant Kasongo Kasegez de la Garde rapprochée du Chef de l’Etat abattu par des hommes armés ŕ Ngaliema

La Voix des Sans-Voix pour les droits de l’homme (VSV) est vivement inquičte suite ŕ la recrudescence de cas d’agression et de meurtre perpétrés ce dernier temps ŕ Kinshasa et dont les auteurs se recrutent parmi des hommes armés vętus en uniforme militaire.

Dans la nuit du samedi 03 septembre 2005 vers 22 heures, deux hommes non autrement identifiés en uniforme militaire ont intercepté le lieutenant Kasongo Kasegez Kass de la Garde Républicaine (GR ex-GSSP) au niveau de l’avenue Lokumu, Q. Musey, ŕ Kinshasa/Ngaliema ŕ 70 m de chez lui. Le précité vętu en tenue civile revenait du service et regagnait son domicile, sis avenue Mama Yemo dans la męme commune.

Les deux malfrats conversant en swahili ont voulu connaître l’identité de la personne qu’ils ont interpellée et lui ont exigé de l’argent. Lieutenant Kasongo propose ŕ ces bourreaux le téléphone portable qu’il portait. Ces derniers rejettent la proposition et menacent le lieutenant de mort. Au terme d’une vive discussion et en dépit de toute supplication, deux balles sont tirées en direction du lieutenant Kasongo, au dos aprčs que les deux hommes armés ont feint de le relâcher. En ce moment, plusieurs témoins suivaient de loin la scčne.

Avant de prendre le large, les criminels ont emporté son appareil téléphone portable, la carte de service militaire de la victime, sa paire de chaussures, de l’argent et autres effets personnels soutirés de poches. La dépouille restée sur le lieu du crime toute la nuit n’a été levée que le matin du jour suivant pour ętre acheminée ŕ la morgue de l’hôpital général de référence de Kinshasa (ex-Mama Yemo) sur ordre du commandant de la police du sous-commissariat de Sola ŕ Ngaliema. Aucun rapport d’enquęte n’a été préalablement établi ŕ ce sujet.

Lieutenant Kasongo Kasegez Kass ferait partie de la garde rapprochée du Chef de l’Etat, Général Major Joseph Kabila. Celui-ci aurait souhaité le transfert de la dépouille de la victime ŕ Lubumbashi, province du Katanga pour l’inhumation.

Sur un autre registre, un autre crime a été perpétré la męme nuit vers 23 heures par des hommes armés non autrement identifiés portant l’uniforme militaire. Ceux-ci se sont attaqués ŕ M. Bienvenu Mollah, domicilié sur l’avenue de l’Ecole ŕ Kinshasa/Ngaliema et qu’ils ont agressé en lui tirant de balles ŕ bout portant non loin de l’Eglise Saint Damien, au camp Docteurs, ex-Mimosa aprčs une brčve altercation.

La victime gričvement touchée a été évacuée vers l’hôpital général de référence de Kinshasa, pavillon 4 oů elle est abandonnée ŕ son triste sort faute d’argent pour une intervention chirurgicale.

Eu égard ŕ ce qui précčde, la VSV exige du gouvernement congolais l’ouverture d’une enquęte indépendante sur ces meurtres perpétrés par des hommes en uniforme de la Garde républicaine, en vue d’établir les responsabilités, de sanctionner les personnes mises en cause et de dédommager les victimes ou leurs familles.

Fait ŕ Kinshasa, le 08 septembre 2005.

La Voix des Sans-Voix pour les droits de l’homme (vsv)

(FP)



Last edited: 07/05/2006 01:45:14

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