Le dossier des Forces Démocratiques pour la Libération du Rwanda (FDLR), groupes de rebelles rwandais installés depuis les lendemains du génocide rwandais de 1994, et dont la présence a servi de prétexte aux invasions du territoire congolais par l’Armée Patriotique Rwandaise (APR), a fait l’objet d’un traitement particulier ŕ Kigali les 24 et 25 aoűt 2005. Une tripartite RDC – Rwanda - Ouganda, convoquée pour résoudre les problčmes sécuritaires dans la région, a débouché sur un ensemble de décisions dont la plus importante consiste en la réactivation des Accords de Rome qui avaient abouti, en mars 2005, ŕ l’engagement des FDLR a mettre fin ŕ la lutte armée contre Kigali et ŕ regagner pacifiquement le Rwanda.

La République Démocratique du Congo a été chargée de reprendre contact avec es rebelles rwandais afin de les convaincre, d’ici au 30 septembre 2005, de déposer les armes et de retourner au Rwanda, conformément ŕ l’esprit des engagements de Rome, selon le ministre Congolais de la Coopération Régionale, Antipas Mbusa Nyamuisi.

Le plénipotentiaire Congolais, qui a expliqué aux rédactions de La Tribune de la Nation que beaucoup parmi les rebelles rwandais des FDLR sont disposes ŕ retourner sans condition au Rwanda, a introduit rapports et dossier complet relatif au rapatriement de ces rebelles auprčs des services compétents de la présidence aussitôt rentré de Kigali. « Il est possible de rapatrier plusieurs centaines avant la prochaine assemblée générale de l’ONU », a indiqué Mbusa Nyamuisi, tout en précisant qu’en cas de refus, il sera fait usage de la force.

La rencontre de Kigali a débouché sur des décisions susceptibles d’aider la RD Congo ŕ faire face ŕ l’éventualité d’un rapatriement force des FDLR aprčs le délai butoir du 30 septembre 2005. Notamment, solliciter une aide des bailleurs de fonds pour appuyer la logistique des Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC), ainsi qu’un renforcement du mandat de la Monuc (Mission des Nations Unies au Congo) consistant ŕ l’extension de l’usage de la force aux provinces du Kivu (Nord et Sud). Kigali a également propose ŕ la communauté internationale d’interdire d’accčs aux médias du monde entier les forces négatives opérant ŕ l’Est de la RDC qui n’auraient pas déposé les armes ŕ l’expiration de l’ultimatum, des mesures de restriction des libertés pour leurs dirigeants connus, ainsi leur inscription sur la liste des groupes terroristes reconnus et pourchassés ŕ travers le monde.

La tripartite de Kigali a également procédé ŕ la définition du concept opérationnel de la Cellule de Fusion de Renseignements réunissant les services des trois pays, qui sera bientôt installée ŕ Kisangani, le chef lieu de la province Orientale. Les membres de la cellule provenant de la RDC, du Rwanda, et de l’Ouganda, recevront une formation appropriée qui sera assurée par les USA aux fins de détecter, de traquer et de mettre hors d’état de nuire les forces négatives opérant dans la région. Les travaux de réfection des bâtiments destines ŕ abriter la cellule avancent rapidement, a encore renseigné le ministre de la coopération régionale.

Estimés entre 10.000 et 12.000 hommes, les FDLR sont éparpillés dans les régions du Nord et du Sud Kivu. Dans cette derničre province, les rebelles Hutu rwandais se sont récemment illustrés par des exactions d’une rare cruauté contre les populations civiles Congolaises, qui décidé la Monuc ŕ mener conjointement avec les Fardc, deux opérations musclées de destructions de leurs camps.

Mais des interrogations demeurent quant ŕ la paternité des certaines atrocités attribuées aux FDLR. Une enquęte récente de la Monuc, relative aux massacres perpétrés dans un village du Sud Kivu, n’a pu établir la participation des rebelles ŕ l’opération sanglante qui avait abouti ŕ l’assassinat d’une dizaine de civils, fin juin-début juillet 2005. Des témoins contactés dans la région par nos rédactions soutiennent que Kigali manipule des groupuscules au sein des FDLR, les rebelles étant divisés entre ceux qui sont pręts au rapatriement sans condition et ceux qui posent des préalables au retour au pays.

« Les FDLR ne tirent aucun intéręt des crimes commis contre les populations civiles, qui ne peuvent que leur attirer des ennuis avec la communauté internationale », explique un officier Fardc, ex-rebelle dans la région. Les trois quarts de troupes FDLR sont bases au Nord Kivu, dans les forets aux alentours du territoire de Lubero, oů la Monuc avait installe depuis 2003 un camp de transit dans le cadre d’une opération de rapatriement volontaire qui n’a gučre connu de succčs.

Au Sud-Kivu ne se retrouve que le quart des troupes rebelles accusés de génocide par Kigali. La tripartite de Kigali semble avoir pris, ŕ l’instigation de la partie congolaise instruite par le ministčre de la Coopération régionale, le parti réaliste de séparer les rebelles Fdlr pręts au rapatriement immédiat et sans condition de ceux qui le sont moins.

(FP)