Rien n’a marché de toutes les stratégies mises en marche par l’Hôtel de Ville de Kinshasa pour assainir la ville. C’est pourquoi, 3000 militaires des Forces Armées Congolaises sont actuellement sur le terrain pour des travaux d’assainissement. Pourront-ils réussir lŕ oů le gouvernorat a échoué ?
Véritable insolite, dira-t-on. Mais les observateurs avertis parlent de l’aveu d’impuissance du gouverneur de la ville de Kinshasa et du déclin atteint par les différentes opérations initiées pour assainir Kinshasa.
Depuis prčs de cinq jours, 3000 combattants des FARDC (Forces armées de la République démocratique du Congo) sont mobilisés le long du boulevard Lumumba pour la réalisation des grands travaux d’assainissement. Ces éléments des FARDC qui ont été secoués par le commandant des Forces aériennes congolaises, le général-major John Numbi sont en train d’abattre un travail de fourmis. Non seulement le curage des caniveaux est systématique, mais bien plus, la chasse aux sachets se porte ŕ merveille.
Avec un budget de l’ordre de 13 millions de dollars américains, la Présidence de la République et le ministčre des Travaux Publics et Infrastructures viennent de s’engager dans la lutte contre l’insalubrité dans la ville-province de Kinshasa tout en mettant fin aux commérages des services de l’Hôtel de Ville. Cette éničme opération témoigne encore une fois de plus, la volonté politique du chef de l’Etat de voir Kinshasa revętir sa plus belle robe d’antan. Au moment oů cette opération est en train de prendre corps, plusieurs interrogations demeurent suspendues sur les lčvres des Kinoises et Kinois. Oů est passée la brigade urbaine de salubrité publique de l’Hôtel de Ville ? Quid des nombreuses recettes générées par l’Hôtel de Ville ŕ travers les marchés kinois pour concourir ŕ l’assainissement de la ville ? Les FARDC et l’Hôtel de Ville, travaillent-ils en partenariat ? Et si oui, quelle est l’enveloppe défalquée par la mairie de Kinshasa ? Y aura-t-il un véritable impact ŕ l’issue de ce Coup de poing bis ?
De l’avis des spécialistes, toutes les réponses ŕ ces questions ne peuvent relever que de l’imaginaire des initiateurs, car en réalité, il s’agit du replâtrage et de l’engloutissement inutile des fonds du Trésor public.
Le ridicule ne tue pas
Des cantonniers, des mamans Bopeto de Masina, des fidčles de la Cité Béthel en passant par d’autres temporaires et journaliers, tous ont répondu ŕ l’appel du gouverneur de la ville de Kinshasa. Le constat amer et bizarre fait est que Kinshasa demeure la ville la plus sale du monde. Les différentes opérations menées tambour battant par les locataires de l’Hôtel de Ville n’ont jamais produit des résultats positifs.
En faisant appel aujourd’hui au génie militaire, l’essoufflement du gestionnaire de la ville est ŕ son comble et la nécessité d’une relčve s’impose. Avec une prime qui s’élčverait ŕ 1000 FC double d’un déjeuner équivalant ŕ 1 dollar au quotidien et par élément, toutes les bonnes consciences sont d’avis que la place de l’autorité provinciale devient caduque en matičre de la lutte contre l’insalubrité.
Cependant, sous d’autres cieux, la dynamique que vient d’amorcer les éléments des FARDC en synergie avec l’Hôtel de Ville devra normalement converger vers une mise en place des structures de surveillance permanente pour que les erreurs d’hier ne puissent se répéter. La crainte qu’incarne actuellement les combattants des FARDC vis-ŕ-vis de l’opinion publique ŕ travers ce qu’ils sont en train de faire serait une des panacées en ceci que d’autres mesures d’accompagnement doivent ętre suivies.
Partant des expériences burkinabé et namibienne, car disposant des capitales les plus propres en Afrique, il importe que l’Hôtel de Ville envisage une sorte de contrat social entre la police d’hygične et les habitants. Ce cadre qui a donné des résultats dans ces deux capitales aura comme socle, la vaste campagne de sensibilisation des habitants en matičre de la gestion des ordures ménagčres, et ce, au regard des amendes transactionnelles qui peuvent en découler en cas de violation du contrat.
Kinshasa, ŕ travers ses locataires gouverneurs, n’a toujours pas mis en place un plan directeur exclusivement axé sur l’assainissement. A l’heure qu’il est, les efforts de la Présidence et du ministčre des Travaux publics et Infrastructures sont louables, mais les gestionnaires de l’Hôtel de Ville ne rassurent pas.
Last edited: 07/05/2006 01:43:31