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Le Fmi accordera ŕ la Rdc ŕ partir de septembre prochain une enveloppe de l’ordre de 90 millions Usd ŕ titre d’appui budgétaire

L’analyse des données relatives ŕ la situation financičre et monétaire de la République démocratique du Congo (Rdc), arrętée par la Banque centrale du Congo (Bcc) au 19 aoűt 2005, donne une pile d’informations sur l’évolution des Finances publiques dans ses « Notes de conjoncture du 19 aoűt 2005 ». La premičre lecture de ces chiffres pourrait faire resurgir des questions demeurées sans réponse au niveau de la Commission économique et financičre du gouvernement. Joint par la rédaction du Potentiel, le ministre du Budget François Mwamba a fourni des précisions sur l’état des rapports entre le Fonds monétaire international et la République démocratique du Congo aprčs le passage de la derničre mission d’évaluation de cette institution de Bretton Woods.

Le Fmi accordera ŕ la Rdc ŕ partir de septembre prochain une enveloppe de l’ordre 90 millions Usd ŕ titre d’appui budgétaire. Est-ce le signe d’un bon comportement des Finances publiques ? Difficile de répondre par l’affirmative dans la mesure oů les tableaux publiés par la Banque centrale du Congo soulčve des préoccupations.

Le déficit important du mois de juin

Le mois de juin 2005 s’était soldé par le plus important déficit jamais réalisé depuis janvier 2005, soit 22,759 milliards de Franc congolais, proche du déficit cumulé de 28,660 milliards de Franc congolais enregistré ŕ fin décembre 2004. Il est clair que le gouvernement a dű dépenser bien au-delŕ de ses recettes courantes.

Dans les milieux gouvernementaux, ce solde déficitaire est expliqué par le fait de la « psychose du 30 juin 2005 ». Vrai ou faux ? Plusieurs observateurs continuent ŕ s’y interroger. Mais l’on soutient que pour prévenir des événements dramatiques qui auraient découlé de cette psychose du 30 juin, et en męme temps rassurer la population, le gouvernement aurait mis au placard le précepte de dépenser sur base caisse, tel que recommandé par l’accord de coopération qui lie la Rdc aux Institutions de Bretton Woods. Ce qui a dégagé un déficit budgétaire d’environ 22 milliards Fc au mois de juin.

En effet, sur les 50 milliards de Fc dépensés en juin 2005, 18,752 milliards ont été affectés aux rémunérations 15,994 milliards aux frais de fonctionnement et 6,349 milliards sont allés au titre des services de la dette extérieure. Le reste a échappé ŕ la chaîne de dépenses pour des raisons sécuritaires.

Par ailleurs, le cumul de sept premiers mois de cette année renseigne sur des dépenses publiques de l’ordre de 236,617 milliards Fc, lesquelles sont ventilées entre les rémunérations (66,207 milliards Fc), les frais de fonctionnement (96,152 milliards Fc) et le paiement au titre de services de la dette (33,149 milliards Fc). Le total de cette ventilation laisse paraître un écart de plus de 41 milliards Fc des dépenses non ventilées, donc supposées réalisées en dehors de tout circuit officiel. Peut-on relever que cet écart est dű au paiement effectué par la Banque centrale hors chaîne, c’est-ŕ-dire, tenant compte des relations « Finances-Banque centrale »?

Les précisions du ministre du budget

Contacté ŕ ce sujet par Le Potentiel pour commenter les données de la Banque centrale, le ministre du Budget, Mwamba, d’un ton rassurant, a précisé que ce tableau ne reprend que les grandes rubriques et que la situation n’est pas du tout alarmante.

Nonobstant le déficit relevé au mois de juin en vue de rassurer la population, le gouvernement est parvenu ŕ équilibrer les choses en se ressaisissant par rapport aux recommandations du Fmi.

Résultat : la Rdc est ŕ nouveau en phase avec les institutions de Bretton Woods. Son dossier sera examiné ŕ la prochaine réunion de septembre ŕ New York. En attendant, l’annonce de bonnes dispositions du Fmi pourrait tomber ŕ partir de ce lundi. Notre pays va bénéficier, au titre d’appui budgétaire, de 90 millions de dollars Usd. 42.500 millions Usd seront consacrés ŕ la dette intérieure. Ce qui permettra ŕ la Fec de relancer le programme de production nationale. 47.500 millions Usd sont destinés ŕ la Fonction publique.

Selon le ministre du Budget, la condition exigée pour accéder ŕ ces facilités, a été remplie. Elle consistait ŕ transmettre au Fmi les états de suivi budgétaires (Evb), particuličrement pour ce qui est du mois de mai 2005. Depuis vendredi dernier, a affirmé le ministre Mwamba, la Rdc a transmis, non seulement les états de suivi budgétaire du mois de mai, mais également ceux de juin 2005.

Ces conditions réunies, la Rdc peut, en marge de l’Assemblée générale des institutions de Bretton Woods, accéder ŕ d’autres facilités. Le ministre des Finances qui assistera du 23 au 24 septembre prochain ŕ cette assemblée générale du Fmi reviendra incontestablement avec un chčque de 75 millions Usd. Ainsi, a en croire François Mwamba, la Rdc est sur la bonne voie.

Privilégier le social

Puisqu’il en est ainsi, il y a lieu que le Gouvernement songe ŕ privilégier le social. En effet, l’exécution du budget 2005, du moins jusqu’au mois de juillet, contredit les discours publics en faveur du social. Ce budget pčche par une injustice criante en défaveur de la population. La plus importante portion des crédits budgétaires sont consacrés aux frais de fonctionnement des institutions et organes politiques de la Transition. Pour les sept premiers mois de cette année, l’Etat a dépensé 96,152 milliards Fc pour le fonctionnement des institutions contre ŕ peine 66 milliards Fc pour les rémunérations, généralement payées avec plusieurs mois de différé. Les augmentations annoncées et convenues dans le cadre de l’accord de Mbudi, se font attendre. Ou alors ells sont exécutées par des paliers non négociés avec les bénéficiaires. Déjŕ, la rentrée scolaire 2005-2006 est donnée pour hypothétique ŕ cause de cette absence de contrat social fiable entre le gouvernement et ses employés.

Il paraît de plus en plus qu’en Rdc, le budget de l’Etat n’est nullement un instrument de politique économique mais plutôt un simple instrument soumis totalement aux pressions politiques. Alors qu’il devrait traduire l’expression du rôle économique de l’Etat, incarner l’ensemble de ses interventions dans le domaine économique et Social, visant ŕ garantir un niveau minimum de bien-ętre ŕ l’ensemble de la population. Cela, en assurant une large redistribution des revenus au niveau national.

Devant ces signaux positifs du Fmi et de la Banque mondiale, le moment est venu de faire preuve de bonne gestion en s’en tenant ŕ l’orthodoxie financičre. Que les dépenses dites de souveraineté ne se traduisent pas en des dépenses ostentatoires, aliénant des dépenses de reconstruction nationale.

La bonne gestion devra ętre soutenue par une bonne gouvernance politique afin d’éviter des psychoses du genre de « 30 juin 2005 » qui pourraient se répéter et donner l’occasion ŕ la saignée inconsidérée des Finances publiques.

(Jdn)



Last edited: 07/05/2006 01:43:21

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