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Venus sous la couverture des affaires, pour les uns, et du tourisme pour les autres, des sujets nigérians ont vite intéressé certains opérateurs économiques congolais ŕ la magie de la multiplication des billets de banque. Ceux qui étaient tentés par le gain facile, ont été escroqués et ruinés

Depuis que les Kinois ręvent de gain facile et d’enrichissement illicite, la ville est truffée d’escrocs qui ont fait de la contrefaçon de la monnaie leur activité de prédilection. En effet, depuis bientôt 20 ans, plusieurs réseaux de contrefaçon des billets de monnaie ont transformé certains appartements du centre-ville en mini hôtels de monnaie.

Beaucoup d’hommes et femmes d’affaires, directeurs des entreprises privées tentés par cette expérience, se sont ruinés en un clin d’śil, ils ont perdu leurs économies, revendant quelques fois leurs habitations dans l’espoir d’en acquérir plus. Mais ils se sont retrouvés aussi pauvres que Job.

Un contrefacteur livre ses secrets

Lado-Lado alias « Mister » est tombé jeudi dernier, dans les filets des services d’enquętes de l’Inspection de la police provinciale qui le traquait ŕ Matongo oů il avait l’habitude d’accueillir ses victimes. C’est sur plainte de Daniel Mavungu. On l’a surpris dans un bar de l’avenue Oshwe en compagnie dune jeune femme. Il avait sur lui une grosse mallette contenant des produits chimiques et quelques papiers nobles, qui représentent autant des pičces ŕ conviction. Ses complices actuellement recherchés par la police, sont encore en cavale.

Déferré au parquet de grande instance de la Gombe, cet escroc trčs doué se retrouve aujourd’hui en détention préventive au Centre pénitentiaire et de rééducation de Kinshasa oů il attend que la justice puisse décider de son sort. Ce jeune homme âge ŕ peine d’une vingtaine d’années, ŕ selon ses aveux, côtoyé quelques grands contrefacteurs auprčs de qui il a appris les ficelles du métier. A 22 ans, Lado-Lado a vu des escrocs s’enrichir. Sa méthode n’a rien d’alchimie, mais a tout d’un tour de prestidigitation.

Avant tout, sa bande composée de quatre membres se renseigne d’abord sur les avoirs de leur victime. Cette derničre est approchée par un commissionnaire au verbe facile et trčs persuasif. Des que la personne marque son accord, Mister X se présente ŕ son domicile pour un essai.

Le test démarre avec de petits montants de 500 ŕ 1.000 dollars. Mister X demande un bassin d’eau, puis y verse des produits, chimiques qui vont colorer la solution et l’assombrir. Si la commande porte sur 500 dollars, il lui faut 5 billets de 100 dollars. L’homme est toujours habillé en chemise ŕ manches longues et sur les poignets. Des bandes élastiques retiennent les 5 billets de devise.

La séance commence par quelques incantations dans une langue incompréhensible. Le « maître » invoque des esprits pour exaucer la demande de son disciple Mister X en faveur de la victime. Pendant que ses mains sont plongées dans cette solution sombre, ses doigts vont détacher ŕ l’ombre des regards, les 5 billets retenus par les bandes élastiques. Tantôt il ressort les mains, tantôt il les replonge dans la solution. Soudain, il s’écrie « le miracle est accompli ».

Enfin, il ressort les premiers cinq billets lui remis par la victime. Et puis ses cinq billets de devise. Devant cette démonstration frappante, la victime est éblouie. Elle s’empresse de proposer la multiplication des billets de banque pour des montants plus importants. Et c’est en ce moment que la bande d’escrocs va recourir aux produits chimiques, aux papiers nobles et autres matičres, pour réaliser l’expérience.

Généralement, a indiqué Lado-Lado, les produits chimiques achetés par la victime sont entreposés dans un réfrigérateur chez elle avec pour consigne de ne pas les exposer au soleil ou ŕ la lumičre. Les produits mélanges qui ne supportent pas le froid, subissent des réactions chimiques. Deux jours plus tard, le contenu s’est évaporé.

Au retour de la bande pour la seconde expérience, la baisse des produits ne permettra pas ŕ Mister X d’organiser la séance, d’oů il exigera d’acheter de nouveaux produits. Et ce sont de nouvelles dépenses. Quand la bande verra que la victime veut découvrir la supercherie, elle va faire intervenir des officiers militaires. Ces derniers, dont l’identité n’a pas été révélée, enverront des militaires pour surprendre les escrocs et leur victime. Arrestation suivie d’un interrogatoire serré. Mister X révélera męme que l’OPJ enquęteur menacera la victime d’appeler la télévision pour la filmer en compagnie des escrocs. Chose que cette derničre ne digérera pas, préférant payer des amendes et oublier l’incident.

Entretemps, les escrocs resteront écroués pendant un temps avant d’ętre relâchés. Aprčs leur libération, ils disparaîtront de la ville.

Les réseaux nigérien et ivoirien

Venus sous la couverture des affaires, pour les uns, et du tourisme d’autres, des suets nigériens ont vite intéressé certains opérateurs économiques Congolais ŕ la magie de la multiplication des billets de banque. Ceux qui étaient tentés par le gain facile, ont été escroqués et ruinés.

Selon une source policičre, un certain John Obaso Kpenu, I’homme aux multiples identités, opérant au Bon marché, est de ces contrefacteurs qui avaient fait la pluie et le beau temps dans la ville de Kinshasa. Aprčs avoir escroqué des sommes importantes d’argent, l’homme ne fut plus en mesure de satisfaire sa clientčle. Non seulement les produits conserves chez ses victimes étaient abîmés, mais en outre, la victime ne parvenait plus ŕ respecter les exigences des membres du réseau.

Cet escroc et sa bande ont quitté Kinshasa sur la pointe des pieds, laissant derričre eux, pleurs et la désolation. Kinshasa a enregistré aussi des coups d’un réseau ivoirien. Dans les années 90, ce réseau avait fait parler de lui ŕ Matonge.

Quelques trafiquants de diamants entraînés dans ce secteur, aprčs l’effondrement des cours de cette pierre précieuse, avaient cru trouver dans la multiplication de la monnaie, une véritable planche de salut. Erreur. Aprčs quelques essais réussis, ils avaient englouti des sommes avoisinant les 100.000 dollars. Cissé, le chef de ce réseau, avait fui des qu’il avait senti qu’il ait traqué de toutes parts.

Les responsables de la BCC résolument engagés dans la lutte contre la contrefaçon

L’un des attributs de la souveraineté d’un Etat, la monnaie est protégée par divers instruments juridiques. Enfreindre la panoplie des textes légaux assurant sa protection, expose ses auteurs aux sanctions pénales. Voilŕ pourquoi sur chaque billet de banque, cette disposition légale est rappelée. « Tout contrefacteur est puni de servitude pénale ».

C’est ainsi qu’il revient ŕ la seule autorité monétaire de battre la monnaie, de veiller ŕ sa circulation dans un territoire ainsi qu’ŕ son mouvement dans le circuit financier. La contrefaçon des billets de banque constitue un phénomčne qui déstabilise la monnaie, sape l’action du gouvernement et brise la confiance des usagers. Dans tous les pays du monde, la législation monétaire ŕ toujours été renforcée pour assurer une protection maximale de la monnaie. C’est ce qui explique la forte sécurité qui entoure les imprimeries de billets de banque et autres documents de valeur.

On se rappellera que notre pays a organisé derničrement les assises de l’Association africaine des imprimeries des billets de banque et des documents de valeur. Un accent particulier a été mis sur les nouvelles méthodes de sécurisation de la monnaie et des documents de valeur et les nouveaux produits. Le patron de la BCC a ŕ cette occasion, réaffirmé la détermination de la Banque Centrale ŕ garantir une sécurité maximale aux billets de banque, notamment par l’acquisition de nouveaux matériels, le renforcement des capacités des agents de l’Hôtel des monnaies et leur soutien ŕ la lutte contre la contrefaçon.

Le gouverneur Jean-CIaude Masangu qui s’est toujours consacré corps et âme ŕ la stabilisation du Francs Congolais, dont il entend assurer une santé excellente par de solides mesures d’encadrement, fait de la lutté contre la contrefaçon des billets de monnaie, son cheval de bataille.

Si le phénomčne n’est pas développé en RDC, il nous faut reconnaître les mérites des responsables de l’Institut d’émission dans la réalisation des missions dévolues ŕ la BCC.

(FP)



Last edited: 07/05/2006 01:42:59

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