Trop de pesanteurs font craindre que les élections tant espérées ne puissent se dérouler ŕ l’échéance de juin 2006. Les vols de matériel électoral en Ituri, les difficultés matérielles, les entraves sécuritaires dans les deux provinces du Kivu et les violences entre factions politiques rivales pourraient entraver le déroulement des scrutins
Un honorable député, en vacances parlementaires qui a requis anonymat et approche par notre journal a révélé : « Dans notre pays, les choses se tirent toujours en longueur. Et il serait difficile de prédire que le tout pourrait démarrer au mois de juin : 2006 et ŕ l’heure d’horloge.
Et si rien n’était ait, qu’adviendrait-il ? La réponse est tout indiquée ; « Le pays serait sans institutions et les autours se plongeaient pour cueillir allégrement le pouvoir. Le pays doit éviter ainsi ce genre de catastrophe devant ce qui se dessine aux firmaments.
En effet, depuis des derniers jours, des quiétudes planent autour de ce qui devait apporter comme stimulus aux scrutins prochains ; tels sont les cas les vols des matériels électoraux ŕ l’Est du pays et le boycott ŕ Mbuji-Mayi.
Des informations en notre possession et confirmées par l’Agence Congolaise de presse indiquent que huit groupes électrogčnes de 1,5 KVA ont été volés dans la nuit du mardi ŕ mercredi 3 aoűt dernier sur l’axe Bunia - Tshomia, dans la province Oriental. Ces groupes, ont révélé ces sources, étaient destinés aux centres d’inscriptions situés le long du lac Albert, dans le groupement Tshomia, territoire le Djugu, dans le district de l’Ituri. Ce matériel se trouvait ŕ bord d’un pick-up pris en location et convoyé par 6 personnes, dont un agent du bureau de liaison de la CEI de Bunia. Toutes ces personnes seraient aux arręts, mais l’on ne précise pas ce qu’adviendrait ŕ ces groupes électrogčnes, pourtant trčs indispensables ŕ l’intérieur du pays qui n’a jamais eu d’électricité conséquente.
Un autre cas, et non le moindre, c’est cette tentative d’incendie dans un centre d’identification et d’enrôlement des électeurs ŕ Mbuji-Mayi. En effet, mardi dernier, un incident s’est produit dans un centre d’inscription et d’enrôlement des électeurs Mbuji-Mayi, dans la province du Kasaď Oriental, avait rapporté une chaîne de radio périphérique.
Cet incident qui est survenu deux jours aprčs le lancement du coup d’envoi, par le président de la CEP des opérations préélectorales dans cette partie de la République, a été provoqué par un groupe des inciviques non autrement identifies.
Selon cette source, ces inciviques auraient jeté, ŕ l’insu des éléments de la police nationale préposes ŕ ce centre d’intensification, des sachets contenant de l’essence ŕ côté des liges d’allumettes, provoquant ainsi un incendie et une explosion. Cet incendie, a précisé cette source, a été maîtrisé quelques minutes plus tard. Heureusement, aucune perte en vies humaines ou dégâts maternels n’ont été signalés.
A Kinshasa et, plus précisément dans la commune de Matete, tout le Kit destine aux opérations d’enrôlement et d’enregistrement a été emporte par des inciviques, alors qu’il y avait des gardes de la police commis ŕ cet endroit pour protéger l’ensemble du bureau.
Interrogé quelques jours plus tard, l’Abbé Malu-Malu a relativisé les faits pour démentir honteusement qu’il n’y avait rien eu.
A Mbuji-Mayi, la capitale diamantifčre, tout ne se passe pas comme ŕ la roulette. Le matériel électoral arrive ŕ compte-gouttes tandis que la formation des agents commis aux opérations piétine, alors elle piétiné vraiment.
Il a fallu que la Commission électorale indépendante (CEI) « importe » de Kinshasa une cinquantaine d’opérateurs de saisie pour parer au plus presse.
Toujours dans le chef-lieu du Kasaď-Oriental, des inscriptions ont appelé au boycott des élections. Ces inscriptions se retrouvent dans certaines antennes de l’UDPS, partie de Etienne Tshisekedi. Une tentative d’incendié criminel d’un centre d’inscription a été également signalée ce week-end. Pendant ce temps, dans le district de Sankuru, les populations éprouvent leurs premičres difficultés pour se faire enrôler.
« N’allez plus vous faire identifier ni enrôler ». Des écrits sur un tableau devant le bureau d’une antenne de l’UDPS/Mansaka, sur l’avenue Katombe dans la commune de Djulu. Le męme discours a été répercuté sur une chaîne de radio-télévision locale par Jean-Pierre Dikoma, président provincial de la jeunesse de ce parti politique. Il a dit attendre un mot d’ordre du comite politique national pour changer de décision.
Des avis sont partages au sein de la population. Les uns disent suivre le mot d’ordre, les autres préfčrent s’enrôler sans vouloir participer plus tard aux élections. L’essentiel étant, pour eux, d’avoir la carte d’électeur qui fait office de carte d’identité. Pour d’autres encore, il n’y a pas d’autre alternative que les élections.
Pour Hubert Tshisuaka, coordonnateur provincial de la CEI, toutes ces réactions sont l’expression de la démocratie. Il rappelle toutefois ŕ la population que voter est un devoir civique.
Par ailleurs, un incendie a été évité de justesse au centre d’inscription de l’école primaire Bubanji Nkesha dans la commune de Dibindi. Cette tentative d’incendie criminel a fait quatre blesses légers, deux tables et deux chaises brűlées.
Selon des témoins, l’acte a été commis par deux hommes non identifiés. Ils ont jeté un sachet d’essence dans le bureau, ŕ l’insu des policiers. Avant de s’enfuir, ils ont allumé une tige d’allumette. Le matériel informatique n’a pas été endommage. Apres cet incident, les opérations ont repris normalement.
L’évidence des faits
Ce qui est évident est qu’il y a des problčmes qui risquent de retarder et de ramener les choses aprčs le 30 juin 2006. Il y a d’abord ces multiples vols d’équipements qui préjudicient la double opération, l’absence de volonté politique dans le chef de certains leaders des partis ŕ stimuler et en encourager leurs militants d’accomplir leurs devoirs civiques ainsi que d’autres difficultés de tout genre, notamment, le non-paiement ŕ temps des agents enrôleurs et des policiers commis ŕ la garde devant les bureaux d’enrôlement et d’identification.
Mais les questions que nous nous posons sont celles de savoir pourquoi l’Abbé Malu-Malu, qui a reçu l’argent ŕ cet effet, doit briller et exceller par de tels comportements ? Brassé de plusieurs millions de dollars américains, il semble perdre le Nord !... Mais notre réflexion ne se base pas sur ce dossier que nous aurons l’occasion d’éplucher plus tard.
Notre préoccupation reste les incertitudes de la population sur les élections qui pointent ŕ l’horizon. Beaucoup de parlementaires ne s’émeuvent nullement surtout que la loi électorale, qui doit déterminer tous les critčres, n’est pas sur le chantier.
Jusque-lŕ, l’on nage dans le flou total. Les modalités pratiques de se porter candidats ne sont pas encore définies ; et męme le nombre d’électeurs par circonscription n’est également pas précis. Tout est dans les nuages ! Pour récupérer le temps qui s’écoule inexorablement, le Chef de l’Etat pouvait signer un décret convoquant la session extraordinaire du Parlement pour régler ce genre de priorités. Mais, mais... Passons.
Retour ŕ Kinshasa du président Joseph Kabila
Le Président de la République, Joseph Kabila, a regagné Kinshasa la semaine derničre, en provenance de la province du Bas-Congo oů il a visité Matadi, Boma, Lukula, Tshela et Singini.
Joseph Kabila s’était fait expliquer la situation générale de la province ŕ son arrivée ŕ Matadi par le gouverneur César Tsasa-di-Ntumba avant de s’enquérir du déroulement de l’opération d’enrôlement dans un des centres de la place. Le séjour du Chef de l’Etat ŕ Boma, premičre capitale de l’Etat indépendant du Congo (EIC), a été marqué par la visite de deux centres d’inscription de la CEI (Commission électorale indépendante) et celle de l’avenue Laurent Désiré Kabila pour se rendre compte de l’état des lieux des travaux de bétonnage de celle avenue, aprčs avoir accordé des audiences ŕ certaines personnalités de la place.
A Singini, le Président Kabila qui a eu des entretiens avec es membres de lŕ famille du feu Président Joseph Kasa-Vubu et est allé s’incliner devant la tombe du premier Président de la RDC et se rendre compte de l’état d’avancement des travaux du mausolée. Le Chef de l’Etat a eu aussi des contacts nourris et riches avec la population de Lukula et de tant d’autres localités environnantes de la cité de Muanda avant de regagner la capitale.
L’essentiel de cette visite a tourné sur le constat de l’opération d’enrôlement et d’identification. La présence de Kabila a été un stimulus. Mais, faut-il qu’il aille un peu plus loin en sillonnant toutes les provinces. Bien entendu, non pas pour faire sa propre campagne électorale hâtive, mais plutôt pour encourager le reste des fils du pays qui ne comprennent rien de l’importance de l’enjeu politique.
C’est cela l’unique conseil, ŕ noire avis, que l’on peut prendre au sérieux, car le doute persiste encore pour la tenue des élections ŕ la date fixée.
A toutes fins utiles, dans tous les pays organisés, un citoyen ou un individu qui sabote les élections doit ętre arręté et déféré devant la justice.
Des personnes qui volent le matériel électoral et qui incitent la population ŕ ne pas s’enrôler, n’ont qu’une issue que celle de les arręter. Le Congo démocratique ne pourra ętre une jungle de ceux qui se croient ętre au-dessus de la loi.
Il y va d’ailleurs de l’intéręt de cette grande Nation.