L’ « injustice d’Etat » dont sont victimes les anciens combattants congolais qui ont défendu le drapeau belge durant les deux guerres mondiales va peut-ętre ętre réparée avec la révision, par le Gouvernement belge qui l’a annoncé, de l’Accord de 1976 qui leur alloue jusqu’ici qu’une misérable pension mensuelle d’un dollar (500 Fc) !
La Belgique reprendra bientôt son assistance aux anciens combattants Congolais qui ont lutté lors des deux guerres mondiales sous le drapeau belge. Jusque-lŕ totalement abandonnés, ils recevaient une pension qui ne valait qu’un dollar...
Les anciens combattants Congolais qui ont combattu sous le drapeau belge pendant les deux goűt mondiales retrouver un brin d’espoir pour leurs vieux jours. De retour du Bruxelles oů il a participé ŕ la célébration du 175čme anniversaire de la fęte nationale belge le 21juillet 2005, Sylvain Delma Mbo, le vice-ministre Congolais de la Défense, démobilisation et anciens combattants leur a apporté une bonne nouvelle. « Par devoir de mémoire a-t-il fičrement annoncé, les Belges ont consenti de revoir l’accord belgo-Congolais de 1976. « Le ministre a de quoi se réjouir. Cet accord avait en effet effacé la rente de 150 millions de Fb que le gouvernement belge versait aux anciens combattants Congolais, en guise de compensation aux Belges qui, lors de l’indépendance du Congo en 1960, avaient abandonné leurs biens dans l’ex-colonie.
La nouvelle est réjouissante ŕ plus d’un titre. Lors de la fęte nationale belge, deux des anciens combattants Congolais ont été décorés par le Roi Albert II. Jérôme Sindano Molanga et Victor Elenga Esukamay ont été faits commandeur de l’Ordre de Léopold et Chevalier de l’Ordre de la Couronne. « Avant de donner le cadeau au Roi, j’ai demandé s’il avait reçu nos revendications. Et le Roi a dit oui, ajoutant que le ministre de la Défense, Andre Flabaut, les a transmises au gouvernement belge », contre Jérôme Sindano, le président de l’Union nationale des anciens combattants Congolais (Unaco,).
Les anciens combattants Congolais revendiquent l’harmonisation de leurs statuts de façon ŕ les mettre (avec leurs dépendants) sur le męme diapason que leurs collčgues de l’ancienne métropole, l’octroi d’une prime de guerre, l’assistance permanente via une structure autonome de gestion qui devra s’occuper de leur bien-ętre et de leur vécu au quotidien, le financement des projets de réinsertion sociale, etc.
Sentiment d’injustice
La Belgique, qui a accepté de revoir l’accord de 1976, par le pour l’instant d’une « assistance sociale ». Mais a une condition l’élaboration d’une liste exhaustive des anciens combattants encore en vie, assortie de données vérifiables sur leur parcours militaire, leurs matricules... Le dernier recensement initié par le ministčre Congolais de la Défense indique un effectif de 1.670 anciens combattants et 223 veuves de la guerre 40-45 disséminés ŕ travers toutes les provinces du pays, y compris la ville de Kinshasa. La Belgique serait entrain de gratter sur la liste, selon le vice-ministre Delma Mbo, pour ne retenir que ceux qui avaient effectivement pris part aux différentes campagnes militaires.
Le sort actuel de ces anciens combattants est des plus miséreux. Leur pension mensuelle est de 500 Fc, l’équivalent d’un dollar. « Ce que nous leur payons, nous sommes conscients que ça ne peut répondre ŕ aucun besoin « avoue le vice-ministre Delma Mbo. Dans leur home situé ŕ Kasa-Vubu, commune populaire au coeur de Kinshasa, ces vaillants combattants dont les plus jeunes ont 70 ans, qualifient leur situation d’une injustice d’Etat. « Ils rappellent que des milliers des Congolais ont perdu la vie lors des deux guerres mondiales. « Sur les champs de bataille, les balles n’ont pas fait de discrimination entre combattants noirs et blancs » disent-ils.
Vaut mieux tard que jamais
Marques par le poids de Page et une profonde amertume, ils considčrent la décoration de deux de leurs comme « une façon pour la Belgique de témoigner, męme tardivement, son respect et sa reconnaissance ŕ des hommes qui ont aide ŕ défendre son intégrité ». A 83 ans, le président de l’Unaco se souvient du moindre détail de son service sous l’étendard belge.
« En 1939, raconte t-il, alors que je n’avais que 17 ans, je fus intčgre comme volontaire au sein de l’école des Troupes de transmission radio de la Force publique ». Sept mois plus tard, sa formation d’opérateur radio achevée, Jérôme Sindano intčgre avec le grade de caporal de corps expéditionnaire de la Force publique envoyé en Abyssinie pour combattre les Italiens.
Le 3 juillet 1941, la 3čme brigade de la Force publique remporte la victoire de Saio et fait prisonnier neuf généraux et 15000 soldats Italiens. Puis ce sera la campagne au Nigeria, en Afrique du Sud, en Egypte, en Palestine et enfin en Sicile. « C’est lŕ, raconte-il, que notre aventure s’est arrętée et nous avons pris le chemin de retour pour le Congo oů nous avons été démobilisés ».
Aujourd’hui les survivants attendent voir ce qui va se passer une fois l’accord de 1976 révisé. La Belgique a envoyé ŕ Kinshasa des médicaments et équipements médico-sanitaires, des outils informatiques pour réorganiser les services de leur prise en charge. Des véhicules sont attendus pour assurer la paie ŕ domicile et un médecin militaire belge fera une fois par mois le déplacement pour assurer des soins ŕ la Maison des anciens combattants de Kinshasa. Ce qui rallume une réelle flamme d’espoir auprčs de ces combattants, qui regrettent de « n’avoir jamais bénéficié de la compensation financičre du sang verse lors de cette guerre. . .entre colonisateurs ».
(FP)
Last edited: 07/05/2006 01:41:34