Une organisation non gouvernementale dénommée « Global Witness » basée ŕ Londres accuse le Rwanda d’exploiter la cassitérite extraite dans les provinces de l’Est de la Rdc
La cassitérite, oxyde de l’étain, est aujourd’hui le minerai le plus recherché dans le monde. Sur les places boursičres internationales, ce minerai prend peu ŕ peu le relais du coltan, un minerai dont est extrait le tantal utilisé dans le téléphonie mobile. Ainsi, le prix de ce métal qu’est l’étain ŕ double depuis le début de l’année 2002 sur le marché londonien des métaux (LME). Son cours avoisinait début juillet dernier 7.400 dollars la tonne. Comme la demande est toujours croissante, les prévisions ŕ moyen terme sont favorables pour ce non ferreux recherché, de façon soutenue, dans les industries de fer. Pourtant celles-ci seraient contraintes par les nouvelles législations internationales de substituer ce métal au plomb dans les soudures des composants électroniques.
Pour revenir ŕ la cassitérite, l’envolée de la demande s’est traduite par une hausse de 186 %, signale-t-on, sur le marché international. Et sa production est estimée ŕ 8.300 tonnes en RD Congo entre 2004 et 2004, malgré la présence des conflits latents. Mais il faut vite reconnaître que ces statistiques ne sont pas exactes. Car, une grande partie de ce minerai passe en contrebande au Rwanda, qui exporte, selon l’ONG britannique Global Witness, cinq fois plus de cassitérite qu’il n’en produit. L’an dernier, cette ONG britannique a relevé 1.800 tonnes d’excédent. Conséquence, aucune taxe officielle sur le commerce de cette matičre premičre, évaluée a 46 millions de dollars américains, n’est prélevée par les douanes congolaises alors que les acheteurs agréés de ce minerai sont en Afrique australe et en Europe, notamment au Royaume-Uni.
Dans un nouveau rapport que vient de dresser Global Witness, l’exploitation illicite de cette richesse du sous-sol congolais contribue a financer les conflits dans la région des Grands-Lacs.
Enfin, cette Ong britannique demande au Conseil de sécurité des Nations-Unies d’inclure la surveillance de l’exploitation illicite des ressources naturelles dans le mandat de la Monuc afin d’empęcher le financement de différentes milices armées et de conditionner l’aide aux pays voisins ŕ l’arręt du commerce des produits miniers provenant de la RD Congo.
Le Rwanda, le Burundi, l’Ouganda…accusés d’exporter la cassitérite de la Rdc
D’aprčs le rapport publié derničrement par « Global Witness et intitulé « Dangereux et illicite commerce de la Cassitérite dans l’Est de la Rdc », « une grande partie de la Cassitérite extraite des mines du Nord et du Sud-Kivu est exportée via le Rwanda » qui dispose d’une dizaine de sociétés d’achat et d’exportation de ce minerai.
Notre source affirme que « le Rwanda, par oů transite la majeure partie des minerais, exporte actuellement cinq fois plus de cassitérite qu’il n’en produit ».
Par ailleurs, selon des enquętes menées par cette ong britannique, « de grandes quantités de cassitérite traversent chaque mois la frontičre, acheminées du Nord-Kivu et du Sud-Kivu au Rwanda ». Le, rapport fait savoir également, qu’au Congo, la Cassitérite se trouve généralement aux męmes endroits que le Coltan.
Ce minerai, est exploité artisanalement dans les territoires de Walikale et de Masisi dans la province du Nord-Kivu, ŕ Kamituga dans la province du Sud-Kivu et ŕ Kalima, au Maniema. Cette partie était, autre fois, contrôlée par le Rcd soutenu par le Rwanda. Le rapport poursuit en soulignant que le Gouvernement Congolais malgré la fin de conflit « ne déclare pas les exportations de cassitérite » extraites dans cette partie de la province de la Rdc et « ne perçoit pas non plus de recettes fiscales ».
Outre le Rwanda, le rapport de Global Witness accuse aussi le Burundi, l’Ouganda et la Tanzanie de se livrer ŕ l’exportation « en plus faible quantité » du métal congolais devenu « le minerai de choix dans l’Est de la Rdc » depuis la baisse du cours du Coltan en 2004.
Le rapport révčle par ailleurs: « au cours de cinq derničres années, le Rwanda pourrait ŕ lui seul avoir importé environ 500 tonnes de cassitérite par an en provenance de l’Est de la Rdc. Et ce, sur une période de 200-2002, environ 1.400 tonnes en 2003, et autant en 2004 ».
Le rapport recommande au Gouvernement de la Rdc d’étendre son contrôle administratif dans mes zones miničres de l’Est d’une part. D’autre part, Global Witnes exhorte la communauté internationale de s’assurer que la nouvelle politique sur la dette extérieures des pays pauvres, soit subordonnée ŕ la mise en application par le Rwanda et l’Ouganda d’une interdiction des importations irréguličres de produits miniers en provenance de la Rdc.
Last edited: 07/05/2006 01:41:13