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Le Groupe d’experts des Nations Unies enquęte sur la provenance et la destination des pičces d’hélicoptčres saisies début avril 2005 au poste frontalier de Kasumbalesa, dans le cadre de l’application de l’embargo décrété par le Conseil de sécurité sur l’introduction du matériel militaire en République démocratique du Congo

Début avril 2005, un camion au chargement suspect est perquisitionné au poste frontalier de Kasumbalesa, ŕ 110 kilomčtres au sud-est de Lubumbashi au Katanga. La perquisition révčle que le véhicule, en provenance de Zambie, transportait des pičces d’hélicoptčres. La cargaison est saisie par le gouvernement, en présence des experts de la Mission des Nations Unies au Congo (Monuc,). Le rapport du Groupe d’experts au Comité des sanctions de l’Onu estime que l’usage final des pičces n’est pas clair, et poursuit ses investigations, en collaboration étroite avec la Monuc.

Les pičces d’hélicoptčres saisies ŕ Kasumbalesa comprenaient des rotors, des empennages, des moteurs, des postes de pilotage ainsi que d’autres pičces pour quatre hélicoptčres Kanov 26. Ce type d’hélicoptčre est considéré par son fabricant comme un appareil ŕ double usage, civil et militaire, note le rapport des Nations Unies.

Les pičces, exportées par une société bulgare, étaient destinées ŕ la Bulgaria-Congo Business (Bulco), établie en Rdc. Par leur caractčre de double usage, les pičces rentraient naturellement dans la catégorie de matériel militaire frappé d’embargo, ŕ destination de la Rdc.

Un environnement instable

La saisie des pičces d’hélicoptčres intervenait par ailleurs ŕ un moment de forte tension dans la capitale cuprifčre, quelques mois aprčs l’attaque d’un nébuleux Mouvement de libération du Katanga sur la cité lacustre de Kilwa, au nord-est de Lubumbashi, face ŕ la Zambie. Ajouter ŕ cela qu’au dernier trimestre de 2004, le vice-président zambien avait ŕ l’époque accusé la Rdc d’abriter des camps d’entraînement d’opposants au régime de Lusaka, et qui auraient utilisé le territoire congolais (Katanga), pour acheminer des armes en Zambie.

La déclaration avait été faite en l’absence du Président zambien Levy Mwanawasa quis’empressa de limoger son vice-Président, aprčs avoir présenté ses excuses au gouvernement congolais. Mais la méfiance réciproque n’a pas totalement disparu, d’autant plus qu’une forte colonie de réfugiés congolais est encore présente dans le Nord de la Zambie.

Des réfugiés venus de la région de Kalemie-Moba, fuyant les combats qui opposčrent les rebelles du Rcd aux Forces armées congolaises et leurs alliés zimbabwéens lors de la guerre de 98-99. Ils seront rejoints plus tard par les fuyards de Kilwa et sa région, lors de l’attaque éphémčre de la cité par le Mouvement de Libération du Katanga.

Ces mouvements incontrôlés des populations, non recensées et mal encadrées, laissent évidemment libre cours ŕ des accusations mutuelles et ŕ des sautes d’humeur entre les deux pays. Et l’affaire des hélicoptčres survenant dans cet environnement vicié n’était pas de nature ŕ faciliter les choses. Mais pour une fois, Kinshasa n’a pas expressément accusé officiellement son voisin du sud, préférant orienter ses investigations sur une piste interne.

Le spectre de la « sécession »

A l’époque de la saisie des pičces d’hélicoptčres ŕ Kasumbalesa, la province du Katanga est secouée par une affaire que d’aucuns qualifient tout de suite d’une tentative de sécession, dans la tradition de celle de 1960 conduite par Moďse Tshombe, et qui ne manque pas d’adeptes.

Il est fait alors état de l’arrestation de plusieurs officiers et d’agents de services de renseignement liés de prčs ou de loin ŕ cette nouvelle affaire, que le gouvernement qualifie de « tentative de déstabilisation des institutions ». L’affaire est suffisamment grave, car elle occasionne męme le déplacement du président de la république au Katanga, et la création d’une commission d’enquęte présidée par le général de l’armée de l’air, John Numbi.

Depuis, trčs peu de détails ont filtré autour des suites de ces remous politiques, que certaines sources affirment qu’elles seraient étroitement liées ŕ la saisie des pičces d’hélicoptčres ŕ Kasumbalesa.

A l’heure actuelle, les questions persistent, et les instances publiques ne semblent pas pressées d’éclairer l’opinion. Quel est le véritable destinataire des hélicoptčres bulgares, et ŕ quelle fin étaient-ils destinés ? Y a-t-il un lien avec la tentative de sécession du Katanga ? Les officiers arrętés ont-ils été jugés ? Par quelle juridiction ? Autant de questions restées sans réponse, et qui justifient les inquiétudes soulevées par le Conseil de sécurité, ŕ travers son comité des sanctions.

(Jdn)



Last edited: 07/05/2006 01:41:12

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