Le ministre de l'industrie, Commerce, Petite et Moyenne entreprise, Mme Mathey Boo, a annoncé hier la création d'une commission interministérielle et multisectorielle chargée d'étudier les voies et moyens de protéger l'industrie locale.
Le ministre de l'industrie, Commerce, Petite et Moyenne entreprise, Mme Mathey Boo, a annoncé hier la création d'une commission interministérielle et multisectorielle chargée d'étudier les voies et moyens de protéger l'industrie locale.
Mme la ministre a annoncé cette décision à l'issue d'une séance de travail au siège de la Fédération des entreprises du Congo (Fec) avec les membres du Conseil d'administration de la Fec et les opérateurs économiques du secteur industriel.
Cette séance de travail à laquelle étaient associés les ministres du plan et de la reconstruction nationale Denis Kalume Numbi, du vice-ministre à l'Economie Bwabwa wa Kayembe ainsi que de plusieurs personnalités du monde économique a été l'occasion pour l'administrateur délégué de la Fec, M. Athanase Matenda d'évoquer les principales difficultés et inquiétudes que rencontre l'industrie locale et n'a pas caché l'inquiétude de la Fec.
Il s'agit notamment de la suspension des contrats programmes des industries textiles, les multiples dérogations sur l'importation de la farine de blé, et les pneumatiques et les exonérations accordées aux opérateurs des produits concurrents, l'explosion des tarifs des entreprises publiques suite à l'adoption du régime de change flottant, alors que la Fédération avait demandé leur modulation afin d'en amortir les effets néfastes sur les prix, et l'effet surprise créé par l'arrêté ministériel n°038 du 26 juin 2001 fixant la parité du Franc fixait à un dollar.
Tous les produits de l'industrie locale, à en croire l'Ad de la Fec, sont ainsi confrontés à la concurrence déloyale des produits similaires importés massivement et objets des pratiques frauduleuses au niveau de nos frontières. Il s'agit des produits ci-après sucre, farine de blé, tissus imprimés, savon de ménage, savon de toilette et médical, huiles alimentaires, pneumatiques, allumettes, piles...
Il en résulte que les sociétés industrielles, moteur du développement du pays tendent à disparaître. M. Matenda a demandé au gouvernement congolais de protéger l'industrie locale pour des raisons évidentes : l'utilisation d'une importante main d'oeuvre contribuant ainsi aux objectifs prioritaires du gouvernement dans la résorption du chômage, création de nouveaux emplois, la contribution aux recettes de l'Etat par le paiement régulier et sûr des taxes et impôts, etc.
Eu égard à ce qui précède, la Fec sollicite du gouvernement la prise des mesures temporaires visant à la relance effective de l'industrie nationale par l'interdiction temporaire des produits dont les besoins sont couverts par l'industrie nationale, l'application stricte de la législation douanière immédiate des contrats programmes signés par les sociétés textiles avec l'Etat en avril 2000 et la relance de la commission de contrôle à l'importation des marchandises. La ministre de l'industrie Pmea a invité ses interlocuteurs à se tranquilliser car, l'essentiel des interventions et des questions évoquées seront versées à la commission de protection de l'industrie qui est déjà mise en place.
L'intervention du ministre de l'industrie et Pmea a été complétée par son collègue du Plan et le vice-ministre à l'Economie qui ont apporté la lumière sur certaines zones d'ombres qui planaient encore dans les esprits des opérateurs économiques.
Pour le ministre de l'Industrie, Commerce et Pmea, les questions soulevées lors des échanges constituent de la matière pour ladite commission. De ce fait, la Midema, représentée en la circonstance par le directeur général Alain Huart et l'adjoint de celui-ci, M. Niongo, a eu à relever la situation de l'informel, de la fraude et de l'intervention des entreprises locales à la fiscalité.
A cet effet, premièrement, l'intervenant de la Midema estime que 70 à 90 % des produits qui constituent la demande congolaise viennent du circuit informel, c'est-à-dire des opérateurs et investisseurs qui échappent au fisc. Alors que sur les 25 % entreprises qui restent encore viables en Rdc, la Midema est parmi les rares qui remplissent leurs obligations, avec notamment 10.000.000 Usd versés par la Midema à titre d'impôt annuel. Mais cette entreprise qui tient à créer de l'emploi et de la valeur ajoutée n'est pas suffisamment protégée. Pour la Midema, l'arrêt de l'informel passe par la taxation aux ports d'entrée. Cette démarche éviterait des fraudes multiformes. Il faut que l'Etat évite le contrôle de complaisance dans ses ports d'entrée.
Deuxièmement, les industries locales paient une lourde facture en terme de taxes à l'Etat. Pour ne citer que l'exemple du Bas-Congo, l'intervenant précise que le service local de la Snel vit des montants payés parla Midema et la Sucrière de Kwilu Ngongo. Mais seulement, cette facture est lourde pour la Midema quand on sait que pour la création de la valeur ajoutée, elle achète ses emballages à la Tissakin et autres industries locales. Alors que ceux qui importent ne participent ni à cette valeur ajoutée, ni à la création de l'emploi mais empêchent la Midema d'écouler suffisamment ses produits qui du reste gardent leur qualité en vue de couvrir ses charges lourdes.
Enfin, le précompte Bic inserré au prix du produit crée un différentiel au niveau de prix. Et les consommateurs qui poursuivent cette différence de prix de 2 % ne permettent pas à la Midema d'écouler ses produits.
D'autres intervenants ont épinglé les faits tels que : le nombre élevé de taxe qui s'élève à plus de 26 dont certaines sont inutiles, la tracasserie sur les droits d'entrée, la libération des installations occupées par les services de l'Etat et dans les territoires occupés, l'impaiement par l'Etat des facturations dues aux entreprises privées, la limitation des produits importés à ceux non produits localement, la concurrence déloyale, etc.
En marge de cette séance de travail, de sources crédibles indiquent que des actions sont en train d'être menées en vue de récupérer le manque à gagner subi par le trésor public à la suite de l'application d'un taux de surtaxe minoré aux produits importés. En effet, une enquête devra établir le nombre et les noms des entreprises qui ont indûment bénéficié de cette réduction. Car, cette minoration a permis l'entrée sur le territoire national, par exemple, d'un tonnage de farine de froment dépassant pratiquement la production annuelle de l'industrie locale. Par ailleurs, selon le représentant de la présidence de la République présent à la rencontre, le taux de 3 % de taxe due à l'Office congolais de contrôle (0cc) est exorbitant. «Avec 5 millions Usd, on peut avoir un labo équipé mais l'Occ perçoit avec ses 3 % plus de 240 millions de dollars américains auprès des entreprises par an».\"
Last edited: 07/05/2006 00:04:35