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Le baril de brut continue son ascension sur le marché mondial alors que, sur place en Rdc, le dollar a presque repris du dessus sur le franc congolais

Le baril de brut continue son ascension sur le marché mondial alors que, sur place en Rdc, le dollar a presque repris du dessus sur le Franc congolais. Ces deux éléments ont finalement conduit le gouvernement ŕ modifier par deux fois les prix du carburant ŕ la pompe, soit le 22 et 26 juillet 2005, faisant passer pour le seul échantillon de l’essence le prix du litre de 375 Fc ŕ 395 Fc dans un premier temps, puis de 395 Fc ŕ 420 Fc. Du coup, les marchés ont vite fait de s’ajuster avec, en premier loge, les automobilistes qui ont unilatéralement revus ŕ la hausse les prix du transport en commun hier mardi sur plusieurs tronçons de la ville de Kinshasa.

Alors que les cours du pétrole brut poursuivaient leur ascension sur différents marchés, et que le dollar amorçait une phase de reprise par rapport ŕ la monnaie nationale, le gouvernement avait jugé bon de calmer la profession pétroličre en lui assurant de ses efforts ŕ calmer la situation sur le marché de change. Des mesures prises par le gouvernement - ou en voie de l’ętre selon le cas - n’ont donc eu qu’un impact limité sur les forces de marché. A deux reprises, le ministre de l’Economie, pourtant optimiste sur les tendances du marché, a été contrait de revoir en l’espace d’une semaine les prix du carburant ŕ la pompe, les faisant passer de 375 Fc ŕ 420 Fc pour le litre de l’essence dans la partie Ouest de la ville entre les 22 et 26 juillet 2005. L’on s’attend donc ŕ de profonds ajustements sur les marchés. Les automobilistes ont été les premiers ŕ s’adapter ŕ la nouvelle configuration des prix du carburant.

C’est depuis un certain temps que le gouvernement tentait par divers stratagčmes de désamorcer la grogne des pétroliers distributeurs en organisant une table ronde entre les représentants de ces sociétés de transport et les services techniques du ministčre de l’Economie. L’objectif, croit-on, était de moduler la hausse des prix du carburant pour tempérer la hausse des coűts du carburant. Inquiet de la mobilisation de la profession pétroličre, le gouvernement a donc vite fait de revoir sa stratégie en matičre de réglementation des prix de produits pétroliers. Mais, au ministčre de l’Economie, on n’exclut plus, désormais, de devoir intervenir plus largement pour atténuer l’impact économique et psychologique d’une hausse durable des carburants.

Si rien n’est encore dit sur la structure des prix du Jet A1, les transporteurs aériens s’apprętent déjŕ, selon des sources concordantes, ŕ revoir le tarif du billet. Certains d’entre eux ont annoncé, en prévision d’une hausse probable des prix du kérosčne, une nouvelle « surcharge carburant ».

Menace sur la croissance

De maničre plus générale, depuis que le pétrole a dépassé le seuil psychologique de 50 Usd le baril - soit une hausse de 60 % depuis début 2004 et de 168 % depuis début 2002 -, les interrogations sur ses effets néfastes sur l’activité se sont multipliées. Les investisseurs deviennent plus prudents en Bourse, et les banquiers centraux montrent des signes d’inquiétude. La Banque centrale du Congo a, dans sa tentative d’expliquer la dérive du Franc congolais, indiqué que le pétrole était de plus en plus un facteur de risque pour la croissance, estimé ŕ 7% pour l’année 2005.

Au niveau macroéconomique, l’impact de la hausse des cours du baril sur la croissance commence ŕ ętre calculé. Si en Rdc, les experts de la Bcc sont encore loin d’intégrer en valeur nominale l’impact de la hausse du cours du brut sur la croissance économique, en Europe, ils estiment qu’une hausse durable des cours du pétrole, de 33 Usd le baril ŕ 50 dollars, ferait fondre d’un demi-point le taux de croissance aprčs un an. Ces effets négatifs mettraient trois ans ŕ se dissiper. Or, selon les prévisionnistes, le mouvement de hausse du pétrole devrait se poursuivre. « Depuis fin 1995, la demande planétaire de matičres premičres s’avčre de plus en plus dynamique, tirée par la demande en provenance de grands pays neufs, la Chine et l’Inde, et aussi le Brésil et la Russie. L’offre, au contraire, reste limitée par les ressources naturelles de la plančte ». « Cette configuration a toutes les chances de se maintenir dans les mois ŕ venir. De ce fait, le choc du pétrole et des autres matičres premičres devrait se prolonger. »

Malgré la légčre accalmie sur les marchés pétroliers en début de cette semaine, la trčs forte augmentation des cours du brut enregistrée ces derniers mois ne tardera pas ŕ avoir un impact sur l’économie mondiale. Les évaluations différent selon les sources et les analyses, mais une chose est bien certaine la flambée des prix du pétrole est néfaste ŕ la croissance américaine et ŕ la reprise européenne.



Last edited: 07/05/2006 01:40:06

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