Face ŕ la résistance des combattants Fdlr de se laisser rapatrier dans leur pays, la Monuc a invité chaque combattant hutu rwandais ŕ chercher par tous les moyens dont il dispose, ŕ entrer en contact avec elle, dans la mesure oů il a le droit individuel de choisir la voie du retour pacifique dans son pays, via le programme DDRRR de la mission onusienne
Tous les quinze chefs de bureaux de la mission des Nations unies au Congo (Monuc), installés ŕ l’intérieur du pays, ont été convoqués ŕ Kinshasa par William Lacy Swing en vue de deux réunions de travail dont l’une, qui se tient aujourd’hui, traitera du rapatriement des ex-FAR, Interahamawe et autres FDLR. Cette information émane du porte-parole adjoint de la mission onusienne, Mamadou Bah qui l’a livrée au cours de la conférence de presse hebdomadaire mercredi.
A ce propos, le directeur de l’information publique de la mission onusienne, Kemal Saďki, a tenu ŕ rappeler que, s’agissant du programme de désarmement, de démobilisation, de rapatriement, de réinstallation ou de réintégration (DDRRR), « le Rwanda s’est plus d’une fois publiquement et officiellement engagé ŕ accueillir les combattants candidats au retour volontaire en assurant leur sécurité et en les aidant ŕ réintégrer la vie civile dans la dignité. Ces programmes sont opérationnels depuis plusieurs années et déjŕ font leurs preuves, puisque des centaines de combattants ont réintégré la vie civile au Rwanda depuis le lancement des activités DDRRR de la MONUC en toute sécurité depuis 2001. Il existe désormais 5 centres de transit pouvant accueillir les ex-combattants rwandais afin de les familiariser ŕ la nouvelle vie civile et de faciliter leur réintégration dans la société ».
Pour ce dernier, il existe au Rwanda de nombreux organismes internationaux et agences humanitaires, ainsi que de défense des droits de l’homme qui veillent notamment au respect des droits de tous, y compris de ceux des ex-combattants en voie de réinsertion dans le cadre des programmes mis en place ŕ leur attention au Rwanda. A cet effet, face ŕ la résistance des combattants FDLR de se laisser rapatrier dans leur pays, K. Saďki a invité chaque combattant hutu rwandais ŕ chercher, par tous les moyens dont il dispose, ŕ entrer en contact avec la MONUC dans la mesure oů, a-t-il estimé, il a le droit individuel de choisir la voie du retour pacifique dans son pays, via le programme DDRRR de la mission onusienne.
Vide de commandement au sud Kivu
En outre, a indiqué le directeur de l’information publique de la mission onusienne, trois nouveaux camps abritant des FDLR ont été démantelés suite ŕ une deuxičme opération « Thunder Storm ». Cette opération, selon le porte-parole militaire de la mission onusienne, le lieutenant-colonel Thierry Provendier, a mis ŕ contribution un millier d’hommes, dix véhicules blindés et cinq hélicoptčres. « Les forces des FARDC ont pris le contrôle de cette zone. C’est désormais ŕ eux qu’il revient d’en assurer la sécurité. Ils seront aidés, dans cette tâche, par les unités de la brigade Sud-Kivu », a-t-il tenu ŕ souligner tout en indiquant que ce sont, au total, 16 anciens camps qui ont été démantelés. « Les FDLR ont été repoussés loin des zones habitées des territoires de KABARE, WALUNGU et SHABUNDA.
Ces territoires ont été déclarés libres d’accčs par le général SHIINJAAT, le chef de la brigade Sud-Kivu. Ces hommes assureront néanmoins un contrôle permanent des environs du parc de la Kahuzi Biega et des foręts alentours », a affirmé le porte-parole de la mission onusienne. Profitant de cette occasion, Kemal Saďki a indiqué ŕ la presse que « la Monuc réitčre l’appel lancé ŕ plusieurs reprises au gouvernement de transition pour qu’il mette tout en śuvre afin d’apporter un soutien efficace et réel aux Forces armées de la Rdc (FARDC) tant sur le plan de la nourriture, de l’équipement, de l’appui logistique que du paiement des soldes ». Pour ce qui est du Sud-Kivu, a-t-il fait savoir, « la Monuc lance un appel pressant aux autorités congolaises pour qu’elles fassent en sorte que le nouveau commandant nommé de la dixičme région militaire puisse se rendre ŕ Bukavu afin d’y prendre ses nouvelles fonctions. La Monuc espčre en effet que le gouvernement de la Rdc comblera au plus vite le vide de commandement dans le Sud-Kivu dont les effets sur terrain sont déjŕ perceptibles et peut nuire aux opérations militaires en cours ».
En attendant le rapatriement...
Cependant, malgré toutes les opérations menées par les casques bleus, ces combattants hutus rwandais sont toujours présents sur le sol congolais. Pour certains analystes, les troupes de la mission onusienne n’ont procédé qu’ŕ une simple délocalisation de ces derniers en lieu et place de leur désarmement et de leur rapatriement dans leur pays d’origine. A cet effet et comme nous le soulignions dans l’une de nos éditions précédentes, face ŕ l’urgence de sécuriser les populations de l’Est RDC et d’assurer la bonne tenue des opérations électorales dans cette région, certaines langues estiment qu’il est impérieux d’intensifier les opérations militaires de désarmement forcé et de rapatriement de ces combattants, et non une simple dispersion ŕ l’intérieur de la RDC. Ainsi, plus que jamais, la question relative au rapatriement des Fdlr préoccupe au plus haut point tant les congolais eux-męmes que la communauté internationale étant donné que leur comportement belliqueux risque d’entraver la bonne manche du processus électoral. C’est dans ce cadre qu’il a été envisagé la mise en place d’un comité international de suivi de ce rapatriement ainsi qu’un comité de pilotage mixte.
Cependant, jusqu’ŕ présent et ainsi que l’a souligné le responsable du programme DDRRR de la Monuc, Peter Saubrik, tous les camps de transit destinés ŕ accueillir les Fdlr en vue de leur rapatriement sont encore vides. Ces derniers, par la bouche de leur président I. Muruanashyaka, avaient exprimé leurs inquiétudes « quant aux nouvelles vagues de réfugiés créées par les fameux tribunaux populaires « GACACA » aux fins de faire peur aux membres des FDLR décidés ŕ rentrer dans leur pays pour exercer leurs activités politiques ».
Face ŕ cette situation, il est plus qu’impérieux que le désarmement et le rapatriement des Fdlr soient soutenus par la communauté internationale appelée ŕ exercer des pressions sur les dirigeants de Kigali qui rechignent encore ŕ accepter le retour de leurs compatriotes. Au cas contraire l’union africaine a déjŕ émis la thčse de la recherche d’un pays d’exil pour ces derniers. En attendant, ceux que tout le monde qualifie aujourd’hui de « bandits » poursuivent leur sale et basse besogne sur la population civile. Celle-ci continue ŕ ętre la victime expiatoire des affrontements entre l’armée réguličre et les Fdlr aidés par d’autres milices.
Les FARDC dans le collimateur du conseil de sécurité
Par ailleurs, a annoncé le porte-parole adjoint de la mission onusienne, lors d’un vote considéré comme “historique”, le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté, mardi dernier, une résolution mettant en place un systčme de suivi des crimes visant les enfants dans les conflits armés, et prévoyant des sanctions contre leurs auteurs. Selon, Mamadou Bah, c’est pour la premičre fois que le Conseil de sécurité adopte un mécanisme d’ensemble qui permettra de signaler les graves violations commises tant par les gouvernements que par les groupes armés qui tuent ou mutilent des enfants, qui les recrutent ou les exploitent, qui attaquent des écoles ou des hôpitaux, commettent des actes de violence sexuelle, des rapts ou enfin qui privent les enfants d’accčs ŕ l’assistance humanitaire.
“Selon un communiqué de l’ONU, prčs de 2 millions d’enfants ont été tués et 6 millions handicapés ou blessés lors de conflits armés ces dix derničres années, tandis que 250.000 d’entre eux continuent d’ętre exploités ŕ l’heure actuelle. Les rapports signalant ces crimes iront au Conseil de sécurité, qui continuera, pour sa part ŕ nommer et ŕ identifier clairement les parties qui continuent leurs violations, mais aussi ŕ l’Assemblée générale, ŕ la Commission des droits de l’homme, ŕ la Cour pénale internationale et aux gouvernements et organisations régionales », a indiqué le porte-parole de la Monuc tout en soulignant que le dernier rapport du Secrétaire général au Conseil de sécurité cite ainsi 54 parties, dans le cadre de 11 situations de conflit. Parmi les 54 mouvements ou parties en lutte qui seront désormais placés sous surveillance figurent les forces gouvernementales de la République démocratique du Congo, a-t-il affirmé. (Jdn)
Last edited: 07/05/2006 01:40:04