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Ils ont encore une fois tué 13 civils congolais. Plus on les traque, plus ils deviennent un problčme pour les populations civiles. La Monuc invitée ŕ trouver la stratégie adéquate

Au regard de l’évolution de la situation sur terrain, on peut dire sans risque de se tromper que l’équation se complique de plus en plus en ce qui concerne le rapatriement volontaire ou forcé des éléments armés des Fdlr (Forces démocratiques pour la libération du Rwanda). Nous en voulons pour preuve ces nouvelles victimes, 13 au total, immolées jeudi soir.

Il nous revient que 13 civils ont été tués (massacrés) au cours d’une attaque perpétrée par ces rebelles ŕ la localité de Kigalama ŕ environ 130 km au sud-ouest de Bukavu, chef-lieu de la province du Sud-Kivu, dans le territoire de Shabunda. C’est ce qu’a indiqué le gouverneur intérimaire de la province, Didace Kaningini. Selon cet officiel, les assaillants ont surgi aux environs de 19 heures (heure locale, soit 17 heures, temps universel). Arrivés sur les lieux, ils ont commencé par encercler la localité avant de se mettre ŕ tirer.

Les habitants de la localité ont cherché le salut dans la fuite. Nombre d’entre eux ont été rattrapés et été tués principalement ŕ l’arme blanche. Les assaillants ont entrepris de piller ce qu’ils pouvaient trouver avant de poursuivre leur chemin en direction du site minier de Kankanga situé ŕ quelques kilomčtres ŕ l’ouest du village oů ils venaient de commettre leur forfait.

Le gouverneur intérimaire explique que ce site est occupé depuis des années par des combattants hutu rwandais appelés Interahamwe. Il ajoute que les assaillants qui ont opéré ŕ Kigalama venaient du territoire de Kabare, plus ŕ l’Est. Ils en ont été chassés récemment ŕ la suite des opérations de sécurisation menées conjointement par les Casques bleus de la Monuc (Mission de l’Onu au Congo) et par les éléments des Forces armées de la République démocratique du Congo (Fardc).

A Kabare, ils avaient massacré 39 civils (en majorité des femmes) qu’ils ont brűlés vifs dans leurs maisons. C’était le 9 juillet ŕ Ntulumamba. N’ayant pas respecté leur engagement de déposer les armes et de retourner au Rwanda, ils ont appris que le gouvernement congolais avait opté pour leur désarmement forcé avec l’appui de la Monuc. Depuis lors, ils semblent ętre redevenus trčs mordants.

En guise de répondant, la Monuc a lancé depuis le 4 juillet, une vaste opération de sécurisation au Sud-Kivu. C’est ŕ partir des territoires de Walungu et de Kabare qui semblent le plus ŕ la merci de ces tueurs impénitents et regorgeant une population importante.

Résultat : la Monuc a pu détruire une vingtaine de camps Fdlr, condamnant leurs occupants ŕ l’errance et ŕ trouver refuge dans la foręt. Ainsi, ils semblent plus ŕ l’aise et prompt ŕ en faire voir de toutes les couleurs aux paisibles citoyens congolais. Le problčme est donc trčs fondamental et ne devrait pas ętre solutionné ŕ l’emporte-pičce. Une question cependant, pourquoi les Fdlr choisissent-ils de se mettre sur le dos la population congolaise, le gouvernement congolais et le gouvernement rwandais ? Geste de désespoir ou anguille sous le roche. C’est cette derničre assertion qui nous parait vraie. Kigali. n’est pas étranger ŕ cette relance des Interahamwe.

Inquiétudes

A la lumičre de ce qui précčde, on se rend compte que le résultat que l’on a n’est pas celui escompté. On a rendu mobile les fameux Interahamwe sans pour autant les inquiéter outre mesure. Car, ils continuent ŕ semer insécurité et désolation au sein de la paisible population congolaise. Les consciences estiment que ce n’était pas cela l’objectif initial des raids de la Monuc.

Ce faisant, il importe de revoir les calculs pour atteindre des résultats nobles et bénéfiques pour la population congolaise et, partant, pour la nation congolaise elle-męme. Il nous revient que les Casques bleus procčdent d’abord par la fouille systématique des localités ciblées pour s’assurer qu’il n’y a plus ni homme ni munitions. Ainsi rassurés, ils mettent le feu et la paille brűle.

Naturellement, les anciens occupants de ces localités ont déjŕ pris la tangente. L’opinion insiste sur le changement de stratégie afin que ces éléments armés indésirables retournent chez eux. On ne peut ętre ŕ l’aise que chez soi. S’ils estiment ętre forts, ils doivent se convaincre d’aller user de cette force sur le sol de leurs ancętres en mettant Kagame devant le fait accompli.

C’est ici le lieu de rappeler que le comportement actuel des forces rwandaises précitées est tributaire de l’attitude des dirigeants de Kigali. Car, si les conditions de retour étaient réunies, nul doute qu’ils feraient tout pour retourner au bercail sans pour devoir endeuiller les Congolais qui leur ont rien fait de mal.

Se comporter sans aucune humanité tel qu’ils le font lŕ ne mérite aucune compassion, sous aucun prétexte. D’oů, il faudrait d’une part parvenir ŕ imposer leur retour au Rwanda, n’en déplaise ŕ Kagame et ŕ sa bande. D’autre part, il faudrait arriver ŕ expulser ces individus dangereux du territoire congolais.

Les Congolais ne peuvent le faire dans la configuration actuelle oů les dirigeants rwandais ont des bras avancés ŕ Kinshasa. Nous savons et cela a été plusieurs fois attesté que les dirigeants de Kigali ont formé leurs propres Interahamwe pour perpétuer le mythe ŕ l’Est de la Rdc afin d’en tirer un énorme bénéfice.

De męme, ceux qui ne sont pas de leur obédience sont en insécurité quand ils traversent la frontičre. Ce climat ne peut perdurer. Il faut faire quelque chose. La communauté internationale qui a accepté d’accompagner la Rdc aux élections ne peut laisser pourrir la situation au risque d’annihiler tous ces efforts consentis. Elle a les moyens de faire pression sur Kagame ou de le mettre dos au mur. Car, en définitive on ne peut résoudre la question interahamwe sans peser sur Kigali. Il faut le faire. C’est urgent ! (Jdn)



Last edited: 07/05/2006 01:39:36

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