La Belgique fournit une contribution directe et indirecte à la préparation des procès historiques organisés à la suite du génocide
Le Rwanda : reconstruction et réconciliation nationale. La situation de pauvreté au Rwanda demeure criante et la population a réellement besoin d' une aide internationale. Dans le souci de lutter contre le morcellement et d'accroître la cohérence et l'impact de la politique de coopération belge avec le Rwanda, les divers programmes sont progressivement concentrés et les restants de l'aide de substitution sont réduits. La lutte contre la pauvreté, la construction de la paix et la lutte contre l'impunité occupent une place centrale. Une aide ciblée est accordée aux autorités pour contribuer è la mise en place d'une administratIon transparente au bénéfice de toutes les composantes de la société rwandaise. Les projets ne peuvent avoir pour effet de raviver la dynamique de conflit sociale.
Une attention réelle pour l'aide à la société civile demeure également pertinente dans le cadre d'une réconciliation et de la promotion d'une culture des droits de l'homme et de la démocratisation.
Sur le plan international, les avis divergent quant à la stratégie d'aide à suivre vis-à-vis des autorités Rwandaises. Pour ce qui est de l'aide budgétaire, les opposants soulignent le danger d'un détournement de ces moyens pour les efforts de guerre rwandais en République démocratique du Congo.
La Belgique mène une politique prudente avec ses programmes et ses projets ciblés. En fonction de l'exécution réelle des Accords de paix de Lusaka par les autorités Rwandaises, la nature du partenariat entre la Belgique et le Rwanda et la nature des instruments de développement seront adaptées.
1. La coopération au développement avec le Rwanda
Malgré l'ampleur gigantesque des problèmes sociaux du Rwanda d'après génocide, le Gouvernement de Kigali a néanmoins réussi à développer, dans certains domaines, des formes d'administration raisonnables. Dans quelques Secteurs - la justice, l'enseignement, les soins de santé - cette situation ouvre des possibilités de reconstruction et de développement. La Belgique fonde sa politique de développement sur les initiatives existantes. Ces initiatives se situent essentiellement dans les secteurs sociaux et représentent un volume considérable (18 millions d'euros en 1999, 17 millions d'euros en 2000).
Les divers programmes de coopération lancés après le génocide viennent progressivement à terme. Outre une poursuite de la coopération indirecte par le biais des acteurs non gouvernementaux, le CIUF et l'APEFE (6 millions d'euros en 2000), l'élaboration de plans pluriannuels occupe une place centrale dans la coopération bilatérale. L'importante contribution belge au secteur de la santé est maintenue. Un nouveau programme d'aide pour le "Centre Hospitalier de Kigali" est en cours de préparation. Dans ce cadre, la fonction de formation de l'hôpital et le renforcement de la capacité de gestion occupent une place centrale. Le développement du service dans la zone de santé de Kigali bénéficiera en outre d'une attention accrue et des programmes spécifiques sont mis au point en matière de lutte contre le paludisme et le SIDA.
Dans le secteur agricole, l'accent est mis sur la production et la distribution de semis et de semences. Ce programme n'est pas limité à la production de semences améliorées mais est vu largement comme un appui au secteur dans son ensemble, de sorte que les éléments de coordination, de réglementation, de contrôle de la qualité... soient évoqués. Dans le souci de relancer une production agricole durable et compte tenu des conséquences négatives graves que divers aspects environnementaux -comme la déforestation, l'érosion ou la dégradation des sols - ont sur le développement rural et la dynamique de conflit plus large au Rwanda, cette problématique est appréhendée dans son contexte plus large.
Par le biais du programme "Monet for work" (de l'argent pour du travail), la construction, les réparations et I'installation d'équipements dans les secteurs primaires de Gicongoro, Gitarama et Kibuye se poursuivent.
La Belgique fournit une contribution directe et indirecte à la préparation des procès historiques organisés à la suite du génocide et qui seront ouverts au Rwanda dans le courant de l'année 2001 par les centaines de tribunaux populaires, lesdits gacaca. Le procès majeur contre les quatre Rwandais accusés de génocide en Belgique ne peut faire oublier qu'au Rwanda même, le règlement judiciaire du génocide constitue un défi colossal. Le Rwanda met davantage l'accent sur le rétablissement et la réconciliation que sur les règles de droit.
En effet le génocide de 1994 a causé des dommages considérables, non seulement au niveau du tissu social, mais également au niveau des institutions comme l'appareil judiciaire. D'après des estimations, plus de 110.000 Rwandais sont suspectés de participation au génocide et séjournent depuis plus de cinq ans dans diverses prisons Rwandaises, bien souvent dans des conditions effroyables. Dans le souci de mettre en place un Etat de droit, de lutter contre l'impunité et de préserver les droits de l'homme, il est vital que soit rapidement résorbé l'énorme arriéré accumulé (jugement de ces détenus).
Il s'agit d'une entreprise sociale et juridique d'une ampleur considérable et dont on ne peut en rien prévoir le résultat. Ce projet revêt néanmoins une importance essentielle pour la réconciliation future et pour la reconstruction sociale. Le Secrétaire d'Etat à la Coopération au développement a fait réaliser une étude au sujet des possibilités pour la communauté internationale d'appuyer ce processus et des risques qui y sont liés. De larges concertations ont également été organisées.
C'est partiellement sur cette base que le Conseil des Ministres a approuvé un programme d'aide qui, principalement : renforce la coordination des donateurs; met une assistance technique à la disposition des autorités (6 millions de Bef, suivis de 50 millions de Bef dans le cadre d'une seconde phase); libère les moyens financiers pour un contrôle indépendant, pour la préparation et l'organisation des tribunaux populaires via les services publics responsables et pour entre autres l'accompagnement des victimes par le biais d'organisations non gouvernementales (50 millions de Bef); encourage, en collaboration avec la KUL et la VLIR, le débat social sur la réconciliation et le choix entre amnistie, commissions de vérité et poursuites pénales dans les pays sortis de conflits.
Le programme bilatéral en matière de justice accorde principalement une attention à la formation du personnel de la justice ainsi qu'un soutien au Ministère de la Justice, à la Cour Suprême, aux tribunaux et aux parquets (160 millions de Bef).
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Last edited: 07/05/2006 00:04:32