Le premier lot constitué de 10 bus en provenance de l’Inde est déjŕ parvenu ŕ Kinshasa. Ces bus qui ont été réceptionnés par le Ministre des Transports, en provenance du port de Matadi, constitue le début de la livraison de la commande de la République Démocratique du Congo auprčs de la République de l’Inde. Ceci constitue un geste bénéfique de l’Etat envers la population qui peine durement pour se déplacer
Une cérémonie d’une portée sociale relative a eu lieu derničrement au Ministčre des Transports. Il s’agit de la réception solennelle des 10 bus de marque Tata fraîchement venus du port de Matadi. Pour le Ministčre des Transports, il y avait de quoi s’extasier car, ce premier lot des bus constitue le premier jalon posé dans le cadre de la résorption de la déficience en matičre du transport urbain.
En fait, Eva Mwakassa n’a fait que bénéficier du fruit d’un travail amorcé en amont par le vice-président en charge de l’Ecofin ŕ la base du crédit de 57 millions Usd octroyé ŕ la RD Congo par l’Inde dont une partie a été affecté ŕ l’achat des 250 bus. Ceci est certes un des points positifs glanés par le gouvernement de transition dont le pragmatisme s’accommode parfaitement avec les objectifs qu’il s’est assignés.
Dans un environnement social austčre oů l’on est obligé de battre des pieds et des mains pour joindre ŕ temps leur lieu de travail, les 250 bus attendus constituent une bouffée d’oxygčne pour les Kinois.
La régénérescence des sociétés de transports publiques amorcés avec la création de Stuc traduit la récupération par l’Etat d’un secteur ayant longtemps souffert de sa démission. Encore faut-il s’assurer de la probité morale des futurs gestionnaires de cette nouvelle société qui risquent, sans garde fou, de la péricliter dans les tréfonds de la déchéance ŕ l’image des City Train, Citaz, Sotraz, Gesac et autres. La capacité de résistance desdits bus étant confirmée par les experts ainsi que la disponibilité des pičces de rechange y afférentes, il y a lieu d’interpeller la conscience collective sur la nécessité de préserver ces engins octroyés ŕ titre de crédit ŕ la RD Congo.
Des mesures d’encadrement accompagnées et soutenues par une campagne sur le respect des biens publics devraient tendre vers une évolution mentale qui écarte toute idée de gratuité ŕ laquelle renvoie toujours l’usage des biens publics dans une ville de Kinshasa oů les gens sont peu enclins ŕ payer le service rendu. Aussi, le systčme de contrôle devrait ętre renforcé pour, non seulement décourager les fraudeurs, mais surtout pour assurer un minimum de confort aux passagers. Il s’agit ici d’une nouvelle culture ŕ inculquer auprčs d’une population kinoise qui souvent, fait fi des commodités que requiert le transport public sous d’autres cieux.
Tout ceci augure des perspectives alléchantes pour le transport urbain ployant encore et toujours sous l’emprise des privés. Peut-on considérer l’arrivée des bus commandés comme une résurrection de l’Etat qui essaye, tant soit peu, de réguler un secteur fuyant? Peut-ętre. Mais l’on ne peut se satisfaire de l’arrivée de ce premier lot des bus sans soulever la sempiternelle question des routes impraticables, des chaussées défoncées et des carrefours dépouillés des feux de signalisation.
En outre, une affectation équitable desdits bus selon la densité démographique de chaque district devrait ętre pensée de sorte que toutes les juridictions trouvent leur compte. Mais en définitive, il se pose une gestion urbanistique rationnelle de Kinshasa laquelle passe par l’érection d’autres pôles d’attraction afin de décongestionner le centre ville, point culminant d’oů convergent au quotidien, les énergies et les préoccupations.
Last edited: 07/05/2006 01:38:28