Pour le Directeur Gilbert Munyampara, Commandant de l’aéroport international de Ndjili, il faut rechercher la raison de cette méprise de SN Brussels ailleurs
Par une lettre dans un langage qui frise l’injure, SN Brussels Airlines, a admonesté la Régie des Voies Aériennes (Rva). Dans cette correspondance virulente, cette compagnie aérienne avait traité la piste de l’aéroport international de N’Djili de primitif. La lettre avait donné une sueur froide au point oů les communs de mortel pensaient que SN Brussels allait suspendre ses vols sur Kinshasa. Mais, plus de deux mois aprčs, c’est le contraire qui s’est produit. La compagnie continue ŕ desservir Kinshasa et a męme ajouté ses fréquences passant de quatre ŕ cinq rotations par semaine. Cela a étonné au point oů « La Référence Plus » est allé rencontré le Commandant de l’aéroport de N’Djili, l’ingénieur Gilbert Munyampara N’Singa en savoir un peu plus sur ce qui avait amené SN Bruxelles ŕ se plaindre auprčs de la Rva, sur un ton discourtois. Pourtant, ce jour-lŕ, trois autres avions étaient dans la męme situation et celui de la Croix Rouge était plus gros que SN Bruxelles.
Il fallait aussi savoir si l’aéroport de N’Djili n’avait pas tous les instruments nécessaires pour garantir une navigation aérienne en toute sécurité.
Que s’est-il passé ?
Dans un entretien avec le Directeur Gilbert Munyampara, Commandant de l’aéroport international de N’Djili, a déclaré qu’il faut rechercher la raison de cette méprise de SN Brussels ailleurs. Et d’ajouter que sur le plan technique et sécuritaire, la Rva ne se reproche de rien. En effet, l’incident remonte au 11 avril 2005 lorsqu’une pluie accompagnée d’orages s’était abattue sur toute l’étendue de la ville de Kinshasa entre 19 heures et 21 heures. A la suite de ces orages, le courant électrique était parti sur une grande partie de la ville y compris l’aéroport.
Les groupes électrogčnes avaient alors pris la relčve de la Snel pendant 22 minutes avant de s’arręter plongeant ainsi l’aéroport dans l’obscurité. Pendant ce temps lŕ, quatre avions qui étaient en l’air, s’apprętaient ŕ atterrir. Il s’agit des avions de SN Brussels, de la Croix Rouge, de la Monuc et de Services Air. En pareille circonstance, un avion qui devait atterrir ŕ N’Djili se diriger ŕ Maya Maya ŕ Brazzaville ou ŕ Luanda, deux aéroports qui sont considérés comme des pistes de dégagement pour N’Djili et vice versa. Brazzaville, c’est 15 minutes toute la procédure comprise, l’avion est au sol, ŕ Luanda c’est 45 minutes, a révélé le Commandant Munyampara.
Un avion qui vient de n’importe oů, si pour une raison ou pour une autre ne peut pas atterrir ŕ N’Djili, a la possibilité d’aller soit ŕ Brazzaville soit ŕ Luanda. Malheureusement, ces avions n’avaient pas pu atterrir aussi ŕ Brazzaville. Car, la piste de Maya Maya étant plus proche de celle de N’Djili, généralement quand il y a mauvais temps ŕ Kinshasa, c’est pareil ŕ Brazzaville. Pendant que ces quatre avions étaient en l’air, un petit groupe électrogčne de secours d’une capacité de 69 KVA a été allumé pour faire fonctionner les organes vitaux de l’aéroport : la tour de contrôle et le balisage de la piste. Les pilotes ont été prévenus et les avions sont revenus pour atterrir ŕ N’ Djili.
Acharnement
« Nous n’avons pas compris pourquoi SN Brussels nous a écrit dans un style vraiment discourtois pour nous injurier, disant que la piste est primitive, SN Brussels nous paye 1.400.000 dollars par an, il a de droit de regard sur la gestion de l’aéroport, il n’y a pas d’eau, il fait laver sa vaisselle avec de l’eau vive, parfois il va faire ça ŕ Douala,... Mais qu’est-ce que ça avoir avec nous. Ce jour-lŕ nous avons tout fait pour que SN Brussels puisse atterrir, il pouvait aller ŕ Luanda, il était libre parce que c’était prévu dans le plan de vol. Il n’est pas parti préférant attendre ici. Il dit qu’il a survolé, il était en attente pendant plus d’une heure quarante cinq minutes. C’est faux », soutient le Commandant Munyampara.
Il ne s’explique pas cet acharnement de SN Brussels dont le pilote malgré le mauvais temps ŕ Kinshasa comme ŕ Brazzaville avait préféré rester en l’air pendant 1h45’, consommant le carburant alors qu’il lui suffisait de 45’ pour atterrir ŕ Luanda. « Lŕ, lui croit que nous ne maîtrisons pas la technique sur l’aviation ou c’est lui-męme qui ne maîtrise pas, il a menti », a souligné Munyamapara.
Respect des rapports commerciaux
Dans cette lettre de SN Brussels, il est écrit que cette compagnie verse annuellement ŕ la Rva 1.400.000 dollars américains. « Nous avons des rapports commerciaux, il ne nous a pas donné gratuitement cet argent lŕ, c’est ŕ la suite des services que nous lui avons rendus. Quand la compagnie SN Brussels parle de 1.400.000 dollars par an, mais combien gagne-t-elle ŕ Kinshasa », s’est interrogé le Commandant de l’aéroport de N’Djili. Ce qu’il paye, c’est au maximum 12% de ce qu’il gagne comme bénéficie ici chez-nous, a-t-il révélé. La lettre qualifie l’aéroport international de N’Djili de primitif pourtant, SN Brussels continue ŕ desservir Kinshasa et plus étonnant, la compagnie vient d’augmenter ses fréquences.
De quatre, ses rotations sont passées ŕ cinq par semaines. « Il ne vient pas ici parce qu’il nous aime, c’est parce qu’il sait que toutes les conditions de sécurité sont lŕ. Je crois qu’au lieu de nous injurier en venant ici, il serait mieux de ne pas venir comme ça on verra si la Rva va fermer. En tant que Commandant de l’aéroport de N’Djili je n’avais pas apprécié le comportement de SN Brussels », a déclaré le Directeur Munyampara trčs déçu. Ce jour lŕ, Croix Rouge avait un avion aussi gros que celui de SN Brussels, mais n’a jamais écrit pour reprocher la Rva, fait remarquer Munyampara. L’argent que l’aéroport de N’Djili perçoit appartient ŕ la Rva et ses autorités ont le pouvoir de le dispatcher conformément ŕ la loi. Il sert pour toute la Rva qui gčre 52 aéroports et aérodromes dont seuls six ŕ sept sont rentables.
Des aides au vol performantes
Le Commandant Munyampara a indiqué que l’aéroport de N’Djili a bénéficié de 28 millions de dollars pour rendre les services d’exploitation plus sécurisants. Grâce ŕ cette dotation, la Rva a acquis des instruments d’une firme canadienne, Aeronav, qui font qu’aujourd’hui, sur le plan de la navigabilité, N’Djili est au męme diapason que n’importe quel aéroport moderne au monde. Ça, c’est la partie invisible de l’aéroport que l’homme de la rue ne voit pas. Mais, les compagnies qui atterrissent ŕ N’Djili savent que l’aéroport est doté des aides au vol trčs performantes, nous n’avons rien ŕ envier aux autres aéroports, a-t-il souligné.
Il a reconnu qu’il y a de jours oů l’eau manque ŕ N’Djili. Mais comme le courant, la Rva ne produit pas l’eau.
Au sujet des passagers qui auraient été pillés par les militaires, le Commandant de l’aéroport trouve cela comme une injure de plus de la part de SN Brussels. « Męme si c’était vrai, SN Brussels qui prend les passagers de Bruxelles et les fait atterrir ŕ Kinshasa, je crois qu’il a rempli sa mission. Que les passagers transportés soient pillés sur le Boulevard Lumumba, en quoi cela intéresse SN Brussels au point de nous écrire une telle lettre », s’interroge-t-il. Et d’ajouter, j’étais une fois avec Vital Kamerhe avant qu’il ne soit Secrétaire général du Pprd, mais on lui avait volé des bagages ŕ Bruxelles par un blanc. J’étais ŕ Zavemeten ŕ plusieurs reprises, il y a de communiqués qui passent : « attention aux pickpockets, surveillez vos bagages ». Cela veut dire quoi, qu’il y a des voleurs partout ! Voilŕ ce que SN Brussels doit comprendre », a déclaré Munyampara.
Pour lui, la Rva a toujours fait montre d’une bonne gestion des aéroports en tous temps et en toutes circonstances. Et pour preuve, il cite l’exemple d’aoűt 1998 lorsque les rebelles du RCD avaient arręté le barrage d’Inga, privant ainsi la capitale du courant électrique. « Pendant que Kinshasa était plongé dans le noir, ŕ l’aéroport, les vieux groupes électrogčnes que tout le monde dénigre aujourd’hui avaient fonctionné ŕ merveille », a-t-il précisé.
Pendant ces deux mois, grâce ŕ ces groupes, les avions décollaient et atterrissaient de jour comme de nuit sans problčme. Si SN Brussels continue ŕ venir ici c’est parce qu’il a encore ses intéręts ici, il fait des affaires. Sinon il ne viendrait plus. Cette lettre est indélicate dans la mesure oů nous entretenons des rapports commerciaux qui nous obligent de nous respecter mutuellement, a conclu M. Gilbert Munyampara, Commandant de l’aéroport international de N’Djili.
Last edited: 07/05/2006 01:37:16