Ils étaient trois faux blessés de guerre qui ce soir lŕ ŕ Kintambo, sollicitent l’aumône auprčs des gens de bonne volonté. Ils arrivent ŕ un bistrot oů ils engagent une discussion avec les occupant d’une table et oů ils arrivent ŕ subtiliser un téléphone portable. Le vol constaté, on se met ŕ la poursuite des délinquants qui montrent leur véritable état de «non blessés » en abandonnant les béquilles pour se sauver et courir comme de véritables marathoniens
La semaine derničre, dans une terrasse de Kintambo située au croisement des avenues Komoriko et Kasaď, trois faux blessés de guerre gagnent le lieu en sautillant et se mettent ŕ faire la ronde des tables. Ils quémandent de l’aide comme il est de coutume malgré la démobilisation annoncée. Ils passent d’une table ŕ l’autre percevant ici selon la générosité des occupants, et récoltant lŕ-bas dédain et aversion auprčs des autres clients. Soudain, ils encerclent une table oů les occupants semblent avoir pris un verre de trop. Ces derniers, avec un appareil mobile ŕ côté d’un des verres, engagent une discussion avec nos « blessés de guerre » dont l’un avait un bras bandé asperge d’un liquide rouge et deux autres jambes recroquevillées sous un large pantalon aux allures de kimono portant des taches de camouflage militaire dit « pentagone ». Et, ils cherchaient désespérément l’équilibre sur les deux béquilles enfourchées sous les aisselles. Leurs hôtes leur ont demandé de s’adresser ŕ l’Etat-major général de l’armée pour toute assistance. Ceux-ci leur ont répliqué : « Si nous sommes devenus ce que nous sommes, c’est ŕ cause de vous. Nous avons été combattre pour vous protéger. Nous sommes d’abord vos martyrs avant d’ętre ceux de l’Etat-major. Il faut vous occuper de nous. »
Béquilles jetées pour bien courir
Au cours de cet échange, un des blessés au bras bandé s’intéressa ŕ l’appareil. Il le tira vers lui, de son seul bras libre et vigoureux sans attirer l’attention ŕ ses interlocuteurs. Une pratique dite du voleur chinois, approchant petit ŕ petit l’appareil pour le dissimiler enfin comme dans une hypnose collective. Le but atteint, la discussion s’arręta. Ils levčrent l’ancre.
Aussitôt sur l’artčre principale, ils accélérčrent la marche. Pendant ce temps, les autres se rendirent compte de l’absence de l’appareil. « Oů est mon appareil ? Il était lŕ tout ŕ l’heure. Ce sont ces jeunes gens qui l’ont emporté. Attrapons-les ! », se décidčrent-ils. Debout, ils se mirent ŕ la poursuite de ce trio ŕ peine visible sur Komoniko. Les ayant vus ŕ leurs trousses, ils se débarrassčrent de leurs béquilles et prirent leurs jambes au cou. Filant ŕ toute vitesse, ils laissčrent des badauds et autres passants en pleine admiration de la course. Les victimes de ce vol n’ont eu que leurs yeux pour pleurer pendant que les autres se dilatent les reins devant ce spectacle.
Last edited: 07/05/2006 01:35:43