Les Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (Fdlr) sont basées ŕ l’Est de la Rdc depuis 11 ans. Leur présence constitue une menace pour les populations environnantes qui ne cessent de se plaindre ŕ cause de leur comportement
Cela fait maintenant 11 ans que les Fdlr occupent une partie du territoire national. Leur retour au Rwanda est une affaire trčs délicate, a déclaré M. Jeffen Stern, chercheur américain ŕ International Crisis Group (Icg), s’est confié ŕ Radio France internationale.
Pour lui, il sera trčs difficile de les obliger ŕ rentrer au Rwanda. Aprčs avoir passé onze ans ŕ 1’Est du Congo, ils connaissent trčs bien le terrain. « Ce sont des guerriers et pas mal parmi eux ont l’expérience militaire et il y a une chose qui compte pour eux, c’est ils ont l’obligation de se battre. Ce ne sont pas de Congolais, ils ne sont pas chez eux, oů est-ce qu’ils vont aller ? C’est-ŕ-dire que se battre avec les Fdlr c’est sera dure », a déclaré M. Jeffen.
Actuellement, la question est de savoir qui serait habileté ŕ combattre les Fdlr. Le chercheur américain est convaincu que l’espoir principal réside dans l’armée Congolaise. Car, cette derničre est en train d’ętre formée ensemble, avec l’appui extérieur logistique de la Monuc et des autres bailleurs de fonds. Mais également qu’il faudrait comprendre la dynamique des Fdlr, dans la déclaration qu’ils ont faite ŕ Rome au mois de mars en disant qu’ils allaient rentrer au Rwanda. « C’est l’initiation męme des Fdlr qui voulaient imposer les conditions politiques pour leur retour an Rwanda. Ce qui revient ŕ dire qu’ils attendent toujours des négociations politiques avec le Rwanda.
Pour que les Fdlr rentrent, il faudrait une vraie motivation et pour 1’instant ils n’en ont pas », a-t-il souligné.
Malgré la cohésion que ce groupe laisse constater, il existe également des divisions entre eux. M. Jeffen a confirmé que « En 2003, l’aile qui était ŕ l’Ouest du pays Kinshasa, au Katanga et au Kasaď a rejoint l’aile ŕ l’Est du pays. Ce mouvement a crée des réels problčmes au sein des Fdlr. Le chef du groupe de l’Ouest avait un autre style de leadership que celui de l’Est qui a produit la désertion des commandants ».
Privilégier les avis diplomatiques
Par rapport au moyen de la résolution de ce problčme M. Jeffen déclare qu’il y a des avis politiques ou diplomatiques qu’on n’a pas encore épuisés. Donc, il serait dommage d’envisager déjŕ des mesures militaires contre les Fdlr car, ils seront tués et quelques milliers de civils Congolais également. C’est surtout le Rwanda qui peut faire plus pour aider les Fdlr ŕ rentrer, par exemple en 1eur donnant une vraie motivation ou encore se rencontrer avec l’Fdlr pour des négociations techniques.
Or, le Rwanda a déclaré que l’on ne négocie pas avec les génocidaires. Vu cette déclaration, M. Jeffen s’exprime « On ne sait pas combien de personnes au sein du Fdlr sont génocidaires.
Je pense qu’un premier pas serait de savoir qui l’est et qui ne l’est pas. Le Rwanda a une liste publique de tous les gens et toutes les catégories des génocidaires des plus hauts responsables du génocide de 1994. Ils ont aussi une liste confidentielle de tous les commandants militaires des Fdlr. Donc, il est simplement question de comparer ces deux listes pour savoir qui, au sein des Fdlr est génocidaire et qui ne l’est pas ».
Vu que les budgets du rwanda et de la Rdc sont finances par les bailleurs de fonds, on serait tenté de savoir qui a le droit d’exercer une pression sur les Fdlr.
« Je pense que c’est un peu compliqué parce qu’il y a des gens aux Etats Unis qui connaissent la région et qui aimeraient mettre plus de pression sur le Rwanda. Donc je pense que le département d’Etat a plus la volonté de faire des pressions sur le régime de Kagame mais que le Conseil national de sécurité il a pas cette volonté et reste allergique ŕ cette question », a conclu le chercheur américain. (FP)
Last edited: 07/05/2006 01:35:20