Le ministre de l’Energie, le professeur Muzyumba Mwanahembe et le ministre du Portefeuille, Célestin Vunabandi viennent conjointement de signer un arręté interministériel portant suspension de l’Administrateur-délégué général a.i. et de l’Administrateur directeur commercial a.i. de la Congolaise des Hydrocarbures
Tel un coup de massue, un arręté interministériel Energie-Portefeuille a brutalement mis fin, le mardi 07 juin 2005, aux fonctions de MM. Hilaire Bomesi wa Bomesi et Ngasaki Bieme, respectivement administrateur-délégué général a.i. et administrateur-directeur commercial a.i. de l’entreprise publique dénommée « la Congolaise des Hydrocarbures », Cohydro en sigle.
Aux termes de l’article 1er de l’arręté précité, signé par les ministres Pierre Muzyumba Mwanahembe et Célestin Vunabandi Kanyamihigo, les deux responsables de la Cohydro sont suspendus « pour besoin d’enquęte ».
Notification de cette mesure conservatoire leur a été transmise par courrier du 08 juin, dont copie a été réservée pour information ŕ tous les membres de l’espace présidentiel, c’est-ŕ-dire au président de la République ainsi qu’aux quatre vice-présidents.
Cependant, pour assurer la continuité de la direction de cette stratégique entreprise de l’Etat, des dispositions pertinentes ont été prises. C’est ainsi que M. Ngoyi Kahese, membre du comité de gestion et administrateur-directeur technique a.i. de la Cohydro, a été nommément désigné pour procéder ŕ la remise et reprise avec l’Adg a.i. suspendu.
Cette derničre opération s’est d’ailleurs déroulée, hier jeudi, sous la supervision des Secrétaires Généraux aux Hyclrocarbures et au Portefeuille, en présence du président intérimaire du Conseil Supérieur du Portefeuille.
Exposé des motifs
Comment justifier la tornade qui a emporté précocement, selon une certaine opinion, deux des mandataires de la Cohydro ? La réponse ŕ cette question est fournie, avec détails, dans l’exposé des motifs brodant l’arręté interministériel no. 001/cab-min/éner/pf/2005 du 07 juin 2005 portant leur suspension. Il s’agit, fondamentalement, de la violation par eux, des dispositions générales applicables aux entreprises publiques, telles qu’édictées par la loi no.78-002 du 06 janvier 1978.
Plus concrčtement, il est reproché ŕ MM. H. Bomesi wa Bomesi et Ngasaki Bieme d’avoir volontairement enfreint les rčgles officielles de passation des marchés publics. Ce qui s’est traduit, dans leur action téméraire, par « le double transfert bancaire, en date du 09 mai 2005, d’un montant total de 1.723.000 Usd réparti en deux paiements de 539.000 Usd et de 1.184.000 Usd au profit de Karoda Oil pour l’achat des produits pétroliers ».
L’autorité de tutelle a estimé que « cette opération a été effectuée en violation flagrante des dispositions pertinentes du Décret-loi n° 2l5 portant création et statuts de la Cohydro, notamment l’article 29 relatif au pouvoir de contrôle de ladite tutelle. Pire encore, la hiérarchie relčve « le manque de transparence qui a entouré la gestion d’un dossier de cette importance entraînant par ce fait la violation des rčgles de passation des marchés publics ».
L’arręté interministériel précise que MM. H. Bomesi wa Bomesi et Ngasaki Bieme se sont rendus coupables « d’acte d’insubordination caractérisée vis-ŕ-vis des directives pertinentes de l’autorité de tutelle ». En fait foi le témoignage suivant : « dans leur démarche pour conclure ce marché, l’administrateur-délégué général a.i. et l’administrateur directeur commercial a. i. de la Cohydro ont passé outre les directives du ministre de 1’Enčrgie contenues dans ses lettres n°. C’ab.ninener/dir/135/mb/05 du 22 février 2005 et cab.minener/ttwt/476/mb/05 du 20 avril 2005 portant respectivement rappel des dispositions relatives au pouvoir de contrôle de l’autorité de tutelle et dispositions ŕ observer en matičre de passation des marches, contrats des services et des fournitures.
Le gouvernement solidaire
Aussi, a lŕ suite de griefs aussi flagrants portés sur les actes de gestion poses par l’administrateur-délégué général a.i. et l’administrateur directeur commercial a.i. de la Cohydro, le ministre de l’Energie a-t-il été fondé de saisir le gouvernement. D’oů est sorti l’arręté interministériel portant leur suspension pour besoin d’enquęte. Jamais le gouvernement de la République ne s’est montré aussi solidaire sur des dossiers épineux. Hommage soit rendu au vice-président en charge de la Reconstruction et développement, pour avoir encourage la tutelle dans sa campagne d’assainissement des méthodes de gestion des entreprises publiques.
Pour l’opinion publique, cette mesure, bien que conservatoire, constitue « le » geste salutaire pour le trésor public et pour le patrimoine commun. Elle est aussi un signal fort en direction de certains mandataires indélicats qui cachent leurs turpitudes derričre des réseaux de parrainage maffieux. Mais, en fin de compte, elle produit un effet dissuasif certain sur les mandataires en fonction. De męme qu’elle stimule la confiance des partenaires extérieurs envers les responsables de la République démocratique du Congo.
En derničre minute, il nous revient que les deux mandataires auraient été conduits en prison. Ce que l’opinion ne doit pas oublier c’est que MM. Hilaire Bomesi wa Bomesi et Ngasaki Bieme sont des cadres-maison. Ils ont été élevés au rang d’Adg a.i. et d’Adc a.i. dans la vague de désignations, intervenues en novembre 2004, des membres des Comités de gestion provisoires de quelques entreprises publiques, au lendemain du Rapport d’audit élaboré par la commission parlementaire dite Commission Bakadeja ». (FP)
Last edited: 07/05/2006 01:35:19