L’entraîneur français Claude Le Roy, arrivé ŕ la moitié de son mandat de sélectionneur des Simba, l’équipe de football de la République démocratique du Congo (RDC), doute de son avenir ŕ Kinshasa, oů il souffre de la tension et du manque de moyens.

« Je serai lŕ pour les matches contre l’Ouganda dimanche et au Burkina Faso le 18 juin. Il s’agit pour l’instant de la seule certitude concernant mon avenir en RD Congo », explique Le Roy, 57 ans, actuellement en tournée dans le nord de la France avec une sélection de joueurs locaux.

Arrivé en mai 2004 pour tenter de remettre dans le sens du vent une sélection meurtrie par une Coupe d’Afrique des Nations 2004 désastreuse (trois défaites) et abandonnée par ses meilleurs joueurs, il est aujourd’hui contesté par des voix venant de la Présidence, du ministčre des Sports de la Fédération Congolaise de football, mais aussi dans la presse.

Ancien sélectionneur du Sénégal et du Cameroun, cet homme atypique du cénacle footbalistique, réputé pour son franc-parler et son amour du jeu, n’ignore pourtant plus rien des particularismes de sa fonction sur ce continent turbulent.

« Il va m’ętre de plus en plus difficile de travailler dans ces conditions. Je sais que le pays traverse une période économiquement difficile, et c’est pour cela que je veux bien me montrer patient. Mais de l’argent, il y en a », assure t-il.

« Le problčme, c’est que si tout le monde souhaite que la sélection nationale réussisse, personne ne tire dans le męme sens. Le ministčre, la fédération et la Présidence, tous se tirent dans les jambes. Et moi, je ne suis pas venu ici pour faire de la politique », ajoute le sélectionneur.

Ses résultats sont pourtant corrects : avec sa quatričme place dans le groupe 2 des éliminatoires jumelées pour la Coupe du monde et la Coupe d’Afrique des Nations la RDC n’a pas abdiqué pour participer au moins ŕ l’une des deux grandes échéances de l’année prochaine.

« Nous sommes ŕ égalité avec le Ghana, ŕ un point du Cap Vert et ŕ trois de l’Afrique du Sud. Tout est encore possible, mais se qualifier ne serait-ce que pour la CAN constituerait déjŕ un véritable exploit», insiste Le Roy.

Le sélectionneur a aussi réussi ŕ faire, progressivement revenir certains cadres de l’équipe : Shabani Nonda récemment, Trésor Lomana Lua Lua (Portsmouth) dimanche contre l’Ouganda, en attendant Aziza Makukula, attaquant du FC Séville.

Claude Le Roy a également obtenu que des efforts soient réalisés pour les transports ou les équipements, mais beaucoup reste ŕ faire pour l’organisation et les structures d’entraînement. « Trouver un terrain d’entraînement est difficile. Je dois parfois organiser des séances sur le terrain de l’hôtel oů nous nous rassemblons », explique-t-il.

« Je passe des moment formidables avec les joueurs, mon staff et les supporters. Mais si rien n’évolué concrčtement, je pense que je partirai », insiste Claude Le Roy.

(FP)