L’entretien qu’a eu ŕ Bruxelles M. Ramazani Baya, ministre congolais des Affaires étrangčres avec son homologue belge Karel De Gucht qui traitent les dirigeants congolais sans aménités depuis son arrivée aux affaires est qualifié de « franc et fructueux ». Sur le processus de Transition en cours en Rdc, l’homme d’Etat belge a modifié son discours et demandé la population congolaise d’accepter l’inéluctable report des élections prévues pour le 30 juin
Le ministre belge des Affaires étrangčres, Karel De Gucht, a reçu lundi 23 mai 2005, son homologue congolais Raymond Ramazani Baya de retour d’une visite de travail en Turquie. L’entretien entre les deux hommes d’Etat, trčs attendu par l’opinion en République Démocratique du Congo, compte tenu des prises de position et des lapalissades meurtričres du ministre belge, déstabilisatrices pour le pouvoir et les institutions en place ŕ Kinshasa, a consisté en « discussions franches et fructueuses », selon le plénipotentiaire Congolais, ou encore en entretiens « fructueux et trčs approfondis, selon son hôte belge, sur le processus de transition en cours. Karel De Gucht a de toute évidence sensiblement modifié son opinion sur les institutions congolaises et leurs animateurs, puisqu’au terme de cette entrevue, le chef de la diplomatie belge en est venu ŕ constater l’irréversibilité du processus de transition, c’est-ŕ-dire, tout le contraire de ce que prônent les laissés pour compte de la transition rassemblés autour de l’Unions pour la Démocratie et le Progrčs Social de Etienne Tshisekedi.
Selon nos confrčres belges, Raymond Ramazani Baya, ancien journaliste converti en diplomate sous Mobutu, a plutôt séduit par le caractčre « réfléchi » et « l’intelligence », trčs appréciés rue des Petits Carmes, le sičge du ministčre belge des Affaires Etrangčres.
Aprčs un « tour d’horizon des relations des relations bilatérales » entre les deux Etats, Karel De Gucht a non seulement lancé un appel au calme, mais il a également demandé aux populations congolaises d’accepter l’inéluctable report des élections.
A la base de ce virage ŕ droite du ministre belge des Affaires Etrangčres, l’adoption de la Constitution de la IIIčme République par le parlement, qui rend irréversible le processus vers les élections libres et démocratiques.
Le ministre des Affaires étrangčres, Karel De Gucht, a reçu lundi son homologue congolais, le trčs diplomate Raymond Ramazani, dont le caractčre « réfléchi » et « l’intelligence » auraient été appréciés rue des Petits Carmes.
Les deux hommes ont fait un « tour d’horizon des relations bilatérales », a-t-il été indiqué officiellement. A l’issue de la rencontre, M. De Gucht a lancé un appel au calme, demandant ŕ la population congolaise d’accepter l’inéluctable report des élections prévues pour le 30 juin. Ramazani Baya se disant de son côté convaincu que la population congolaise « comprendra que nous voulons organiser des élections dans de bonnes conditions ».
Selon des informations publiées par La Libre Belgique du 24 mai sous la plume de notre consoeur Marie-France Cros. La bonne gouvernance a constitué un chapitre important des entretiens bilatéraux de lundi dernier. M. De Gucht s’est une nouvelle fois inquiété de ce que les troupes n’étaient pas payées et souligné que si cela amenait les soldats formés par la Belgique ŕ commettre des exactions, la population belge ne soutiendrait plus une poursuite de l’aide ŕ la formation de « la nouvelle armée » du Congo.
M. Ramazani a souligné, de son côté, que la RD Congo est ouverte ŕ une aide de la communauté internationale pour remédier ŕ la mauvaise gouvernance, soulignant que Kinshasa coopčre avec le CIAT (Comité international d’accompagnement de la transition).
M. De Gucht, enfin, a insisté la maîtrise de l’inflation, qui affame la population. Atteignant 30 pc, elle est liée aux dépenses excessives des autorités congolaises : 17 millions de dollars, au lieu de 5 budgétisés, ont été dépensés en « missions » en 2004.
Une mission d’assistance en faveur de la RDCongo. L’Union européenne (UE) a décidé lundi 23 mai 2005 de lancer, le 8 juin prochain, une mission de conseil et d’assistance ŕ la République démocratique du Congo dans le secteur de la sécurité.
Cette mission, « la premičre du genre », entre dans le cadre de la Politique européenne de sécurité et de défense, selon des conclusions publiées lors d’une réunion des ministres des Affaires étrangčres de l’UE qui s’est tenue lundi ŕ Bruxelles. Elle « vise ŕ apporter un soutien concret aux autorités de la RDC en matičre de sécurité dans leur effort d’intégration de l’armée, en veillant ŕ promouvoir des politiques compatibles avec les droits de l’homme les normes démocratiques », indique le texte, cité par Xinhua.
Composée de 8 experts militaires nommés par les pays européens, la mission d’assistance technique a été sollicitée par les autorités de la RDC, selon une dépęche de Misna datée du 24 avril 2005. Les experts de l’UE mettront leur expérience en matičre de sécurité au service de l’état-major général et de l’armée de terre, de la commission de désarmement (Conader).
Les experts de l’UE devront également, selon la note diffusée par Bruxelles ŕ l’issue de la réunion des ministres des Affaires Etrangčres, lundi 23 mai 2005, « promouvoir, en matičre de sécurité, des politiques compatibles avec le droit humanitaire international ». Baptisée « EUSEC-RD Congo », cette mission commandée par le général français Pierre Joan, durera un an et coűtera 1,6 millions d’euros.
Le 2 mai dernier, l’Union Européenne avait déjŕ décidé l’injection d’experts militaires au sein de certains départements charges de la sécurité en RDC, notamment au cabinet du ministre en charge de la défense, Adolphe Onusumba. (Jdn)
Last edited: 07/05/2006 01:33:47