Si le Chef de l’Etat a décidé de se rendre personnellement ŕ Lubumbashi, c’est d’abord pour en savoir un peu plus sur la situation de rébellion qui y a prévalu ces derniers jours, et aussi parce qu’il est originaire lui-męme de la province du Katanga. Il s’y est donc rendu d’abord pour ramener ŕ la raison ses congénčres en leur démontrant le caractčre suicidaire d’un tel projet qui ne profiterait qu’ŕ une minorité en mal de gloriole
Peut-on considérer, au stade actuel, comme définitivement clos l’imbroglio katangais qui a faillit de peu, faire basculer la Transition vers des lendemains incertains ? En tout cas, plusieurs signaux permettent d’y croire surtout au terme des entretiens francs que le Général major Joseph Kabila a eu ŕ Lubumbashi avec les notables du Katanga.
Du séjour de Joseph Kabila ŕ Lubumbashi, on retiendra particuličrement cet entretien-vérité qui a permis de lever les ambiguďtés pour l’éclosion de la vérité. A l’issue de cette rencontre qui a duré plus de 4 heures, M. Ngoy Mukena (ancien gouverneur du Katanga) a déclaré ŕ la presse que le Chef de l’Etat s’est dit ętre trčs gęné par le fait que certains de ses compatriotes, se trompant sűrement d’époque et des circonstances, continuent de brandir le spectre de la rébellion jusqu’ŕ menacer le processus de transition.
Joseph Kabila, originaire lui-męme de la province du Katanga, a tenu de ce fait ŕ ramener la raison les Katangais en leur démontrant le caractčre suicidaire d’un tel projet macabre qui ne profiterait, en somme, qu’ŕ une minorité en mal de gloriole. L’histoire politique du Katanga reste émaillée, comme on le sait, par la sécession des années 1960 laquelle aura consacré le clivage nord sud avec en toile de fond, la radicalisation de l’ethnicité. Aujourd’hui plus qu’hier, les nostalgiques de cette période trouble tentent, au travers des réminiscences dangereuses, ressusciter le démon de la division entre Katangais du Sud et ceux du Nord. Pour Joseph Kabila, ce jeu qui consiste ŕ raviver inutilement la tension éthique doit cesser pour donner lieu ŕ un engagement accru des Katangais ŕ l’oeuvre de reconstruction du pays.
Quant au conflit entre sudistes et nordistes, le chef de l’Etat a dénoncé cela comme une distraction de mauvais goűt tout en appelant ŕ l’unité de tous les katangais, développement de leur province. Il a, par ailleurs, décidé de la fin de l’enquęte initiée pour établir les responsabilités autour de cette « affaire » au grand désenchantement des limiers qui étaient déjŕ ŕ pied d’oeuvre.
Certaines indiscrétions renseignent que cette décision serait due au fait que l’enquęte dont question était viciée au départ par l’intrusion au sein des commissions y afférentes, des personnalités impliquées jusqu’au cou dans l’agitation qu’ŕ connu Lubumbashi. Le Chef de l’Etat aurait, révčle t-on, piqué une sainte colčre en apprenant que certains de ses proches collaborateurs étaient de mčche avec les auteurs présumés de la sécession. Certaines voix autorisées évoquent męme l’éventualité des chambardements que s’apprętait d’opérer Joseph Kabila dans son entourage ŕ présent qu’il se sait infiltré dans son pré carré.
En décidant de clôturer une enquęte qui n’avait jamais commence, le chef de l’Etat venait de couper l’herbe sous les pieds de ceux qui cherchaient ŕ se donner bonne conscience aprčs l’échec de leur plan de déstabilisation des institutions de Transition. Sur ces entrefaites, Joseph Kabila a ordonné la libération de tous ceux qui avalent été interpellés et gardes a vue lors des vagues d’arrestation ayant précédées son arrivé ŕ Lubumbashi ŕ l’exception d’André Tshombé pour des raisons qui n’ont pas été spécifiées. On croit toutefois savoir que le fils du leader de la sécession Kantagaise en 1960 pourrait incessamment recouvrer sa liberté.
En attendant, le gouvernement qui a longtemps observe la langue de bois sur cette « affaire » a fini par donner sa version des faits en soutenant la thčse d’une insurrection que le Mouvement pour l’indépendance du Katanga (Mik) s’apprętait de réaliser avec le concours de certains responsables militaires et quelques hommes d’affaires du coin. (FP)
Last edited: 07/05/2006 01:32:47