Selon l’équipe restreinte de l’Ecofin, les mesures de redressement économique arrętées par le Gouvernement ont donné des résultats satisfaisants au point qu’un excédent de 11 milliards Fc a été enregistré
L’équipe restreinte de la Commission économique et financičre du gouvernement (les ministres et vice-ministres des Finances et Budget, et le gouverneur et gouverneur de la Banque centrale du Congo) s’est réunie hier lundi 11 avril 2005 au ministčre du budget. A l’ordre du jour, il était question de procéder ŕ l’examen situation financičre de l’Etat jusqu’au 31 mars 2005.
Le constat fait ŕ l’issue de cette réunion révčle que l’Etat ŕ mobiliser 42 milliards de Francs congolais au cours du mois de mars, y compris les recettes dites exceptionnelles au titre de dons et pręts. En ce qui concerne les dépenses exécutées, elles se situent au niveau de 31 milliards Fc tout le long du mois de mars 2005. De ce fait, il se dégage un excédent d’environ ± 11 milliards francs congolais.
C’est donc dans un contexte fortement marqué par des mesures rigoureuses budgétaires et monétaires édictées en février dernier respectivement par le gouvernement et la Bcc pour résorber les contre-performances du Programme économique du gouvernement que ces résultats dits flatteurs tombent. A l’issue de cette réunion de l’Ecofin restreinte, il a été organisé dans la soirée un point de presse toujours au cabinet du ministre du Budget.
Autour de la table dressée ŕ cette occasion, il y avait les ministres André-Philippe Futa des Finances, François Mwamba du Budget, le gouverneur J.C. Masangu de la Bcc et le représentant résident du Fmi ŕ Kinshasa, M. Arend Kouwenŕar. Dans le mot d’introduction prononcé par AndréPhilippe Futa, il ressort que sur le front des politiques budgétaire et monétaire, il y a eu une certaine discipline, aprčs le constat du dérapage du cadre macroéconomique faite en février dernier par le gouvernement et l’équipe des experts du Fmi.
Jouant ŕ fond la carte de la transparence, l’argentier du gouvernement a promis la publication dans les journaux de la place de la situation financičre détaillée de l’Etat dans les 72 heures. Ainsi, dira-t-il, les mesures relatives ŕ la mobilisation des recettes ont donné des résultats.
Cet effort doit ętre poursuivi d’autant plus que le budget 2005 voté au parlement et promulgué parle Chef de l’Etat est différent du projet déposé par le gouvernement au Parlement. Il y a, précisera André-Philippe Futa, une différence de sept milliards Fc. Cela implique pour le gouvernement une obligation des résultats en termes de mobilisation accrue des recettes. D’oů la nécessité de redoubler les efforts. Par ailleurs, le ministre des Finances a mis en relief la nécessité de poursuivre l’exécution rigoureuse du budget pour rester dans le cadre fixé par le programme en cours.
Gare ŕ l’autosatisfaction!
Il est vrai que le mois de mars est un mois particulier car il coďncide avec l’échéance du dépôt de déclaration fiscale et le paiement des impôts sur les bénéfices et les profits auprčs de la Direction générale des impôts. Cela revient ŕ dire que la situation du mois d’avril sera moins reluisante. Du côté de l’équipe restreinte de l’Ecofin, l’on affiche toutefois un optimisme pour les mois suivants; il est vrai que mars coďncide avec l’échéance de paiements importants d’impôts, mais il faut aussi relever les efforts d’une politique budgétaire restrictive par rapport aux exigences du Peg.
Néanmoins, le ministre François Mwamba du Budget acceptera qu’il ne faut pas exagérer dans l’autosatisfaction. Il est primordial, va-t-il ajouter, de préserver le pouvoir d’achat des congolais et d’oeuvrer pour arriver avec succčs au point d’achčvement de l’initiative Ppte qui permettra l’effacement de ± 80% de la dette extérieure congolaise.
Franc congolais : l’embellie ne s’est pas produit
Interrogé sur la résurgence de l’inflation et la dépréciation du Franc congolais, le gouverneur Jean Claude Masangu de la Bcc a souligné la nécessité de revenir ŕ la discipline d’autrefois de part et d’autre. En ce qui concerne la Bcc, l’objectif de poursuivre la stabilité des prix reste le leitmotiv. Aussi, a-t-il rappelé qu’en sept mois, la Bcc a injecté sur le marché de change environ 100 millions de dollars Us pour stabiliser le Fc. Mais cela n’a pas suffi pour y arriver, car hier, 11 avril 2005, le taux de change était encore ŕ 508Fc/ 1dollar Us. L’embellie ne s’est pas produite.
Selon Jean Claude Masangu, malgré le battage fait sur le billet de trésorerie (Btr), un instrument de régulation monétaire, la Bcc n’est pas arrivée ŕ éponger la sur liquidité observée sur le marché. D’oů la persistance de la dépréciation du Franc congolais. L’objectif fixé d’obtenir 5 milliards Fc de souscription de Btr en mars n’a pas été réalisé. La Bcc n’a pu mobiliser que 3 milliards Fc.
Il est envisagé d’élargir les champs des souscriptions au-delŕ de Kinshasa et de Lubumbashi. Il ressort que l’augmentation du taux directeur de la Bcc n’a pas suffi. Dans tous les cas, dira J.C. Masangu, l’objectif de 5 milliards Fc est toujours insuffisant par rapport aux problčmes existants. Il s’avčre qu’il y a une surliquidité importante. Ainsi, les efforts, selon lui, doivent continuer pour absorber cette surliquidié sur le marché.
Intervenant ŕ son tour, le représentant résident du Fmi, Arend Kouwenaar s’est félicité des mesures budgétaires et monétaires mises en oeuvre par le gouvernement et la Bcc. Pour lui, il va falloir mobiliser davantage des recettes, respecter rigoureusement la chaîne de la dépense et éponger la sur liquidité observée. Il s’est félicité de la transparence affichée par le gouvernement ŕ travers la publication de l’information. Enfin, il a fait savoir que les discussions entre le Fmi et le gouvernement sur la conclusion du cinquičme revue du Peg continuent.
Last edited: 07/05/2006 01:30:05