L’émission « Question pour un champion » qui passe sur les antennes d’une télévision occidentale bien suivie en Afrique aurait posé la question de connaître la capitale la plus sale au monde. La réponse « Kinshasa », proposée par l’un des participants a rencontré l’assentiment du présentateur. Cela a relancé le débat et donne de la matičre aux responsables de la Ville de Kinshasa qui au lieu de rougir devraient chercher la solution au problčme posé
Tout derničrement, le présentateur de l’émission « Question pour un champion » a posé la question de savoir quelle est la capitale la plus sale du monde. L’un des concurrents a répondu : « Kinshasa ». Le présentateur a crié : « C’est correct, bravo ».
Et ceci a été l’objet d’une vive controverse dans un groupe de jeunes gens en discussion. Certains ont dit que le présentateur ne pouvait pas poser une telle question sachant que la réponse ferait naître des susceptibilités dans le chef des citoyens du pays dont la capitale serait pointée. D’autres, par contre, ont approuvé et la question et la réponse, disant que cela donne l’occasion d’interpeller en premier lieu le premier responsable de la capitale de la République démocratique du Congo.
Loin de nous l’idée d’approuver ou de désapprouver la position des uns et des autres. Car, pour affirmer que Kinshasa est la capitale la plus sale du monde, on suppose que l’on ait fait le tour du monde de toutes, nous disons bien toutes les Capitales du monde, de Washington ŕ Bucarest, du Caire ŕ New Delhi, de Brasilia ŕ Khartoum,…
Toutefois, męme si Kinshasa n’est pas la capitale la plus sale du monde, il faut que nous ayons le courage de reconnaître qu’elle n’est pas du tout propre. Dans les circonstances actuelles, Lubumbashi mériterait d’ętre la capitale du pays parce qu’elle est plus présentable que Kinshasa dans son aspect physique tandis que ses habitants sont plus citadins que les Kinois dans la mentalité. Un exemple banal un Lushois se gęnerait beaucoup, il n’oserait męme pas jeter une peau de banane en pleine rue contrairement ŕ un Kinois ou une Kinoise qui se plait ŕ jeter des ordures dans un égout surtout pour les mamans qui font le commerce de la nourriture préparée dans les places publiques. Des exemples sont légion.
Dans un « A propos » que nous avons publié il y a quelques jours, nous avions proposé que l’on réinstaure le « salongo » obligatoire comme du temps du Maréchal Mobutu. D’aucuns voyaient en cette mesure une restriction de la liberté des citoyens dans la mesure oů ils devaient sacrifier leurs heures de loisirs de samedi. Alors que ce « salongo » n’avait pour objectif que de rendre la ville plus salubre.
N’ayons pas honte de reconnaître que la ville de Kinshasa est immonde. La quasi totalité des places publiques sont insalubres. La conséquence est perceptible dans les différentes formations médicales de la capitale, les cas de malaria et de fičvre typhoďde battent des records. Si bien que tous les deux réunis constituent la premičre cause de mortalité ŕ Kinshasa.
Nous avons tous applaudi lorsque le gouverneur de la ville avait entrepris dans certaines communes de la capitale l’opération « Kin propre ». Certains de nos concitoyens en étaient mécontents parce qu’elle a aliéné leurs moyens de survie. C’est vrai. Lŕ, c’est un autre débat.
Bien malheureusement, cette opération s’est arrętée en si bon chemin. Elle n’a pas pu s’étendre dans les trois quarts la ville. L’explication officielle est, semble-t-il, l’insuffisance des ressources financičres nécessaires ŕ cette besogne. Certaines mauvaises langues (qui ne manquent pas ŕ Kinshasa) disent męme que le prétexte financier serait fallacieux. Le vrai problčme serait que le gouverneur aurait subi pas mal de pressions d’en haut qui auraient été ŕ la base de la suspension de l’opération. Mais, une source proche de l’Hôtel de Ville qui a requis l’anonymat a affirmé que dčs que les moyens financiers adéquats seront disponibles, l’opération reprendra de plus belle quelles que soient les pressions d’en haut.
Le constat actuel est que l’insalubrité bat son plein ŕ Kinshasa. Toutes les communes sont sales, trčs sales : Ngiri-Ngiri, Kasa-Vubu, Gombe, Lemba ,... Quand il pleut, toutes ces communes sont « infréquentables ». Et les bourgmestres de ces communes sont l’objet des quolibets les plus divers męme s’ils n’ont pas les moyens de leur politique. Mais nous sommes sűrs que le jour oů le chef de l’Etat tapera du poing sur la table en les menaçant tous de révocation, beaucoup de choses changeront dans ces communes et dans un bref délai.
Quelle est la capitale la plus sale du monde ? Il appartient aux autorités urbaines d’y répondre.